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22/05/19

  10:49:00 am, by   , 293 words  
Categories: GIF

Lake of Silence

Cela fait plus d’une année que je fais des recherches sur la déportation de ma grand-mère Dunia à Riga, le 15.12.1941 de Hanovre. J’ai lu des récits de survivants, consulté les sources disponibles, mais je me heurte à l’absence d’informations à partir de son arrivée le 18.12.1941 à Riga. On sait qu’elle est morte là-bas, sans doute à son arrivée ou un peu plus tard. Les personnes inaptes au travail étaient exécutées tout de suite dans l’une des forêts près de Riga d’où l’inspiration de mon collage. On m’avait dit, il y a longtemps, qu’elle avait été battue à mort par un mob de Lettons, mais ce n’est pas sûr. Peut-être il reste-t-il des traces là-bas. Longtemps je me suis juré de ne jamais mettre le pied en Lettonie, mais j’ai changé d’avis et commandé les billets d’avion pour septembre. Je me propose de visiter le Ghetto et la forêt de Bikernecki où se trouve un mémorial.

Pourquoi cette quête ?  Parce que mes parents étaient très discrets par rapport à cette période et que je n’ai pas tenté d’en savoir davantage. La peinture occupait mon esprit et je ne pensais qu’à partir de chez moi pour aller dans une école d’art. C’est maintenant que l’absence d’une histoire précise de mes parents et grands-parents me dérange. J’ai pu éclaircir certains faits, mais les témoins directs n’existent malheureusement plus.

Lake of Silence collage 169-19

big picture

Dans mon collage, il y a d’un côté les bourreaux, le Führer dans son Nid d’Aigle entouré de ses aides et de l’autre côté une eau mémorielle muette dans la forêt où se trouve l’un des camions ayant servi au transport des victimes. L’endroit est hanté par les spectres du passé, et l’eau limpide ne fait que refléter un ciel impassible qui a vu commettre l’impensable.

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10/03/19

  10:00:00, par   , 420 mots  
Catégories: GIF

Visite d'une expo

Vernissage à l’usine K. Quelques personnes – bien plus jeunes que moi – connues, M. comme d’habitude, fébrile avant son introduction à l’expo. Après un rapide tour, je discute, pose des questions, émets quelques avis. Je discute de la superposition avec un jeune artiste. Il comprend et regarde mes photos. Puis, c’est le discours, je fais une blague, quelques rires, mais j’ai l’impression d’être un clown devant un public. Evocation du dégel, thème de l’expo, je fais des photos. M. évoque le stalinisme, moi je pense à l’Algérie, suis tenté de faire une remarque, me retiens et essaie de changer de place derrière le demi-cercle des gens. Heureux d’avoir contourné la foule, j’entends à ma gauche un horrible bruit retentissant : la grosse bouteille de Coca ratatinée en carton (ouf !) a été balayée de son socle par mon mouvement !  Je me baisse, je la ramasse, l’inspecte – rien !

Je la remets sur son socle, l’ajuste, car elle est hautement instable et décide qu’il est temps pour moi de quitter ce lieu, je risque de commettre d’autres forfaits. Et les œuvres me paraissent faibles, sans vie et sans idée et, surtout, sans esprit. Tel tableau figurant le dégel se borne à ne montrer que de pauvres restes de neige sur fond blanc, alors qu’une bassine posée en dessous aurait peut-être apporté un peu d’humour ; quelqu’un d’autre s’est borné(e) à peindre une grande fleur – éclosion de renouvellement après le règne de la glace dixit M. – mais je n’y vois que la fleur, pas le processus hélas. Et ainsi de suite. Lors d’un mouvement de foule vers la droite qui suivait M., je me suis éclipsé, après m’avoir platement excusé auprès de l’initiatrice et exposante qui m’a rassuré en me disant qu’heureusement l’artiste auteur de la maudite bouteille n’était pas présent.  Je me suis retrouvé dehors dans la nuit et, en marchant, je me suis émerveillé de ce que je voyais, prenant une photo par ci, par là. Gravissant rapidement la côte de St. Jean sans m’essouffler, j’arrive bientôt chez moi.

La nuit, je repense à tout cela et me dis que l’art est bien exsangue ces jours et que ma propre place est dans la vie, comme dans cette rencontre avec un Marocain sur les bords du Rhône qui me hèle et me demande, avec des gestes désordonnés dus à l’alcool, de le photographier. Je m’exécute, lui montre le résultat, il me demande un deuxième portrait, se met en position et je peux faire une photo simple, mais expressive. La vraie vie en quelque sorte.

https://www.instagram.com/p/BuzQAoPF1EB/

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12/04/18

  07:28:00 pm, by   , 424 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Upside down

Sens dessus dessous

Dans cette image, je remonte à l’époque de mon enfance qui se mélange avec les images suscitées par mes récentes lectures (Kaputt de Malaparte) : un véritable chaos. Cela se passe à l’Est de l’Europe, sur des terres qui ont vu les pires horreurs et dont ont ne sort pas indemne, même après 70 ans. Mais j’ai tenté de mélanger l’humour avec le tragique comme chez Mihuleac dans America de peste pogrom, tout en respectant mes propres sentiments d’horreur et en repensant – encore – aux souffrances de ma grand-mère, battue à mort à Riga et à ma tante qui a réussi à revenir de Theresienstadt , malade et moralement brisée. J’avais lu Kaputt quand j’étais encore adolescent et je me rends compte, après tant d’années, que je n’avais pas compris l’importance de ce livre. Je n’avais pas suffisamment vécu pour en appréhender la portée. A quoi bon se retourner sur le passé ? En ce jour de célébration du souvenir de la Shoah à Genève, il fallait bien que j’y participe à ma manière. Bien sûr que ce collage ne me vaudra pas beaucoup de « like » sur Fb, mais je dois être fidèle à mon art, sans me préoccuper de ce qu’on peut en penser en un clic, en simples termes de j’aime – j’aime pas.

 

Collage 104-2018

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Upside down

In this image, I go back to the time of my childhood which mixes with the images evoked by my recent readings (Malaparte’s Kaputt): a real chaos. This is happening in Eastern Europe, on lands that have seen the worst horrors and have not come out unscathed, even after 70 years. But I tried to mix humor with tragedy like Mihuleac in America de peste pogrom, while respecting my own feelings of horror and rethinking - still - the sufferings of my grandmother, beaten to death in Riga and to my aunt who managed to come back from Theresienstadt, sick and morally broken. I had read Kaputt when I was still a teenager and I realize, after so many years, that I did not understand the importance of this book. I had not lived enough to understand the scope. What is the point of turning back to the past? On this day of celebration of the Holocaust remembrance in Geneva, I had to participate in my own way. Of course, this collage will not be worth a lot of "like" on Fb, but I must be true to my art, without worrying about what you can think of it in a click, in simple terms of I like - do not like.

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16/03/18

  05:03:00 pm, by   , 397 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

The cavern - La grotte

C’est une vue d’une caverne éventrée. Il y a beaucoup de monde. Un personnage tient, par le fil, une ampoule allumée qui éclaire la main d’un géant – Polyphème ? Il a deux yeux pourtant. Est-ce que la lumière n’éclaire pas plutôt les personnages en train de dégringoler dans la neige ? J’ai l’impression d’avoir fait une image à l’instar de mes préoccupations du moment, à tenter de jeter de la lumière sur l’histoire de ma famille maternelle. Je n’en connais que des bribes, mes parents n’aimaient guère évoquer le temps du nazisme et des persécutions, les fuites et les déportations. Et moi, je n’étais pas assez curieux pour demander, questionner. J’essaie donc d’y voir un peu plus clair aujourd’hui. Avec internet, je peux glaner des bribes d’informations, même si c’est bien peu.

A regarder mon image maintenant, j’y vois un peu ce qui est arrivé à cette famille : fuyant une catastrophe (la Russie tsariste des pogromes) et arrivant dans un pays qui va les prendre au piège : l’Allemagne, à l’instar des personnages qui s’écroulent au premier plan.

Comment préserver la lumière ? Comment vivre dans les ruines d’une civilisation ? Je me retrouve, pour finir, dans le personnage géant qui, comme Jérémie, se lamente sur les ruines de Jérusalem.

 

The cavern, collage 075-2018

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It is a view of a ripped open cavern. There are a lot of people. A character holds, by the wire, a lighted bulb which illuminates the hand of a giant - Polyphemus? He has two eyes though. Does not the light shine on characters tumbling in the snow? I feel I have made an image about my current concerns, trying to shed light on the story of my maternal family. I only know bits and pieces, my parents did not like to talk about Nazism and persecution, flight and deportation. And I was not curious enough to ask, to question. So, I'm trying to get a little clearer today. With the internet, I can glean bits of information, even if it is very little.

Looking at my image now, I see a little what happened to this family: fleeing a catastrophe (Tsarist Russia pogroms) and arriving in a country that will trap them: Germany, like the characters crumbling in the foreground.

How to preserve the light? How to live in the ruins of a civilization? Finally, I find myself in the giant figure who, like Jeremiah, laments the ruins of Jerusalem.

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01/03/18

  11:48:00 am, by   , 333 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

The lion hunt - La chasse au lion

J’ai vu récemment un reportage sur Rubens et j’ai été ébloui par ses peintures, notamment sa chasse au lion. En feuilletant un magazine chez mon cardiologue, je suis tombé sur des photos d’Afrique que j’ai immédiatement voulu transformer. Muni de ce magazine, je me suis mis à faire mon propre tableau de chasse, sans penser à Rubens. Ce n’est qu’une fois sorti de mon état de transe et contemplant mon image en buvant une bière que j’ai vu que les Rubens avaient fait leur chemin en moi.  Bien sûr que je ne saurais me mesurer à ce génie : c’est son énergie qui se retrouve dans mon collage. Ne cherchez pas de correspondances avec le  Rubens, c’est l’esprit du peintre, sa « furia » qui résonne dans mon image. Par ailleurs, j’ai voulu faire un clin d’œil à la domestication des félins et à l’abondance de photos de mignons petits chats sur les réseaux. La réalité est bien plus crue, la chair reste la chair et la mort cruelle comme ici.

 Tableau de chasse, collage 58/2018

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I recently saw a broadcast on Rubens and I was dazzled by his paintings, including his lion hunt. While leafing through a magazine at my cardiologist, I came across photos of Africa that I immediately wanted to transform. Equipped with this magazine, I started to make my own hunting table, without thinking of Rubens. It was only when I left my trance state and contemplated my image while drinking a beer that I saw that the Rubens had made their way inside me. Of course I cannot measure myself against this genius: it is his energy that found its way into my collage. Do not look for correspondences with the Rubens, it's the spirit of the painter, his "furia" that resonates in my image. In addition, I wanted to make a nod to the domestication of cats and the abundance of pictures of cute little kitties on the networks. The reality is much more crude, flesh remains t flesh and death cruel as here.

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20/02/18

  10:32:00 am, by   , 411 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Beach

Ce collage est le fruit d’une longue lutte pour obtenir une image cohérente. Je suis parti de trois femmes assises dont on voit encore des fragments dans l’image finale. Ayant commencé la veille, j’ai bouleversé la composition le lendemain en insérant les poissons et les gens prenant le soleil sur les rochers.  Ces deux motifs me semblent indiquer, à la fois formellement et au niveau de l’impression, qu’il s’agit d’objets jetés là par les vagues, comme on peut le voir sur certaines plages polluées. Le plan supérieur gauche montre une nature plus intacte, mais dévorée par le monstre à tête de poisson qui est une réminiscence des créatures infernales de J. Bosch. Les gens au soleil sont comme des moutons, ils ont les yeux fermés ignorant ce qui se passe de l’autre côté. Et la figure centrale pousse un cri muet, elle est comme ces poissons morts qui ont la gueule ouverte.

Ce n’est évidemment pas un collage très léger, pourtant j’éprouve une grande satisfaction à le contempler. Peut-être parce que j’ai l’impression d’avoir réuni ici la tradition picturale classique et une vision moderne, désenchantée, du monde. Heureusement que les parties hautes apportent de la sérénité et un espoir de pérennité, sinon on se trouverait réellement en enfer.

 Beach, collage 047/2018

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This collage is the result of a long struggle to obtain a coherent image. It started with three seated women whose fragments are still visible in the final image. Having begun the day before, I upset the composition the next day by inserting the fish and the sunbathers on the rocks. These two motives seem to indicate, in my view, both formally and at the level of the impression, that they are objects thrown there by the waves, as one can see it on certain polluted beaches. The upper left plan shows a more intact nature but devoured by the fish-head monster that is reminiscent of H. Bosch's infernal creatures. The people on the rocks are like sheep, their eyes are closed, they do not know what's happening on the other side. And the central figure utters a mute cry, she's like those dead open-mouthed fishes.

It is obviously not a very light collage; however, I feel a great satisfaction to contemplate it. Perhaps because I have the impression of having gathered here the classic pictorial tradition and a modern, disenchanted vision of the world. Fortunately, the high parts bring serenity and hope for sustainability, otherwise we would really be in hell.

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26/01/18

  08:46:00 am, by   , 751 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

The problem with Berni

My parents wanted to call me Berni, but this name was not accepted by the authorities. I was then imposed that other name: Bernd which appeared on my papers. But nobody in my entourage called me otherwise than Berni, except the teachers who preferred the other name. It was more Germanic (the final d is pronounced t), harder. They thought and they wrote it once: a berni was just a child, it was just a diminutive and you had to grow, harden, isn’it? And also, write with the right hand, the left hand is not intended for such use. So, I hated and still hate the name Bernd and I got rid of it during my Swiss naturalization. Failing to finally call me Berni as I would have liked, I was offered Bernard as a consolation. Go with Bernard, but it's not me, of course. Later, my friend had the same reflex as my teachers saying that Berni was childish and that I needed another name, Stéphane. Why not, but it still could not be me. Besides, at the Beaux-Arts, I was called Stephanus instead of Berni. After the break with C., I quickly recovered my first name, but alas, the German practice in 1941 to put the names of the godfathers in front of the usual name played me a trick: during the computerization of data, the Swiss authorities decided that I was officially called Werner from now on. Here is the situation: all my friends know me under Berni, my Swiss driving license, my family book etc. under Bernard, because established long before the digital revolution, and all the recent documents under Werner. In fact, I do not care, I know who I am and I'm happy to call me Berni, period. Thinking back to this administrative mess, I remembered that in my maternal Schwarzmann family, my grandfather was originally called Mordko, but after his naturalization, he became Max; my uncle had to go from Lev to Leo, only the girls could keep their original name. I'm just perpetuating the maternal family tradition that shows a certain adaptability, unlike the paternal family who knew only two male first names: Herrmann and Richard. I was nearly on it !

Open Face, colle 19-2018

 

 

 

Mes parents voulaient m’appeler Berni, mais ce prénom n’a pas été accepté par les autorités. On m’a alors imposé cet autre prénom : Bernd qui figura sur mes papiers.  Or personne dans mon entourage ne m’appelait autrement que Berni, mais les professeurs préféraient l’autre prénom. Il faisait plus germanique (le d final se prononce t), plus dur. Ils pensaient et ils l’ont écrit une fois qu’un berni n’était qu’un enfant, ce n’était qu’un diminutif et il fallait grandir, se durcir, n’est-ce pas ? Et aussi, écrire de la main droite, la main gauche n’étant pas destinée à un tel usage. Du coup, j’ai détesté et déteste encore le prénom Bernd et je m’en suis débarrassé lors de ma naturalisation suisse. A défaut de pouvoir enfin m’appeler Berni comme je l’aurais souhaité, on m’a proposé Bernard en guise de consolation. Va pour Bernard, mais ce n’est pas moi, évidemment. Plus tard, mon amie a eu le même réflexe que mes profs en disant que Berni faisait enfantin et qu’il me fallait un autre prénom, Stéphane. Pourquoi pas, mais ça ne pouvait toujours pas être moi. D’ailleurs, aux Beaux-Arts, on m’appelait bien Stephanus au lieu de Berni. Après la rupture avec C., j’ai vite fait de récupérer enfin mon prénom à moi, mais hélas, la pratique allemande en 1941 de mettre les noms des parrains devant le prénom usuel m’a joué un tour pendable : au cours de l’informatisation des données, les autorités helvétiques ont décidé que je m’appelais dorénavant officiellement Werner.  Voici la situation : tous mes intimes me connaissent sous Berni, mon permis de conduire suisse, mon livret de famille etc. sous Bernard, car établi longtemps avant la révolution numérique, et tous les documents récents sous Werner. En fait, je m’en fiche, je sais qui je suis et je suis content de m’appeler Berni, point barre. En repensant à cet imbroglio administratif, je me suis souvenu que dans ma famille maternelle Schwarzmann, mon grand-père s’appelait initialement Mordko, mais après sa naturalisation, il est devenu Max ; mon oncle, lui, a dû passer de Lev à Léo, seules les filles ont pu garder leur prénom. Je ne fais que perpétuer la tradition familiale maternelle qui fait montre d’une faculté d’adaptation certaine, contrairement à la famille paternelle qui ne connaissait que deux prénoms mâles : Herrmann et Richard. Je l’ai échappé belle !

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28/12/17

  10:39:00 am, by   , 431 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Pause

Deux semaines sans collage – une éternité après des années de travail quotidien. Je m’aperçois que mes images se sont sophistiquées au fil du temps, qu’il me faut une pile de magazines pour créer et que de toute façon, la taille de ceux-ci – dorénavant A3  - en exclut le transport dans une valise. Alors quoi ? Aucun signe de manque ? Non. Le collage a migré dans mon appareil photo et compense momentanément le travail avec les ciseaux.

C’est un autre regard que je porte à travers le viseur de mon appareil : je m’essaie au portrait, à la photo de fleurs, au jeu des transparences. Point de tour Eiffel ou autres monuments parisiens : juste ce qui m’entoure sur le moment, ce qui se présente au hasard des rencontres et des déambulations.

Et contrairement au collage qui nécessite parfois une explication, y compris à moi-même, la photo parle d’elle-même, elle se borne à exister.

Ceci dit, je me réjouis de retrouver ma table de travail où deux collages provisoires m’attendent depuis deux semaines et de replonger dans mes constructions délirantes. Allons ! Encore 10 jours  et la machine se remettra en route ! En attendant, le soleil brille sur Paris, je prends le soleil sur la terrasse et songe aux photos que je vais pouvoir prendre avant que le ciel ne se couvre et verse ses larmes sur la disparation de M.

 

Two weeks without collage - an eternity after years of daily work. I realize that my images have become sophisticated over time, that I need a stack of magazines to create and that anyway, the size of these - now A3 - excludes the transport in a suitcase. So what? No sign of lack? No. The collage has migrated in my camera and momentarily compensates the work with the scissors.

It is another look that I take through the viewfinder of my camera: I try to portrait, take the picture of flowers, play with transparencies. No Eiffel tower or other Parisian monuments: just what surrounds me at the moment, which comes at random encounters and strolls.

And unlike collage that sometimes requires an explanation, including myself, a photo speaks for itself, it is limited to exist.

That said, I'm looking forward to my table where two provisional collages have been waiting for me for two weeks and to plunge into my delirious constructions. Come on! Another 10 days and the machine will start again! Meanwhile, the sun shines on Paris, I take the sun on the terrace and think of the photos that I will be able to take before the sky covers and pours tears on the disappearance of M.

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  10:39:00 am, by   , 431 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Pause

Deux semaines sans collage – une éternité après des années de travail quotidien. Je m’aperçois que mes images se sont sophistiquées au fil du temps, qu’il me faut une pile de magazines pour créer et que de toute façon, la taille de ceux-ci – dorénavant A3  - en exclut le transport dans une valise. Alors quoi ? Aucun signe de manque ? Non. Le collage a migré dans mon appareil photo et compense momentanément le travail avec les ciseaux.

C’est un autre regard que je porte à travers le viseur de mon appareil : je m’essaie au portrait, à la photo de fleurs, au jeu des transparences. Point de tour Eiffel ou autres monuments parisiens : juste ce qui m’entoure sur le moment, ce qui se présente au hasard des rencontres et des déambulations.

Et contrairement au collage qui nécessite parfois une explication, y compris à moi-même, la photo parle d’elle-même, elle se borne à exister.

Ceci dit, je me réjouis de retrouver ma table de travail où deux collages provisoires m’attendent depuis deux semaines et de replonger dans mes constructions délirantes. Allons ! Encore 10 jours  et la machine se remettra en route ! En attendant, le soleil brille sur Paris, je prends le soleil sur la terrasse et songe aux photos que je vais pouvoir prendre avant que le ciel ne se couvre et verse ses larmes sur la disparation de M.

 

Two weeks without collage - an eternity after years of daily work. I realize that my images have become sophisticated over time, that I need a stack of magazines to create and that anyway, the size of these - now A3 - excludes the transport in a suitcase. So what? No sign of lack? No. The collage has migrated in my camera and momentarily compensates the work with the scissors.

It is another look that I take through the viewfinder of my camera: I try to portrait, take the picture of flowers, play with transparencies. No Eiffel tower or other Parisian monuments: just what surrounds me at the moment, which comes at random encounters and strolls.

And unlike collage that sometimes requires an explanation, including myself, a photo speaks for itself, it is limited to exist.

That said, I'm looking forward to my table where two provisional collages have been waiting for me for two weeks and to plunge into my delirious constructions. Come on! Another 10 days and the machine will start again! Meanwhile, the sun shines on Paris, I take the sun on the terrace and think of the photos that I will be able to take before the sky covers and pours tears on the disappearance of M.

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06/11/17

  08:01:00 pm, by   , 709 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Broomstick

Du balai! collage 358-17

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Ce collage au titre intraduisible met en scène 2 personnages. L’un est âgé, il se tient devant des tas de billets, mais il semble accablé. A y regarder de plus près, on voit qu’il déjà sous terre. L’autre personnage était à l’origine une partisane russe tenant un fusil avec une baïonette. Au cours de mon élaboration, j’ai éprouvé de l’insatisfaction parce que le lien entre révolution et argent était trop peu parlant à mes yeux. C’est en cherchant  que j’ai trouvé ce balai qui par ailleurs ressemble à un  gros pinceau de peintre et qui m’a rappelé le tableau de Goya. Le balai, au sens premier, c’est pour faire le ménage dans le monde de la finance (cf. les Paradise papers), mais dans un sens plus métaphorique, c’est la faux de la mort qui balaie tout le monde, y compris les riches qui croient pouvoir survivre en s’accrochant aux biens – plus ou moins bien acquis – en oubliant la mort qui est notre destinée à tous. Il y a, bien sûr, un peu d’humour dans cette image, quand on pense à la Russsie d’aujourd’hui ; le grand coup de balai de la révolution d’octobre a abouti, 100 ans après, à des oligarques qui se sont enrichis avec les raclures de ce qui restait à l’effondrement du communisme.

Goya, Les vieilles

Voici, pour le Goya, une citation tirée de Wikipédia :

 « Dans un clair-obscur, deux vieilles femmes, cadavériques, l’une assise, l’autre lui murmurant à l’oreille, sont au premier plan tandis qu’au fond un homme ailé, torse nu, est muni d’un balai avec lequel il est sur le point de les balayer.

La femme assise est habillée de blanc, très soignée ; elle observe un dessin d’elle miniature, alors que la seconde lui tend un miroir au dos duquel est écrit « Que tal ? » « Comment ça va ? » et qui fonctionne comme une bande-dessinée, technique déjà employée par le peintre dans Los Caprichos. Il s’agit vraisemblablement d’une noble - la Reine, avance le palais des beaux-arts - et de sa servante, obsédées par leurs apparences respectives jusqu’au seuil de la mort, peaufinant un maquillage posé sur un corps croulant alors que Chronos, en fond, est sur le point de les frapper. » (Wikipedia)

 

This collage with an untranslatable title* features two characters. One is old, he stands in front of piles of banknotes, but he seems overwhelmed. If you look closer, you can see that he is already underground. The other character was originally a Russian partisan holding a rifle with a bayonet. During my work on this collage, I felt dissatisfied because the connection between revolution and money was not clear enough for me. It was while searching that I found this broom which also looks like a big painter's brush and which reminded me of Goya's painting. The broom, in the first sense, is to clean up the world of finance (see the Paradise papers), but in a more metaphorical sense, it is the scythe of death that sweeps everyone, including the rich who believe they can survive by clinging to goods - more or less well acquired - forgetting that death is our common destiny. There is, of course, a bit of humor in this picture, when one thinks of today's Russsia; the great sweep of the October revolution led, 100 years later, to oligarchs who enriched themselves with the scrapings of what remained from the collapse of communism.
Here is, for the Goya, a quote from Wikipedia:
 "In a chiaroscuro, two old women, cadaverous, one sitting, the other whispering in her ear, are in the foreground while at the bottom a winged man, shirtless, is equipped with a broom with which he is about to sweep them away.
The seated woman is dressed in white, very neat; she observes a drawing of her miniature, while the second gives her a mirror on the back of which is written "Que tal? " " How are you ? " and which works as a comic, technique already used by the painter in Los Caprichos. It is likely a noble - the Queen, according to the Palace of the Fine Arts - and her servant, obsessed by their respective appearances till the threshold of death, polishing a makeup on a crumbling body while Chronos, in the background, is about to hit them. »(Wikipedia)

*du balai means literally to brush away

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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