Pages: 1 2 ...3 ... 5 ...7 ...8 9 10 11 12 ... 31

10/11/16

  10:08:00 am, by   , 548 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

The clown

Cette nuit, j’ai compris tout d’un coup qu’il y avait un lien entre mon selfie et ce collage : le clown. En effet, depuis toujours, je m’amuse à faire des autoportraits clownesques, car je sais bien qu’il s’agit de masques. La photo est venue lors d’une projection vidéo dans mon workshop : je me suis glissé entre le beamer et l’écran et ai cherché à placer le rond sur mon œil. Ce dernier est mon outil de création outre sa fonction de rapport au monde. Quant aux couleurs, mes premiers tableaux, à l’âge de 15 ans, ont été des visages moitié rouges moitié turquoise. Et mon polo m’a été offert par mes collègues à l’occasion de ma retraite, car ils m’avaient imaginé comme un artiste bariolé. D’autres éléments de la photo pourraient faire penser à un esprit vif, à une kippa, à la maladie et Dieu sait quoi d’autre. Le collage présente les mêmes couleurs primaires, avec une tête de clown et un habit chamarré, me faisant penser à un général napoléonien. C’est un visage hybride, plus énigmatique que le mien, mais l’attitude dénote un certain pouvoir. Et je me suis dit cette nuit que j’étais peut-être un dictateur, oui, mais fragile. Il n’y a qu’à regarder le visage et les jambes. Et ma « monture » semble s’en désintéresser au plus haut point. Ou est-ce qu’elle se lamente devant tant de prétention ?  Voilà ce que ce collage semble me dire, alors que j’ai pensé tout d’abord à une représentation de Trump et à son rapport aux femmes. En regardant mon selfie une nouvelle fois, je me dis que je suis un drôle de type, et que c’est par l’humour que j’arrive à mieux voir en moi.

 



 




This night, I realized suddenly that there was a link between my selfie and my collage: the clown. Since always, I have fun doing clownish self-portraits because I know well that these are mere masks. The picture came during a video projection in my workshop: I slipped between the projector and the screen and have sought to place the ring on my eye which is my creation tool besides being the tool for my relationship with the outside world. As for the colors, my first paintings at the age of 15 years were faces which were half red half turquoise. And my polo was offered to me by my colleagues on the occasion of my retirement as they had imagined me as a colorful artist. Other elements of the picture might suggest a quick mind, a kippa, sickness and God knows what else. The collage has the same primary colors with a clown's head and a laced coat, making me think of a Napoleonic general. It is a hybrid face, more enigmatic than mine, but the attitude denotes a certain power. And I said to myself that night that I was perhaps a dictator, yes, but a fragile one. One has only to look at the face and legs. And my "horse" seems uninterested in the highest degree. Or does she lament before such claim? That's what this collage seems to tell me, when I first thought about a representation of Trump and his relationship to women. Looking at my selfie again, I think I'm a funny guy, and that I can better see myself through humor.

 Permalink

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

04/11/16

  08:23:00 am, by   , 835 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

1946

En fait mes plus anciens souvenirs sont extrêmement vagues. De notre séjour à E. je ne me souviens que du fait qu’on était logés sous le toit, mon frère et moi, et que mon lit se trouvait près de la porte, à côté du poêle. Je me souviens du jardin, du grand terrain vide et du restaurant au milieu du village. Peu d’autres souvenirs à part ceux que j’ai déjà évoqué auparavant : les avions, l’attaque nocturne, la ruée vers l’abri quand une bombe a éclaté pendant le repas dominical au restaurant du village. Avais-je le droit d’aller dans cet abri ? Normalement, ils étaient interdits aux Juifs. Je ne sais pas et je ne sais plus si j’y suis allé, sauf que le fait de ne pas aimer être cantonné dans un sous-sol me laisse supposer que j’ai dû y aller plus d’une fois. Les témoins que je pourrais interroger sont malheureusement morts. Même de ma vie dans le grand appartement à Hanovre, dès 1945, j’ai peu de souvenirs précis autres que les lieux et certaines situations.

J’en conclus que j’ai vécu mon enfance comme dans un rêve, que j’étais davantage tourné vers mon intérieur que vers ce qui m’entourait. Et même mon adolescence me paraît assez brumeuse au point de ne plus guère me souvenir des noms de mes camarades de classe, un peu comme si je voyais alors le monde dans un faisceau de lumière étroit qui laissait bien des choses sans l’ombre.  Et je ne me rappelle non plus mes rêveries. Par contre, je sais que je dévorais les livres et que j’étais capable de faire des nuits blanches pour les finir.

Ce collage est une tentative de recréer l’ambiance qui pouvait régner quand je devais faire la sieste (obligatoire) ou durant une bonne crève accompagnée de vraie ou prétendue fièvre. Il est vrai que je chérissais ces moments où mon esprit pouvait divaguer sans être dérangé par un adulte. Car le monde alentour était peu rassurant et les enfants (y compris mon frère) souvent cruels avec moi.  A l’adolescence, je ne craignais plus le monde, je m’intéressais à beaucoup de choses, mais l’école ressemblait toujours à une prison dont les profs étaient les garde-chiourmes et mes compagnons d’infortune une masse relativement indifférenciée dont émergeaient quelques amis. Voilà pourquoi elle n’a pas d’importance dans mon curriculum, à la différence d’autres personnes qui l’ont vécue comme stimulante et enrichissante. On voit bien dans cette image combien le monde pouvait être menaçant et que le lit constituait un refuge tout relatif bien que relié au plaisir sexuel naissant.



In fact my earliest memories are extremely vague. From our stay in E. I only remember that we were housed under the roof, my brother and I, and my bed was near to the door, next to the stove. I remember the garden, the large empty lot and the restaurant in the village. Few other memories to share except those I have already mentioned before: airplanes, night attack, the rush to the shelter when a bomb exploded during dinner one sunday at the village restaurant. Did I have the right to stay in this shelter? Normally, they were forbidden to Jews. I do not know and I do not know if I was there, except the fact of not liking to be confined to a basement suggests to me that I had to go there more than once. Witnesses whom may I ask are unfortunately dead. Even of my life in the large apartment in Hanover from 1945 on, I have few memories other than specific places and situations.

I conclude that I spent my childhood in a dream, I was more focused on my inner world than to my surroundings. Even my teenage seems rather hazy as I can hardly remember the names of my classmates, as if I then saw the world in a narrow beam of light that left many things in the dark. And I do not remember my daydreams either. For cons, I know that I devoured the books and I spent sleepless nights to get to the last page.

 

This collage is an attempt to recreate the atmosphere that could rule when I had to take a nap (required) or a good flue accompanied by real or alleged fever. It is true that I cherished those moments when my mind could wander without being disturbed by an adult. Because the world around was not very reassuring and children (including my brother) often cruel to me. As a teenager, I no longer feared the world, I was interested in many things, but the school still looked like a prison whose teachers were watchdogs and my companions in misfortune a relatively undifferentiated mass from which emerged some friends. That's why it does not matter in my curriculum, unlike other people who lived it as challenging and rewarding. We can see in this image how the world could be threatening and how the bed was an all relative refuge though connected to the nascent sexual pleasure.

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

30/10/16

  10:58:00 am, by   , 685 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Brushes vs. scissors /Pinceaux vs. ciseaux

Pinceaux vs. ciseaux

Il y a 16 années, au tournant du millénaire, je me suis posé la question du sens et de la valeur de ma création. Il m’est apparu alors que c’est dans la maison collage que je me sentais le plus à l’aise. Il faut dire que je collais depuis 1967 déjà, à l’issue d’une crise d’inspiration qui avait duré pendant plus d’une année. Ce n’est point la question formelle qui me paralysait, mais bien celle du sens de ce que je créais. Je regardais le monde évoluer vite et ma peinture stagner. Elle me paraissait insignifiante. Il faut dire que les années passées à l’Ecole des Beaux-Arts avaient endormi le véritable créateur en moi. J’ai toujours été un rêveur, et dès mes débuts d’autodidacte, j’ai essayé de créer des images qui venaient spontanément. L’école a mis un terme à ce processus au profit d’un apprentissage purement formel. Je pense pouvoir dire que cela m’a déconnecté de mon monde intérieur. Ne pouvant plus créer comme par ex. un créateur d’art brut, j’ai été « sauvé » par la manipulation d’images imprimées, dont le lien avec le monde ou l’actualité était évident. Cela satisfaisait à la fois le besoin d’être connecté au monde « réel » et celui de pouvoir rêver en manipulant les images comme dans un rêve éveillé. Le collage - ou plutôt photomontage -  m’a reconnecté à mon monde intérieur et est devenu dès lors mon unique source d’inspiration. Toutes les toiles faites depuis 1967 ont été faites d’après collage. Mais on me disait que pour pouvoir exposer et vendre, je DEVAIS PEINDRE. C’est en comprenant l’ineptie de cette voie (cela ne m’a pas fait vendre du tout !) que j’ai finalement posé les pinceaux. Le seul aspect « négatif » qu’entraîne ce choix est la dimension forcément réduite de mes œuvres. J’ai essayé de contourner la difficulté en intervenant sur des affiches dans la rue, mais les possibilités créatives en étaient trop restreintes à mon goût.  Et puis, une gravure des Caprices de Goya ne vaut-elle pas des km carrés de toiles barbouillées ? C’est la densité de l’œuvre qui compte, pas son étendue. Et depuis que j’ai trouvé ce moyen de création, mon imagination n’a plus jamais été en panne et ma joie de créer reste constante.

 

 

Brushes vs. Scissors

16 years ago, at the turn of the millennium, I asked myself the question of the meaning and value of my creation. It occurred to me then that in the house I felt the most comfortable was collage. I must say that I make collages ever since 1967, following a crisis of inspiration that had lasted for over a year. It is not the formal question that paralyzed me, but the sense of what I was creating. I watched the world evolve quickly and my painting stagnate. It seemed insignificant. I must say that the years spent at the School of Fine Arts had fallen asleep the true creator in me. I've always been a dreamer, and since my self-taught beginnings, I tried to create images that came spontaneously. The school has put an end to this process in favor of a purely formal learning. I think I can say that I disconnected from my inner world. Unable to create as such. Unable to create like for ex. An outsider art artist, I was "saved" by the manipulation of printed images, whose link with the world or the news was obvious. This satisfied both the need to be connected to the "real" world and to be able to dream by manipulating images as in a waking dream. By making collages - or better photomontages - I reconnected with my inner world and they became therefore my only source of inspiration. All paintings made in 1967 were made by from collage. But I was told that to display and sell, I HAD TO PAINT. By understanding the ineptitude of this path (it did not make me sell at all!) I finally laid the brushes. The only "negative" aspect entails that the choice is necessarily the small size of my works. I tried to get around the difficulty by intervening on posters in the street, but the creative possibilities 


You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

19/10/16

  05:08:00 pm, by   , 358 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Tête-bêche - Head over tail

 

Dans cette image, le départ a été la juxtaposition de 2 paysages, tête-bêche, avec toute la difficulté qui découle du fait d’avoir un ciel en bas. Du coup, tout ce qui est solide devient léger et commence à flotter en l’air, à la manière d’un ballon. Effet exploité par Magritte qui fait léviter un rocher par ex. Ici, j’ai essayé d’alourdir la partie supérieure de sorte qu’elle donne l’impression de redescendre. Le personnage central semble vouloir tenir en place cette masse rocheuse en suspension, mais il est lui-même dépourvu d’une base solide. Les deux mains qui pourraient faire figure de jambes tiennent en fait un écrit dont le personnage semble être l’émanation. Je pense à Énée et à Atlas. Le temple en haut à gauche est khmer, mais les restes d’un château et la montagne brouillent les pistes. Nous sommes dans un monde fictif avec des indices variés, un peu comme si une peinture de Mantegna s’était déréglée.  Finalement, je dirai qu’il s’agit d’un monde instable, maintenu à bout de bras par un humain hybride à qui il faut peut-être rappeler les grands principes universels.

 

 

In this image, the start was the juxtaposition of two landscapes, head to tail, with the difficulty that arises from having the sky at the bottom. So, all that is solid becomes light and begins to float in the air, like a balloon. Effect exploited by Magritte who makes levitate a rock for example. Here I have tried to become top-heavy so it gives the impression to come down. The central character seems to hold up this rocky mass suspension, but is itself devoid of a solid foundation. Both hands that could figure legs hold in fact a writing of which the character seems to be the emanation. I think about Aeneas and Atlas. The top left is a Khmer temple, but the remains of a castle and mountains cover the tracks. We are in a fictional world with various clues, a bit like a Mantegna painting gone mad. Finally, I will say that this is an unstable world, held perhaps at arm's length by a hybrid human to whom we must remember the great universal principles.

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

14/10/16

  09:36:00 pm, by   , 549 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

La montée - The rise

 

Tout le monde dort dans un espace rempli de corps. Seules échappatoires : à gauche où semble s’offrir une porte et en haut où on voit une ouverture vers le ciel. Une femme semble d’ailleurs en écarter les bords comme un rideau de théâtre. Mais elle est la seule à regarder dehors. 5 grandes dents coupent l’image, sans doute une allusion à l’enfer, car il est souvent représenté ainsi au Moyen-Âge. Le Jugement dernier vient également à l’esprit, sauf qu’ici la chute des corps a déjà eu lieu, nous en voyons le résultat. C’est une prison-monde, un enfermement total. C’est un cauchemar dont il suffirait peut-être de s’éveiller pour revenir dans la réalité. Mais il est difficile de s’arracher à l’emprise d’un songe et peut-être est-il plus sûr de ne pas s’y risquer.

J’ai pas mal expérimenté dans cette image et c’est l’ouverture en haut qui m’a apporté une solution satisfaisante, car elle contribue à alléger l’ambiance en suggérant une issue possible alors que la porte semble condamnée, car coincée parmi les corps. Cependant, comme elle est vitrée, elle pourrait être forcée, mais il s’agit d’une issue trompeuse, car tout converge vers le haut, c’est donc là la vraie ouverture. Ce qui m’intéresse ici aussi, c’est de basculer une surface horizontale vue d’en haut à la verticale : les corps de la moitié supérieure devraient logiquement être plus petits que ceux du bas ce qui n’est pas le cas ici, mais la perspective est indiquée par les diagonales qui se rejoignent logiquement dans la figure féminine. Cela crée une tension et une déformation des droites vers des courbes, suggérant un espace circulaire, creux. Est-ce ma relecture d’Arnheim qui me stimule ?

 

Everyone sleeps in a space filled with bodies. Only loopholes: left where seems a door is tempting and upstairs where we see an opening to the sky. A woman also seems to pull the edges like a theater curtain. But she is the only one looking out. 5 large teeth cut image, probably a reference to hell, because it is often represented in this way in the Middle Ages. The Judgment also comes to mind, except that the falling of bodies has already taken place, we see the result. It is a world-prison, a total confinement. It's a nightmare where it might be sufficient to awaken to return to reality. But it is difficult to tear the grip of a dream and perhaps is it safer not to risk anything.

I have quite experienced in this and it is the upper opening which brought me a satisfactory solution, as it helps to lighten the mood by suggesting a way out as the door seems doomed because stuck among the bodies. However, as it is glazed, it may be forced, but this is a misleading result because everything converges upwards, so that's where the real opening is. What interests me here too, is to switch of a horizontal surface up to the vertical: the body of the upper half should logically be smaller than those of the bottom which is not the case here, but the prospective is indicated by the diagonals which logically meet in the female figure. This creates a tension and a distortion from straight lines to curved ones, suggesting a circular, hollow space. Does my rereading of Arnheim stimulate me?

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

13/10/16

  02:45:00 pm, by   , 432 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Emotions

Le visage est défait ou plutôt rafistolé, ce qui revient au même. Il est déformé par la peur, en contradiction avec les pavots rouges qui ornent sa tête. Il éclate. Mais que vient y faire cette fille au doigt levé qui crie – elle se fond dans le visage tout en gardant sa propre existence.  Exprime-t-elle ce que le grand visage n’arrive pas à exprimer ? Sa pose est du domaine de la provocation et ses attitudes ne signifient en fait rien du tout, il s’agit de gestes sans rapport avec un réel vécu, ils servent à l’affirmation de soi face à un public ou à une caméra. En revanche, la femme derrière elle est bouleversée mais sans exhibitionnisme. Le vrai chagrin, la vraie rage se cache, ne veut point être observée ni filmée. Si l’on se réfère aux femmes qui pleurent chez Picasso, on constate qu’elles suscitent de la gêne chez le spectateur, car elles sont en train de se défaire, devenant laides, sans défense. Ou alors elles agressent le spectateur par la violence de leur expression. L’interprétation habituelle est qu’elles constituent une réaction aux horreurs de la guerre civile. C’est sans doute vrai. Mais il n’y a pas que cela : il y a aussi le jeu des déformations qui peut s’y exprimer bien plus librement que dans le portrait d’une belle jeune femme heureuse. Ici, tout est permis !

 Poppy, collage 521-16

 

The face is defeated or rather patched, which is the same. It is distorted by fear, in contradiction with the red poppies that adorn her head. It bursts. But what does here this girl with her raised finger shouting - it melts in the face while keeping its own existence. Does she express what the great face does not express? Her pose is provocation and her attitudes actually do not mean anything, her gestures are unrelated to real life, they serve for assertiveness in front of an audience or a camera. However, the woman behind her is shattered but without exhibitionism. The real grief, the real rage hides, it does not want to be seen or filmed. If one refers to Picasso’s weeping women, we find they cause discomfort in the viewer because they are beginning to unravel, becoming ugly, defenseless. Or they assault the viewer by the violence of their expression. The usual interpretation is that they are a reaction to the horrors of the civil war. This is undoubtedly true. But there is not just that: it is also the game of deformations that can express themselves more freely than in the portrait of a happy and beautiful young woman. Here, anything goes!

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

12/10/16

  04:03:00 pm, by   , 360 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Le goût de l'aventure - The thirst for adventure

C’est censé être l’aventure au guidon d’un vélo, en sortant de la ville qu’on transporte avec soi. Mais   le véhicule est embourbé, la femme a les deux pieds par terre. La progression est arrêtée, c’est bloqué. Il y a cependant le désir de s’arracher, de s’élever le plus haut possible, même si cela reste au niveau de la pensée. La femme semble humer un peu de l’air d’aventure.  L’autre personnage à la casquette d’ouvrier est passif, il se fait véhiculer, ses jambes ont raccourci et il occupe la place d’un chien ou d’un chat dans ce panier. D’ailleurs la femme le tient de son bras protecteur. Il reste un passager passif. Un 3e personnage se tient au fond et semble enjamber une colline. Il marque un moment d’hésitation : J’y vais ou pas ? Il est seul et regarde vers un possible avenir, alors que les 2 autres demeurent accrochés à leur passé gris et pluvieux. L’avenir n’est pas forcément radieux – il y a d’ailleurs des nuages de pluie dans ce ciel, mais ils peuvent passer et dégager le ciel. Qui sait ?

 

 

It's supposed to be the adventure riding a bike, going out of town that one carries with oneself. But the vehicle is stuck, the woman has both feet on the ground. The progression is stopped, it is blocked. There is however a desire to snatch, to rise as high as possible, even if it remains at the level of thought. The woman seems to breathe a little air of adventure. The other character with the worker cap is passive, is conveyed, his legs shortened and occupies the place of a dog or cat in the basket. Besides the woman holds him by her protective arm. He remains a passive passenger. A third character stands in the background and seems to step over a hill. He marks a moment of hesitation: Shall I go or not? He is alone and looks toward a possible future, while the other 2 are still clinging to their gray and wet past. The future may not be bright - there are rain clouds in the sky for sure, but they pass by and clear the sky. Who knows?

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

  10:37:00 am, by   , 324 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Immigration

Ce collage a été long à venir.  Partant du fond, j’avais tout d’abord laissé l’image de la statue de la liberté à droite. Cette place est occupée par un visage à l’œil illuminé et la main fait un geste ambigu. Est- ce qu’elle bénit ou est-ce qu’il repousse les gens qui débarquent ? Une piste pourrait être la « tonsure » blanche, mais la « barbe » pourrait faire allusion à des islamistes. Le débarquement des va-nu-pieds contraste avec l’orgueilleuse skyline. Mais tant les gratte-ciel que les arrivants cherchent à atteindre la partie supérieure, qui, selon R. Arnheim, signifie la liberté.  Le geste de la main constitue-t-il alors une tentative d’arrêter cette venue ? Pourtant cette ville est née de l’immigration. Avant, il n’y avait rien. L’Amérique actuelle n’existe que grâce à l’arrivée des immigrants. Il faut donc porter son regard vers le passé (le profil tourné vers la gauche) pour voir toutes ces vagues d’arrivants qui sont au centre de tout cela – au propre comme au figuré.

 

 

This collage was long in coming. Starting from the bottom, I had first maintained the image of the Statue of Liberty to the right. This place is occupied now by the figure with the enlightened eye and whose hand makes an ambiguous gesture. Does it bless or repel the people who land? One option could be the white "tonsure", but the "beard" could hint to the Islamists. The landing of the bare-feet contrasts with the proud skyline. But both the sky-scrapers and the immigrants seek to reach the top, which, according to R. Arnheim, means freedom. Is the hand gesture then an attempt to stop this coming? And yet this city was born of immigration. Before, there was nothing. The current America exists only thanks to the arrival of immigrants. We must therefore focus our gaze to the past (the profile facing left) to see all these arrival waves that are at the center of it all - literally as well as figuratively.

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

03/10/16

  08:01:00 am, by   , 498 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

ON THE RUN ( LA FUITE)

Aujourd’hui, un collage où j’ai l’impression d’avoir été audacieux. J’ai voulu introduire un élément incongru, dessiné, relativement plat dans un espace profond, tout en donnant du sens à l’ensemble.

Je suis parti de l’idée d’utiliser les figures de la Danse de Matisse qui, par ailleurs, ne sont pas totalement plats. Il y a en effet des ombres dans les têtes par ex. et les lignes suggèrent le volume. Après un découpage aux petits ciseaux j’ai choisi un fond dont ne subsiste pas grand-chose, mais qui évoque les victimes de l’attentat de Nice. Après, les morceaux se sont ajoutés l’un après l’autre jusqu’à ce que le thème se précise : deux mondes, reliés par des gens qui courent en haut de l’image.

Ce que je trouve intéressant, c’est l’apparent désordre dans l’image dans sa partie gauche – en fait on dirait presque l’origine des fuyards, à droite, est plus tranquille que le monde dans lequel ils débarquent, si l’on fait abstraction de ce qui se passe à Alep. Ici, j’ai plutôt pensé à l’hécatombe en Méditerranée, aux traversées périlleuses etc. Mais d’autres associations sont également possibles comme par ex. les images de vie tranquille et l’agitation, le fait d’essayer de surmonter tous les obstacles et l’échec de certains qui tombent en masse, les tenues des hommes et des femmes…

Je vois cette composition assez grande, dans les 4m de long env., l’espace réduit du collage ne lui permet pas de se déployer comme je le voudrais. A toi, spectateur, de faire le travail en imagination.

 

Today, a collage where I feel I have been bold. I wanted to introduce an incongruous element -drawn, relatively flat -  in a deep space, while giving meaning to the whole.

I started from the idea of using the figures of Matisse's Dance, which, moreover, are not completely flat. There are indeed shadows in the heads eg. and lines suggest volume. After cutting out the figures with small scissors I chose a background that does not remain much, but evoking the victims of the attack in Nice.  After the pieces were added one by one until the theme became precise: two worlds, connected by people running at the top of the image.

What I find interesting is the apparent disorder in the image on its left side - in fact it's almost like the origin of the fugitives, on the right, is quieter than the world in which they land, if we ignore what is happening in Aleppo. Here I rather thought of the carnage in the Mediterranean, the perilous crossings etc. But other associations are also possible as such:  quiet life images and agitation, the fact of trying to overcome all the obstacles and the failure of some falling en masse, the way men and women are dressed ...

 I see this as a rather large composition of 4m approx., the reduced space of the collage does not allow it to unfold as I would like. It’s up to you, the viewer, to do the job in imagination.

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

02/10/16

  03:03:00 pm, by   , 436 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Danse de la Mort

Cette image est venue progressivement. Partie d’une pub Chanel, j’ai petit à petit recouvert l’image originelle dont il ne subsiste que des robes blanches et des bouts en vert et rouge. Au début, j’ai voulu « placer » le visage aux incisives géantes qui m’avaient fait penser à une tête de mort (d’où le titre de Danse des morts, mais j’ai bien vu que cette tête était trop importante et qu’elle jurait avec les robes blanches. La petite scène de guerre en haut m’a permis de « tirer » l’image vers l’actualité syrienne. Ce n’est qu’en observant bien l’image, que j’ai vu que cette scène pouvait faire penser à un visage – une sorte de négatif de la tête de mort. Je lui ai donc offert une paire de jambes. Restait cette grande tête noire. Après plusieurs essais, j’ai opté pour de cheveux blancs, ce qui augmente la dominante blanche. Voilà, à quelques détails près, la généalogie de l’image.

C’est une espèce de ballet qui se joue ici pendant une attaque. Le personnage assis est le miroir de tout cela. Je suis tenté de m’identifier à lui, car j’ai vécu les années de guerre en observateur passif. Mais les images se sont gravées dans ma mémoire. La guerre semble ici absurde, incompréhensible, mais spectaculaire. Cette immense tête semble jaillir de nulle part, comme un spectre ricanant.

 

Dance of the Dead

This image came gradually. Part of a Chanel ad, I gradually covered the original image of which there remain only white dresses and red and green tips. At first, I wanted to "place" the face with giant incisors that had made me think of a death's head (hence the title of the Dead dance, but I saw that the head was too large and it clashed with the white robes. The small war scene on the top allowed me to "pull" the image to the Syrian news. Only by observing the image with attention, I discovered that this scene could suggest a face - a sort of a negative of the skull, so I offered him a pair of legs. Remained this great black head.  After several tries, I opted for white hair which increases the dominant white. This is, roughly, the genealogy of the image.

 

It is a kind of ballet that performs during an attack. The seated figure is the mirror of all that. I'm tempted to identify with him because I lived the war years as a passive observer. But the images are engraved in my memory. The war here seems absurd, incomprehensible, but spectacular. This huge head seems to spring as if from nowhere, like a sneering spectrum.

You must be logged in to see the comments. Log in now!


Form is loading...

1 2 ...3 ... 5 ...7 ...8 9 10 11 12 ... 31

October 2019
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
 << <   > >>
Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

Search

  XML Feeds

powered by b2evolution