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The emptiness of contemporary art

15.05.12

  03:03:37 pm, by   , 1024 words  
Categories: Art, Collage, Painting

The emptiness of contemporary art

After a visit of the Museo Reina Sofia in Madrid and the Prado, here some thoughts.
The Reina Sofia is a huge building containing mostly contemporary works and especially Guernica. What struck me is how the contemporary works are intellectual and how they avoid the appeal to emotion. We see that the paradigm of art has changed since Picasso whose works always are emotionally violent. Since, art displays itself refrigerated, here in an environment reminiscent of a barrack. All this vastness devoted to this coldness! And that's not enough. It takes even more. Thus, at the Palacio Velasquez, really beautiful building, we see the works of Spanish artist Nacho Criado, which, among other things, refers to the crucifixion of Matthias Grünewald. I am familiar with this work that I venerate. I think it attests to human suffering, pain before death, and possibly going further - the injustice of this world that puts a man on the cross. All this against a background of wars, epidemics and other curses. As for his pictorial quality, it was a summit regarding the design and color, composition, expressivity etc. Unnecessary to deal further, many have already written about this work, and much better than myself.
Now what do we see in the Palacio Velasquez? Three truncated iron crosses placed on the white wall. And that's all. The relation to Grünewald’s masterpiece seems hardly noticeable. The three crosses? They are in all painted crucifixions. But then what? It seems to me that this follower of Duchamp wanted to make an object from the altar, virtually eliminatin everything, so we end up with a sign whose referent is very vague and whose meaning is so poor that it receives its justification only by the prestigious context in which it stands and the reference to the original. It's like Duchamp's mustachioed Gioconda a pastiche, a gag.
That's the situation: the content, the narrative are eliminated, the legacy violated. Looking through the Prado, and contemplating the religious Baroque works, it becomes obvious to me that we certainly have more creative freedom now but we created an empty shell, just like our whole society.
Arrived before the Deposition by R.van der Weyden, I feel a shock at this huge work. I know it since long ago, I read the analysis of Panofsky, watched many reproductions, but standing in front of the original so bright, looking so freshly painted, I am flabbergasted by the evocative power that emanates from this work. In fact, it impresses me even more than Guernica. Why is that? The very flat area which densifies the characters? Their moving expressions? Their expensive clothes? The abstract background? I do not know. But I know that I stand before a masterpiece that speaks to me deep.
And this has never happened to me with a contemporary work.

Après la visite du Museo Reina Sofia à Madrid et du Prado, voici ces quelques réflexions.
Le musée Reina Sofia est un immense bâtiment contenant majoritairement des œuvres contemporaines et surtout Guernica. Ce qui m’a frappé, c’est à quel point les œuvres contemporaines sont intellectuelles et combien elles évitent l’appel à l’émotion. On voit que le paradigme de l’art a changé depuis Picasso dont les œuvres dégagent toujours une charge émotionnelle violente. Depuis, l’art se montre froid, ici dans un environnement faisant penser à une caserne. Toute cette vastitude pour cela ! Et ce n’est pas assez. Il en faut encore davantage. Ainsi, au Palacio Velasquez, construction vraiment très belle, on voit les œuvres d’un artiste espagnol, Nacho Criado, qui, entre autres, fait référence à la crucifixion de Matthias Grünewald. Je connais bien cette œuvre que je vénère . A mon avis, elle témoigne de la souffrance humaine, de la douleur devant la mort et, éventuellement, en allant plus loin – de l’injustice de ce monde qui met un homme sur la croix. Tout cela sur fond de guerres, d’épidémies et autres malédictions. Quant à sa qualité picturale, elle constitue un sommet en ce qui concerne le dessin et la couleur, la composition, les expressions des personnages etc. Inutile de m’étendre davantage, beaucoup ont déjà écrit sur cette oeuvre, et bien mieux que moi-même.
Or que voit-on dans le Palacio Vélasquez ? Trois croix tronquées en fer disposées sur le mur blanc. Et c’est tout. Le rapport avec Grünewald me semble guère perceptible. Les 3 croix ? Il y en a dans toutes les crucifixions peintes. Mais alors quoi ? Il me semble que cet épigone de Duchamp ait voulu faire un objet à partir du retable, en éliminant pratiquement tout, de sorte qu’on se retrouve avec un signe dont le référent est très vague et dont la signification est si pauvre qu’il ne reçoit sa justification d’être que par le contexte prestigieux dans lequel il se trouve et par le jeu du renvoi à l’original. C’est comme la Gioconde moustachue de Duchamp un pastiche, un gag.
Voilà bien la situation : le contenu, la narration sont éliminés, l’héritage bafoué. En parcourant le Prado, et en contemplant les œuvres religieuses baroques, il me devient évident que nous avons certes davantage de liberté de création mais que nous avons créé des coquilles vides, à l’image de notre société tout entière.
Arrivé devant la Descente de Croix de R.van der Weyden, j’éprouve un choc devant cette œuvre de grande taille. Je la connais pourtant depuis longtemps, j’ai lu l’analyse de Panofsky, regardé maintes reproductions, mais devant l’original si lumineux, paraissant fraichement peint, je suis sidéré par la puissance d’évocation qui émane de ce tableau. En fait, il m’impressionne encore davantage que Guernica. Comment l’expliquer ? L’espace très plat qui densifie les personnages ? Leurs expressions bouleversantes ? Leurs habits somptueux ? Le fond abstrait ? Je ne sais pas. Mais je sais que suis devant un chef d’œuvre. Qui me parle au plus profond.
Et cela ne m’est jamais arrivé devant une œuvre contemporaine.

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