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30/07/12

  05:08:00 pm, by   , 746 words  
Categories: Art, Collage

Oh, Susanna, oh don’t cry for me.

Oh, Susanna, oh don’t cry for me.
This is a collage that seems to me curious enough that I try to comment it. Maybe while doing it I’ll see clearer. The composition is classic: a naked boy plays guitar and a mother figure leans over him to stroke his cheek. In writing this sentence, it comes to me in a flash: it's the thought of my mother who always caressed my cheek with the back of the hand for not "passing germs." I found / find this argument ridiculous, it seems to me rather that my mother was very shy whith the body and therefore practiced this flick (which made me suffer). The "mother" here is twofold: one side stroking, the other looks at the effect on the viewer. And indeed, my mother was extremely dependent on the opinions of others, especially after having to wear the infamous yellow star. The boy's gesture of refusal is explained by the timidity of the gesture, interpreted by him as false or feigned compared to a genuine feeling. His cut right hand doubtless refers to my state of re-educated lefty – the right hand seems to belong to the rules imposed by others. Head thrown back and eyes closed mean surrender to art, to dream, what I was doing during my whole childhood. It all seems very consistent. And the mother seems moved by this immersion in music - and perhaps also by the prepubescent naked body ... Lights and shadows - in my case, no interference between my mother and me. I've never been able to imagine how she could give birth to me, so much I felt her reservation.
My collage is murkier. No doubt this is due to its erotic origin, because the underlying motive is Susanna and the Elders, scabrous subject from the Bible repeatedly shown for its erotic potential. The refusal means the victory of virtue over proposals of dishonest old men and their odious blackmail. Naturally, the picture proposes us the pleasure of contemplating the beautiful Susanna, to put us in the place of the old voyeurs. But what has it to do with me? Apart from the narcissism of the artist, I see none. But is one not (mostly) blind to oneself?


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C’est un collage qui me semble suffisamment curieux pour que j’essaie de le commenter. Peut-être y verrai-je plus clair. La composition est classique : un garçon dénudé joue de la guitare et une figure maternelle se penche au-dessus de lui pour lui caresser la joue. En écrivant cette phrase, cela m’est venu en un éclair : c’est le geste de ma mère qui me caressait toujours du revers de la main pour ne pas « passer des microbes ». Je trouvais/trouve cet argument ridicule, il me semble plutôt que ma mère était d’une grande timidité au niveau corporel et ne pratiquait donc que cet effleurement (qui me faisait souffrir). La « mère » est double ici : un côté caressant, l’autre regarde l’effet produit sur le spectateur. Et, en effet, ma mère était extrêmement dépendante de l’opinion d’autrui, surtout après avoir dû porter l’infamante étoile jaune. Le geste de refus du garçon s’explique donc par la timidité du geste, interprété par lui comme faux ou feint par rapport à un sentiment vrai. Sa main droite coupée se réfère sans doute à mon état de gaucher rééduqué – la main droite me semble appartenir aux règles imposées par les autres. La tête renversée et les yeux fermés signifient l’abandon à l’art, à la rêverie, ce que je faisais abondamment durant mon enfance. Tout cela me semble bien cohérent. Et la mère semble émue par cette immersion dans la musique – et peut-être aussi par ce corps nu impubère… Ombres et lumières – dans mon cas, aucun trouble entre ma mère et moi. Je n’ai jamais su imaginer comment elle avait pu m’enfanter, tellement je la sentais sur sa réserve.
Mon collage est plus trouble. Sans doute cela est dû à son origine érotique, car le motif sous-jacent est Suzanne et les Vieillards, sujet scabreux tiré de la Bible maintes fois illustré pour son potentiel érotique. Le refus y signifie la victoire de la vertu sur les propositions malhonnêtes des vieillards et sur leur odieux chantage. Naturellement, l’image nous propose plutôt le plaisir de contempler la belle Suzanne, de nous mettre à la place des vieillards voyeurs. Mais quel rapport avec moi ? A part le narcissisme de l’artiste, je n’en vois aucun. Mais n’est-on pas (en grande partie) aveugle à soi-même ?

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12/07/12

  08:06:00 pm, by   , 468 words  
Categories: Art, Collage

The Beast in Me

Two days ago, I made a collage that seems to horrify some people. I was struck by a photo showing a swimmer kneeling on the floor kissing a killer whale on the tongue. I was a little surprised by this scene and decided to push the matter further in humanizing the beast. That's when the picture becomes strange, because the "man" has no members, reminiscent of a hybrid creature painted by J.Bosch or even to a disabled person. His thick tongue raises other associations, which are rather animal, thus bestial. This is a disproportionate kiss. The girl in the foreground is tiny before this big monster. The look that it throws us reminds me of Kafka's Metamorphosis, where Gregor Samsa is a prisoner of his giant shell, unable to communicate with his family which rejects him for his monstrous appearance and whose taste for rotten stuff makes humans disgust him. My collage shows therefore, I think, a little-shown aspect in pictures of the relationship between two beings. Because it is of course a mere fantasy. QUES – tion is what is at stake here? QUES-tion is what is depicted here ? Male passivity? The daring female? The male at bay? Will he turn into a prince? No, the days of miracles are over. Remains the beast too happy to have found his beautiful. Merci, la Belle.


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Le monstre en moi

Il y a deux jours, j’ai fait un collage qui semble horrifier quelque peu les gens. Je suis parti d’une photo montrant une nageuse agenouillée sur le sol embrassant une orque sur la langue. J’ai été un peu surpris par cette mise en scène et j’ai décidé de pousser la chose plus loin en humanisant la bête. C’est alors que l’image devient étrange, car « l’homme » est dépourvu de membres, faisant penser à un être hybride dans le style de J.Bosch ou carrément à un handicapé. Sa langue épaisse renvoie à d’autres associations, plutôt animales, donc bestiales. Il s’agit d’un baiser disproportionné, la fille au premier plan est bien minuscule devant ce gros monstre. Le regard que celui nous jette me fait penser à la Métamorphose de Kafka, où Gregor Samsa est prisonnier de sa carapace géante, incapable de communiquer avec sa famille qui le rejette pour son apparence monstrueuse et son goût pour la pourriture en matière de nourriture qui révulsent les humains. Mon collage montre donc, il me semble, un aspect peu montré en images de la relation entre deux êtres. Car il s’agit bien entendu d’un fantasme. QUES – ce donc ce qui se joue ici? QUES-ce qui est illustré ? La passivité masculine ? L’audace féminine ? Le mâle aux abois ? Va-t-il se transformer en prince ? Non, le temps des miracles est terminé. Reste la bête trop heureuse d’avoir trouvé sa belle. Merci à elle.

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27/06/12

  07:55:00 pm, by   , 529 words  
Categories: Art, Collage

Diving suit


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This picture reminds me of my child's condition.
First because I had the feeling of being enclosed in a casing which does not obey me as I want. This manifested itself especially when they started to force my right hand for gestures such as brushing teeth and especially writing. Because I'm left handed. And often linkish with instruments designed for right handers. Such as scissors. I am using them with my right hand, otherwise I can not do it. The object refuses its use. In short, I suffered violence to force myself to take the right hand for many actions that are automatic now.
Planes, it is war and there are attacks of allied bombers and fighters. Again, I felt helpless (I was just 4 years old when the war ended).
And I also see myself as this button which is dragged around, which was my case, although the comparison with the stories of hidden Jewish children I consider myself highly privileged.
The side of the mismatched suit (combinaison in french) reminds me of an undergarment made ​​of a one piece that was called exactly combination and the comfort of which was poor. In this regard, I find that my subconscious has worked fine here, thank you. Open, close buttons, tying shoe laces which were made of thick square leather laces, wearing knitted pants – all these things appeared to me as obstacles.
But under the helmet, the dream was master. And facing these the difficulties, I probably partially migrated into a fantasy world that feeds me yet.

Scaphandre

Cette image m'a rappelé mon état d'enfant.
D'abord parce que j'ai eu l'impression d'être enfermé dans une carcasse qui ne m'obéit pas comme je le voudrais. Cela s'est manifesté surtout quand on s'est mis à me forcer la main ... droite pour les gestes tel que le brossage des dents et surtout l'écriture. Car je suis gaucher. Et souvent gauche avec des instruments conçus pour la main droite. Comme les ciseaux par ex. Que je tiens avec la main droite, autrement je n'y arrive pas. L'objet refuse son utilisation. Bref, on m'a fait violence en me forçant à adopter la main droite pour bien des gestes qui sont automatiques aujourd'hui.
Les avions, c'est la guerre et les attaques de bombardiers et de chasseurs alliés. Là encore, je me sentais démuni (j'avais tout juste 4 ans quand la guerre s'est terminée).
Et je me vois aussi comme ce bouton qui est trimbalé de gauche à droite, ce qui a été mon cas, même si à la comparaison avec les récits d'enfants juifs cachés je dois me considérer comme privilégié.
Le côté mal assorti de la combinaison me rappelle un sous-vêtement fait d'une pièce qui s'appelait justement combinaison et dont le confort laissait à désirer. A ce propos, je trouve que mon inconscient a bien fait les choses ici, merci. Ouvrir, fermer des boutons, lacer les chaussures dont les lacets étaient faits en cuir de section carrée, porter des culottes tricotées m'ont paru des obstacles.
Mais sous le casque, le rêve était maître. Et devant les difficultés, j'ai sans doute partiellement émigré dans un monde fantasmatique qui me nourrit encore.

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14/06/12

  05:25:00 pm, by   , 388 words  
Categories: Art, Collage

Bethany and me

Initially, a photo and reproduction. The assemblage seems funny. The rest happens quickly in small steps. A single hesitation, the head of Lazarus. I wanted an Africa-Asia-Europe mixture, while keeping the character's smile. What interests me here is the misuse of the religious scene, the Lamentation of Christ becoming the Resurrection of Lazarus - and hints like the blue cape or the veiled woman in a soap box that seems to go to the accident, despite the bolts that hold the vehicle on the beam. I also like the asymmetry between the left and right, as between two worlds that ignore each other. Sometimes I feel like Lazarus, knowing me alive and healthy after my surgery. Even my hair and my hair grow a little: from an old hairless baby, I become a teenager (again), seeing in my mirror a beard who calls from time to time a slight razor cut. And I am supported, as in the picture. No one knows what Lazarus became after the miracle, but I like to imagine him happy, enjoying life and health that have no price.

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Au départ, une photo et une reproduction. L’assemblage me semble rigolo. Le reste se fait rapidement par petites touches. Une seule hésitation, la tête de Lazare. J’ai voulu un mélange Afrique-Asie-Europe, tout en gardant le sourire du personnage.
Ce qui m’intéresse, c’est le détournement de la scène religieuse –la Déploration du Christ devenant résurrection de Lazare - et des clins d’œil comme par ex. la cape bleue ou la femme voilée dans une caisse à savon qui semble aller vers l’accident, malgré les boulons qui la retiennent sur la poutre. J’aime aussi la dissymétrie entre la droite et la gauche, comme entre deux mondes qui s’ignorent.
Je me sens quelquefois un peu comme Lazare, me sachant vivant et en bonne santé après mon opération. Même mes cheveux et mes poils se remettent à pousser un peu : de vieux bébé glabre, je redeviens adolescent, contemplant dans mon miroir une barbe naissante qui appelle de temps à autre un léger coup de rasoir. Et soutenu je le suis, comme sur l’image. On ne sait point ce que Lazare est devenu après le miracle, mais je me plais à l’imaginer heureux, goûtant la vie et la santé qui n’ont pas de prix.

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01/06/12

  11:24:00 pm, by   , 471 words  
Categories: Art, Collage

The white teeth of the lama

Today, I would like to comment on the collage 175/12. It is approx.. 16 days old (I just finished the no. 191). And it is apparently very simple. Sometimes I tell myself that my collages are too simple, often a little sloppy. But soon after I correct myself: no, they are as they should be. The 175 consists of a head and a fragment of a baby, held between two white teeth. One eye is down, the other is watching. A piece of the head is held like a mask in front (?) of a figure resembling that of a Tibetan lama. When I made this collage, I thought of a birth, a word that comes to life. Yet the face is double: the teeth are reminiscent of the wolf in grandmother. But it is also possible that this other part of the face is an invitation to understand this mystery, to go beneath the surface of things to understand? Perhaps. Now I think of the wise men and women, the difficulty of seeing clearly, to understand. The mystery of birth and death. And more trivial, the beautifully silent paintings of La Tour. And the other half of the face questions me: And you Berni, who are more in the tumult than in the quiet, why are your works so agitated? Because it is the mirror of the world. And it's my job to polish it every day.


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Aujourd’hui, j’ai envie de commenter le collage 175/12. Il est vieux de 16 jours env. (je viens d’achever le no. 191). Il est très simple. Quelquefois je me dis que mes collages sont trop simples, souvent un peu bâclés. Mais aussitôt après je corrige : non, ils sont comme ils doivent être. Le 175 consiste donc en une tête et un fragment de bébé, tenu entre deux dents blanches. Un œil est baissé, l’autre nous regarde. Un morceau de la tête est tenu comme un masque devant ( ?) la figure qui ressemble à celle d’un lama tibétain. Quand j’ai fait ce collage, j’ai pensé à une naissance, à une parole qui venait à la vie. Pourtant le visage est double et les dents font penser au loup déguisé en grand-mère. Mais il se pourrait aussi que cette autre partie du visage constitue une invite à comprendre ce mystère, à aller sous la surface des choses pour mieux comprendre ? Peut-être. Maintenant, je pense aux sages, à la difficulté de voir clair, de bien comprendre. Au mystère de la naissance et de la mort. Et de manière plus triviale, aux magnifiques peintures silencieuses de La Tour. Et l’autre moitié du visage m’interroge. Et toi Berni, qui es plus souvent dans le tumulte que dans la quiétude, pourquoi fais- tu des œuvres si agitées ? Parce que c’est le miroir du monde. Et que c’est mon job de le polir jour après jour.

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23/05/12

  11:35:00 am, by   , 587 words  
Categories: Art, Collage

What's New in May?

I tried to upgrade an old painting by gluing a piece of a face on it, but I have not experienced the expected sensations . I remain, for now, in my realm of magazine collage. What I see is that I oscillate between the beautiful and the monstrous. I know that my monster faces may seem repulsive and that they demand an effort of reading. I also know that in principle it is not the best way to raise the "like" on Facebook, for example. But it is the image that controls, not the desire to seduce. And the image is demanding, it has its own laws, it does not support the compromise - at least in my eyes. It wants to renew, wash my eyes, surprise me. How not to succumb to this game? I've never understood how anyone could be locked into a stereotyped style, in a tireless repetition of what has been done so many times? I prefer to discover new connections, new combinations. I realize that for me it is not so much the subject, or rather the story, that counts, but primarily the arrangement of pieces in a radically new and original way.
A discovery for me is macrophotography. With my camera, I approach flowers and explore colorful spaces that remind me of abstract paintings I wanted to do with my lacquer works. For now, I have limited myself to two half-wilted tulips in my garden and some iris, I saw at my neighbor’s and in a park in Geneva. It reminds me of the shock when I saw the Cousteau film, The Silent World. I felt like diving into a new universe.
That’s what I am after every day.

Quoi de neuf au mois de mai?
J’ai essayé de transformer une ancienne peinture en y collant un bout de visage, mais je n’ai pas éprouvé les sensations espérées. Je reste, pour le moment, dans mon royaume du collage magazine. Ce que je constate, c’est que j’oscille entre le beau et le monstrueux. Je sais bien que mes visages de monstres peuvent paraître repoussants et qu’ils demandent un effort de lecture. Je sais également qu’en principe, ce n’est pas la meilleure manière de récolter des « j’aime » sur Facebook, par ex. Mais c’est l’image qui commande, pas le désir de séduire. Et l’image est exigeante, elle a ses propres lois, elle ne supporte pas la compromission – en tout cas à mes yeux à moi. Elle veut se renouveler, laver mes yeux, me surprendre. Comment ne pas succomber à ce jeu ? Je n’ai jamais compris comment on pouvait s’enfermer dans un style stéréotypé, dans une répétition inlassable de ce qu’on a déjà fait tant de fois ? Je préfère découvrir de nouveaux assemblages, de nouvelles combinaisons. Je me rends bien compte que chez moi ce n’est pas tant le sujet, ou plutôt l’anecdote, qui compte, mais avant tout l’arrangement des morceaux dans tout radicalement nouveau et inédit.
Une découverte pour moi est la macrophotographie. Avec mon appareil photo, je m’approche de fleurs et explore des espaces colorés qui me font penser à de la peinture abstraite, à ce que je voulais faire avec mes laques. Pour l’instant, je me suis borné à deux tulipes à moitié fanées de mon jardin bourguignon et à quelques iris, vus chez mon voisin et dans un parc à Genève. Cela me rappelle le choc quand j’ai vu le film de Cousteau, Le Monde du Silence. J’ai eu l’impression de plonger dans un univers nouveau.
C’est cela que je recherche chaque jour.

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15/05/12

  03:03:37 pm, by   , 1024 words  
Categories: Art, Collage, Painting

The emptiness of contemporary art

After a visit of the Museo Reina Sofia in Madrid and the Prado, here some thoughts.
The Reina Sofia is a huge building containing mostly contemporary works and especially Guernica. What struck me is how the contemporary works are intellectual and how they avoid the appeal to emotion. We see that the paradigm of art has changed since Picasso whose works always are emotionally violent. Since, art displays itself refrigerated, here in an environment reminiscent of a barrack. All this vastness devoted to this coldness! And that's not enough. It takes even more. Thus, at the Palacio Velasquez, really beautiful building, we see the works of Spanish artist Nacho Criado, which, among other things, refers to the crucifixion of Matthias Grünewald. I am familiar with this work that I venerate. I think it attests to human suffering, pain before death, and possibly going further - the injustice of this world that puts a man on the cross. All this against a background of wars, epidemics and other curses. As for his pictorial quality, it was a summit regarding the design and color, composition, expressivity etc. Unnecessary to deal further, many have already written about this work, and much better than myself.
Now what do we see in the Palacio Velasquez? Three truncated iron crosses placed on the white wall. And that's all. The relation to Grünewald’s masterpiece seems hardly noticeable. The three crosses? They are in all painted crucifixions. But then what? It seems to me that this follower of Duchamp wanted to make an object from the altar, virtually eliminatin everything, so we end up with a sign whose referent is very vague and whose meaning is so poor that it receives its justification only by the prestigious context in which it stands and the reference to the original. It's like Duchamp's mustachioed Gioconda a pastiche, a gag.
That's the situation: the content, the narrative are eliminated, the legacy violated. Looking through the Prado, and contemplating the religious Baroque works, it becomes obvious to me that we certainly have more creative freedom now but we created an empty shell, just like our whole society.
Arrived before the Deposition by R.van der Weyden, I feel a shock at this huge work. I know it since long ago, I read the analysis of Panofsky, watched many reproductions, but standing in front of the original so bright, looking so freshly painted, I am flabbergasted by the evocative power that emanates from this work. In fact, it impresses me even more than Guernica. Why is that? The very flat area which densifies the characters? Their moving expressions? Their expensive clothes? The abstract background? I do not know. But I know that I stand before a masterpiece that speaks to me deep.
And this has never happened to me with a contemporary work.

Après la visite du Museo Reina Sofia à Madrid et du Prado, voici ces quelques réflexions.
Le musée Reina Sofia est un immense bâtiment contenant majoritairement des œuvres contemporaines et surtout Guernica. Ce qui m’a frappé, c’est à quel point les œuvres contemporaines sont intellectuelles et combien elles évitent l’appel à l’émotion. On voit que le paradigme de l’art a changé depuis Picasso dont les œuvres dégagent toujours une charge émotionnelle violente. Depuis, l’art se montre froid, ici dans un environnement faisant penser à une caserne. Toute cette vastitude pour cela ! Et ce n’est pas assez. Il en faut encore davantage. Ainsi, au Palacio Velasquez, construction vraiment très belle, on voit les œuvres d’un artiste espagnol, Nacho Criado, qui, entre autres, fait référence à la crucifixion de Matthias Grünewald. Je connais bien cette œuvre que je vénère . A mon avis, elle témoigne de la souffrance humaine, de la douleur devant la mort et, éventuellement, en allant plus loin – de l’injustice de ce monde qui met un homme sur la croix. Tout cela sur fond de guerres, d’épidémies et autres malédictions. Quant à sa qualité picturale, elle constitue un sommet en ce qui concerne le dessin et la couleur, la composition, les expressions des personnages etc. Inutile de m’étendre davantage, beaucoup ont déjà écrit sur cette oeuvre, et bien mieux que moi-même.
Or que voit-on dans le Palacio Vélasquez ? Trois croix tronquées en fer disposées sur le mur blanc. Et c’est tout. Le rapport avec Grünewald me semble guère perceptible. Les 3 croix ? Il y en a dans toutes les crucifixions peintes. Mais alors quoi ? Il me semble que cet épigone de Duchamp ait voulu faire un objet à partir du retable, en éliminant pratiquement tout, de sorte qu’on se retrouve avec un signe dont le référent est très vague et dont la signification est si pauvre qu’il ne reçoit sa justification d’être que par le contexte prestigieux dans lequel il se trouve et par le jeu du renvoi à l’original. C’est comme la Gioconde moustachue de Duchamp un pastiche, un gag.
Voilà bien la situation : le contenu, la narration sont éliminés, l’héritage bafoué. En parcourant le Prado, et en contemplant les œuvres religieuses baroques, il me devient évident que nous avons certes davantage de liberté de création mais que nous avons créé des coquilles vides, à l’image de notre société tout entière.
Arrivé devant la Descente de Croix de R.van der Weyden, j’éprouve un choc devant cette œuvre de grande taille. Je la connais pourtant depuis longtemps, j’ai lu l’analyse de Panofsky, regardé maintes reproductions, mais devant l’original si lumineux, paraissant fraichement peint, je suis sidéré par la puissance d’évocation qui émane de ce tableau. En fait, il m’impressionne encore davantage que Guernica. Comment l’expliquer ? L’espace très plat qui densifie les personnages ? Leurs expressions bouleversantes ? Leurs habits somptueux ? Le fond abstrait ? Je ne sais pas. Mais je sais que suis devant un chef d’œuvre. Qui me parle au plus profond.
Et cela ne m’est jamais arrivé devant une œuvre contemporaine.

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28/04/12

  06:46:00 pm, by   , 191 words  
Categories: Art, Collage, Painting

Looking back at my older works and thinking about my next works.

In preparing some images for a website, I looked through the paintings of 20002-2003, reworked in 2007-2009 - bits of magazine photos glued on these big paintings. At the time, I thought it was sacrilegious and not necessarily well. But looking closer, I must say I am surprised by some of the works. I find them challenging and successful. So I tell myself that this summer, I will unroll a number of old paintings and divert / complement / improve them. There are at least hundred of them awaiting resurrection. Wait for me, I'm coming!

The link to the gallery: click here

En préparant quelques images pour un site internet, j'ai parcouru les peintures de 2002-2003, retravaillées en 2007-2009 - collant des bouts de photos de magazines sur ces grandes peintures. A l'époque, je pensais que c'était sacrilège et pas forcément bien. Mais en y regardant de plus près, je dois dire que je suis surpris par certaines oeuvres. Je les trouve audacieuses et réussies. Je me dis donc que, cet été, je vais dérouler un certain nombre de toiles et m'amuser à les détourner/compléter/améliorer. Il y en a au moins une centaines qui attendent leur résurrection. Attendez-moi, j'arrive!

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18/04/12

  07:13:00 pm, by   , 457 words  
Categories: Art, Collage

In the Fountain of Youth

I could comment a lot of collages, as the machine continues to run, but I choose a today’s collage. It shows a huge helmeted woman in her bath, as little men trying to join in. There is, of course, a mythological allusion here to the fountain of youth, of which this collage shows a piece taken from Cranach or his school. (This is not the one I cut up, but it is close). But for me, this is primarily a satire of our time in terms of desire to stay young. Everyone tries to avoid the ravages of age, often taking refuge in a "mental" age much younger than the actual one. Of course I would, too, grow old as little as possible, but preferably stay fit at my brain and joints, and not necessarily in my appearance. I do not try to enter the bathtub, drown in it my sense of reality (and ridiculous) to this goddess. In fact I feel the age I am, that's all. This is reality. And then, this goddess is helmeted herself, probably not to see the drowned (?) in the magical water , to ignore the consequences of her action.


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I like this naive painting by Cranach , I always have. And what adds to my pleasure is that our house is near a village formerly called Youth.
Je pourrais commenter pas mal de collages, puisque la machine continue à tourner, mais je choisis un collage d’aujourd’hui. Il montre une gigantesque femme casquée dans son bain que de petits hommes cherchent à rejoindre. Il y a, évidemment, une allusion mythologique ici, au bain de jouvence, dont le collage montre un bout pris chez Cranach ou son école. Mais pour moi, il s’agit avant tout d’une satire de notre époque en ce qui concerne du désir de rester jeune. Tout le monde cherche à éviter les ravages de l’âge, souvent en se réfugiant dans un âge « mental » beaucoup plus jeune que l’âge réel. Bien sûr que je voudrais, moi aussi, vieillir le moins possible, mais de préférence rester en forme au niveau de mon cerveau et de mes articulations, pas forcément dans mon apparence. Je n’essaierai donc pas d’entrer dans le bain, d’y noyer mon sens de la réalité (et du ridicule) auprès de cette déesse. En fait je me sens l’âge que j’ai, voilà tout. C’est la réalité. Et puis, cette déesse est casquée elle-même, sans doute pour ne pas voir les noyés ( ?) dans l’eau magique, pour ignorer les conséquences de son action.
J’aime bien cette peinture bien naïve de Cranach, je l’aime depuis toujours. Et ce qui s’ajoute à mon plaisir, c’est le fait que notre maison se trouve près d’un village qui s’appelait autrefois Jouvence.

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02/04/12

  07:28:00 pm, by   , 436 words  
Categories: Art, Collage

Seized by ...

Seized by ... the disease. I think this collage has to do with my brother’s Alzheimer's disease recently diagnosed.
If I refer to the photo I had published, where I jumped over him from behind, I see an analogy in the gesture. At the time, it was a game, like children. But without the photo, I never would have guessed that he was frightened. This was a revelation for me. I had this power over him. And he was weaker than it used to appear.
Today, they are helping hands that land on his shoulders and I say to myself that these are - among others - mine. They are trying - unsuccessfully - to prevent an announced breakup, to support a severely shattered moral . Well, for now he’s OK, we converse on the phone - almost – as always, but I cannot help thinking about his illness.
It is curious to note that I find myself with a half-sister (much older) who no longer recognizes me and an older brother threatened the same fate. Who am I following? The father who had symptoms of straying toward the beginning of his 70 years or my mother - with a few fantasies of somebody stealing her silverware and clothings - who continued to speak with me as always, till the final year, at 99 years?


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Saisi par… la maladie. Je pense que ce collage a un rapport avec la maladie d’Alzheimer diagnostiquée chez mon frère.
Si je me rapporte à la photo que j’avais publiée, où je lui sautais dessus par derrière, je vois une analogie dans le geste. A l’époque, c’était un jeu, à la manière des enfants. Mais sans la photo, je n’aurais jamais deviné qu’il avait eu peur. Cela fut une révélation pour moi. J’avais ce pouvoir sur lui. Et il était plus faible qu’il n’y paraissait.
Aujourd’hui, ce sont des mains secourables qui se posent sur ses épaules et je me dis que ce sont – parmi d’autres – les miennes. Elles essaient – vainement - d’empêcher une dislocation annoncée, de soutenir un moral soumis à rude épreuve. Bon, pour l’instant il va, nous conversons au téléphone comme – presque – d’habitude, mais je ne peux m’empêcher de penser à sa maladie.
Il est curieux de noter que je me retrouve avec une demi-sœur (bien plus âgée) qui ne me reconnaît plus et un frère aîné menacé du même sort. De qui tiens-je ? Du père qui présentait des symptômes d’égarement vers le début de ses 70 ans ou de ma mère qui à part quelques fantasmes de vol de son argenterie et de vêtements continuait de raisonner comme toujours, jusqu’à toute dernière année, à 99 ans ?

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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