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14.12.16

  12:20:00 pm, by   , 738 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Photomontage: a new adventure

I’m on a series of self-portraits as photomontages. What interests me is being able to compose directly during the shooting. Thus I can superimpose different plans as I wish. Using the self-portrait as a guideline allows me to work on a phenomenon that I have been experiencing over the last few years: aging. It is like a return to the clay of which we are supposed to have emerged. This decomposition of my face presages an ultimate transformation that can assume many forms. I can even conceive through these images a kind of survival, numberless avatars. They may be pictures of modesty - I'm getting old, I'm going to become earth... or of pride: I'm going to survive, I'm in the center of creation, even if it's only a small square of soil. And I catch all kinds of expressions that I would probably never see without this subterfuge. Often the composition is made from a banal pattern that I photograph, then I turn the camera against me to take my face, estimating the inclination of the objective pointed at me.

However, the collage remains to me indispensable to comment on the world, to situate myself in acting on the images without any hindrance. Often my collages can cause uneasiness by the violence of the twists I inflict on the bodies, but the expression is at this price, I believe, and I am following in this my master Picasso.

My first tests date from November 2016, during a coaching of a student who was making double exposures with a Lomo. I wanted to try it out and my first trials impressed me to the point of adopting this technique. For a long time, I have picked up blurred reflections in windows, often of myself. Multiple exposure allows me to deepen this technique which is similar to collage: it is as if my collages were melting more, that the joints became less visible. As a result the image becomes more unified and the viewer has less recomposition work to do. As I also try other compositions at a glance it marks my return to the street! But above all, it is playful and spontaneous. There is no planning. Rather a red thread that goes from one shot to another.

 me

Je commence une série d’autoportraits, sous forme de photomontages. Ce qui m’intéresse, c’est de pouvoir composer directement pendant la prise de vue. Je peux ainsi superposer différents plans à ma guise. Le fait d’utiliser l’autoportrait comme fil conducteur me permet de travailler sur un phénomène que je vis fortement depuis quelques années : le vieillissement. C’est comme un retour à la terre dont on est censé avoir émergé. Cette décomposition de mon visage présage une transformation ultime qui peut revêtir bien des formes.  Je peux même concevoir à travers ces images une sorte de survivance, des avatars sans nombre. Ce sont donc des images de modestie – je vieillis, je vais devenir terre… ou d’orgueil : je vais survivre, je suis au centre de la création, même s’il ne s’agit que d’un petit carré de sol. Et je capte toutes sortes d’expressions que je ne verrais sans doute jamais sans ce subterfuge. Souvent la composition se fait à partir d’un motif banal que je photographie, puis je retourne l’appareil contre moi pour prendre mon visage au jugé, en estimant l’inclinaison de l’objectif braqué sur moi.

Cependant, le collage me reste indispensable pour commenter le monde, de me situer dedans d’agir sur les images sans entrave aucune. Souvent mes collages peuvent susciter le malaise par la violence des torsions que j’inflige aux corps, mais l’expression est à ce prix je crois et je suis en cela mon maître Picasso.

Mes premiers essais datent de novembre 2016, d’un coaching d’une étudiante qui faisait des superpositions avec un Lomo. J’ai voulu essayer et mes premiers essais m’ont impressionné au point d’adopter ce procédé. Depuis longtemps, je capte des reflets, souvent de moi-même, qui se brouillent dans des vitres. L’exposition multiple m’a permis d’approfondir ce procédé qui s’apparente au collage : c’est comme si mes collages se fondaient davantage, que les jointures devenaient moins visibles. Du coup l’image devient plus unifiée et le spectateur a moins de travail de recomposition à faire.  Comme je tente aussi d’autres compositions au vol c’est le retour à la rue ! Mais avant tout, c’est ludique et spontané. Il n’y a pas de planification. Plutôt un fil rouge qui va d’une prise de vue à l’autre.

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25.11.16

  05:26:00 pm, by   , 897 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

MASKS - MASQUES



Looking at this collage again, a few days from its creation, I cannot refrain from making a connection with my mother. Indeed, her main concern seemed to present a perfect facade that was supposed to correspond to the current canons of her environment. Hence her terror of humidity that would make her hair curl, she would even force them into a hairnet to prevent them from betraying her exotic origin. Hiding behind an impeccable facade. Be undetectable. Was she not afraid that one of her friends could guess her origin as a pariah? Had not her own mother took the habit of hiding her yellow star under the back of her coat? Another aspect of this concern to succeed socially, to be like those of her environment is the fact that my father seems to have forced her to assume a role of social representation, not without her tears, according to their own statements. That means a double penalty. Already her own father was, as my half-sister told me, a real tyrant. Is happiness thus possible? Perhaps, but keeping a secret inner garden that grows out of sight. This, I think, has hardly been her case. And when she realized that I was going the opposite way from what her "life" was, she had to be worried, especially since her brother had been banned by her own father for being an actor, a painter and a communist. But she never told me. Thus I always imagined that she had a preference for my brother who, although being a rather difficult character, presented a smoother image in society, choosing the paternal path of business. In my own collages, the theme of the mask is recurring.

 

No doubt, because I never believed in the success of the maternal strategy. In any case, everybody "knew" her origins, curly hair or not. Assimilation was based on a lie - on both sides. For her, it was to disappear behind a mask, to act in a play. And the context has pulled it off and stigmatized her for her origins. It was only on the eve of her death that she told me that what she had loved above all, when she was young, was drawing. But, as I have written elsewhere, she never hung up any work of mine in her house - undoubtedly too personal in comparison with the engravings of Redouté roses which adorned the walls. Now, in hindsight, I have the impression that she was essentially a victim of her time and her bourgeois milieu, and even of her marriage, in which the sensitivity and timid aspirations of a young Jewish woman weren’t encouraged.

 

 

En regardant ce collage une nouvelle fois, à quelques jours de sa création, je ne peux pas m’empêcher de faire un lien avec ma mère. En effet, sa préoccupation principale semblait avoir été de présenter une façade parfaite qui était censée correspondre aux canons en vigueur de son milieu. D’où sa terreur de l’humidité qui faisait friser ses cheveux, allant jusqu’à les forcer dans un filet pour les empêcher de trahir son origine exotique. Se cacher derrière une façade impeccable. Etre indétectable. N’avait-elle pas peur qu’une de ses amies puisse deviner son origine de paria ? Sa propre mère n’avait-elle pas pour habitude de cacher son étoile jaune sous le revers de son manteau ? Un autre aspect de ce souci de réussir socialement, d’être comme celles de son milieu est le fait que mon père semble l’avoir forcée à assumer un rôle de représentation sociale, non sans pleurs, selon leurs propres dires à eux deux. C’est la double peine en sorte. Déjà son propre père était, selon ma demi-sœur un véritable tyran. Le bonheur est-il possible ainsi ? Peut-être, mais en gardant un jardin intérieur secret qu’on cultive à l’abri des regards. Or cela n’a guère été son cas, il me semble. Et quand elle s’est aperçue que je prenais le chemin inverse de ce qu’était sa « vie », elle a dû être inquiète, d’autant plus que son propre frère avait été banni par son propre père pour avoir été acteur, peintre et communiste. Mais elle ne me l’a jamais dit. Du coup, je me suis toujours imaginé qu’elle avait une préférence pour mon frère qui, bien qu’étant plutôt caractériel, présentait une image plus lisse en société, choisissant la voie paternelle des affaires. Dans mes propres collages, le thème du masque est récurrent.

 

Sans doute, parce que je n’ai jamais cru à la réussite de la stratégie maternelle. De toute façon, tout le monde « savait » quelles étaient ses origines, cheveux frisés ou pas. L’assimilation était basée sur un mensonge – de part et d’autre. Chez elle, c’était de disparaître derrière un masque, de jouer dans une pièce de théâtre. Et le contexte lui a ôté celui-ci et l’a stigmatisée pour ses origines. Ce n’est qu’à la veille de sa mort qu’elle m’a confié que ce qu’elle avait aimé par-dessus tout, jadis, quand elle était jeune, c’était le dessin. Mais, comme je l’ai écrit ailleurs, jamais elle n’a accroché la moindre œuvre à moi chez elle – trop personnel sans doute par rapport aux gravures de roses Redouté qui ornaient les murs chez nous. Maintenant, avec le recul, j’ai l’impression qu’elle a été essentiellement victime de son époque et de son milieu bourgeois, voire de son mariage où la sensibilité et les aspirations timides d’une jeune femme juive ne trouvaient guère d’encouragements.

 

 

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10.11.16

  10:08:00 am, by   , 548 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

The clown

Cette nuit, j’ai compris tout d’un coup qu’il y avait un lien entre mon selfie et ce collage : le clown. En effet, depuis toujours, je m’amuse à faire des autoportraits clownesques, car je sais bien qu’il s’agit de masques. La photo est venue lors d’une projection vidéo dans mon workshop : je me suis glissé entre le beamer et l’écran et ai cherché à placer le rond sur mon œil. Ce dernier est mon outil de création outre sa fonction de rapport au monde. Quant aux couleurs, mes premiers tableaux, à l’âge de 15 ans, ont été des visages moitié rouges moitié turquoise. Et mon polo m’a été offert par mes collègues à l’occasion de ma retraite, car ils m’avaient imaginé comme un artiste bariolé. D’autres éléments de la photo pourraient faire penser à un esprit vif, à une kippa, à la maladie et Dieu sait quoi d’autre. Le collage présente les mêmes couleurs primaires, avec une tête de clown et un habit chamarré, me faisant penser à un général napoléonien. C’est un visage hybride, plus énigmatique que le mien, mais l’attitude dénote un certain pouvoir. Et je me suis dit cette nuit que j’étais peut-être un dictateur, oui, mais fragile. Il n’y a qu’à regarder le visage et les jambes. Et ma « monture » semble s’en désintéresser au plus haut point. Ou est-ce qu’elle se lamente devant tant de prétention ?  Voilà ce que ce collage semble me dire, alors que j’ai pensé tout d’abord à une représentation de Trump et à son rapport aux femmes. En regardant mon selfie une nouvelle fois, je me dis que je suis un drôle de type, et que c’est par l’humour que j’arrive à mieux voir en moi.

 



 




This night, I realized suddenly that there was a link between my selfie and my collage: the clown. Since always, I have fun doing clownish self-portraits because I know well that these are mere masks. The picture came during a video projection in my workshop: I slipped between the projector and the screen and have sought to place the ring on my eye which is my creation tool besides being the tool for my relationship with the outside world. As for the colors, my first paintings at the age of 15 years were faces which were half red half turquoise. And my polo was offered to me by my colleagues on the occasion of my retirement as they had imagined me as a colorful artist. Other elements of the picture might suggest a quick mind, a kippa, sickness and God knows what else. The collage has the same primary colors with a clown's head and a laced coat, making me think of a Napoleonic general. It is a hybrid face, more enigmatic than mine, but the attitude denotes a certain power. And I said to myself that night that I was perhaps a dictator, yes, but a fragile one. One has only to look at the face and legs. And my "horse" seems uninterested in the highest degree. Or does she lament before such claim? That's what this collage seems to tell me, when I first thought about a representation of Trump and his relationship to women. Looking at my selfie again, I think I'm a funny guy, and that I can better see myself through humor.

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04.11.16

  08:23:00 am, by   , 835 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

1946

En fait mes plus anciens souvenirs sont extrêmement vagues. De notre séjour à E. je ne me souviens que du fait qu’on était logés sous le toit, mon frère et moi, et que mon lit se trouvait près de la porte, à côté du poêle. Je me souviens du jardin, du grand terrain vide et du restaurant au milieu du village. Peu d’autres souvenirs à part ceux que j’ai déjà évoqué auparavant : les avions, l’attaque nocturne, la ruée vers l’abri quand une bombe a éclaté pendant le repas dominical au restaurant du village. Avais-je le droit d’aller dans cet abri ? Normalement, ils étaient interdits aux Juifs. Je ne sais pas et je ne sais plus si j’y suis allé, sauf que le fait de ne pas aimer être cantonné dans un sous-sol me laisse supposer que j’ai dû y aller plus d’une fois. Les témoins que je pourrais interroger sont malheureusement morts. Même de ma vie dans le grand appartement à Hanovre, dès 1945, j’ai peu de souvenirs précis autres que les lieux et certaines situations.

J’en conclus que j’ai vécu mon enfance comme dans un rêve, que j’étais davantage tourné vers mon intérieur que vers ce qui m’entourait. Et même mon adolescence me paraît assez brumeuse au point de ne plus guère me souvenir des noms de mes camarades de classe, un peu comme si je voyais alors le monde dans un faisceau de lumière étroit qui laissait bien des choses sans l’ombre.  Et je ne me rappelle non plus mes rêveries. Par contre, je sais que je dévorais les livres et que j’étais capable de faire des nuits blanches pour les finir.

Ce collage est une tentative de recréer l’ambiance qui pouvait régner quand je devais faire la sieste (obligatoire) ou durant une bonne crève accompagnée de vraie ou prétendue fièvre. Il est vrai que je chérissais ces moments où mon esprit pouvait divaguer sans être dérangé par un adulte. Car le monde alentour était peu rassurant et les enfants (y compris mon frère) souvent cruels avec moi.  A l’adolescence, je ne craignais plus le monde, je m’intéressais à beaucoup de choses, mais l’école ressemblait toujours à une prison dont les profs étaient les garde-chiourmes et mes compagnons d’infortune une masse relativement indifférenciée dont émergeaient quelques amis. Voilà pourquoi elle n’a pas d’importance dans mon curriculum, à la différence d’autres personnes qui l’ont vécue comme stimulante et enrichissante. On voit bien dans cette image combien le monde pouvait être menaçant et que le lit constituait un refuge tout relatif bien que relié au plaisir sexuel naissant.



In fact my earliest memories are extremely vague. From our stay in E. I only remember that we were housed under the roof, my brother and I, and my bed was near to the door, next to the stove. I remember the garden, the large empty lot and the restaurant in the village. Few other memories to share except those I have already mentioned before: airplanes, night attack, the rush to the shelter when a bomb exploded during dinner one sunday at the village restaurant. Did I have the right to stay in this shelter? Normally, they were forbidden to Jews. I do not know and I do not know if I was there, except the fact of not liking to be confined to a basement suggests to me that I had to go there more than once. Witnesses whom may I ask are unfortunately dead. Even of my life in the large apartment in Hanover from 1945 on, I have few memories other than specific places and situations.

I conclude that I spent my childhood in a dream, I was more focused on my inner world than to my surroundings. Even my teenage seems rather hazy as I can hardly remember the names of my classmates, as if I then saw the world in a narrow beam of light that left many things in the dark. And I do not remember my daydreams either. For cons, I know that I devoured the books and I spent sleepless nights to get to the last page.

 

This collage is an attempt to recreate the atmosphere that could rule when I had to take a nap (required) or a good flue accompanied by real or alleged fever. It is true that I cherished those moments when my mind could wander without being disturbed by an adult. Because the world around was not very reassuring and children (including my brother) often cruel to me. As a teenager, I no longer feared the world, I was interested in many things, but the school still looked like a prison whose teachers were watchdogs and my companions in misfortune a relatively undifferentiated mass from which emerged some friends. That's why it does not matter in my curriculum, unlike other people who lived it as challenging and rewarding. We can see in this image how the world could be threatening and how the bed was an all relative refuge though connected to the nascent sexual pleasure.

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30.10.16

  10:58:00 am, by   , 685 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Brushes vs. scissors /Pinceaux vs. ciseaux

Pinceaux vs. ciseaux

Il y a 16 années, au tournant du millénaire, je me suis posé la question du sens et de la valeur de ma création. Il m’est apparu alors que c’est dans la maison collage que je me sentais le plus à l’aise. Il faut dire que je collais depuis 1967 déjà, à l’issue d’une crise d’inspiration qui avait duré pendant plus d’une année. Ce n’est point la question formelle qui me paralysait, mais bien celle du sens de ce que je créais. Je regardais le monde évoluer vite et ma peinture stagner. Elle me paraissait insignifiante. Il faut dire que les années passées à l’Ecole des Beaux-Arts avaient endormi le véritable créateur en moi. J’ai toujours été un rêveur, et dès mes débuts d’autodidacte, j’ai essayé de créer des images qui venaient spontanément. L’école a mis un terme à ce processus au profit d’un apprentissage purement formel. Je pense pouvoir dire que cela m’a déconnecté de mon monde intérieur. Ne pouvant plus créer comme par ex. un créateur d’art brut, j’ai été « sauvé » par la manipulation d’images imprimées, dont le lien avec le monde ou l’actualité était évident. Cela satisfaisait à la fois le besoin d’être connecté au monde « réel » et celui de pouvoir rêver en manipulant les images comme dans un rêve éveillé. Le collage - ou plutôt photomontage -  m’a reconnecté à mon monde intérieur et est devenu dès lors mon unique source d’inspiration. Toutes les toiles faites depuis 1967 ont été faites d’après collage. Mais on me disait que pour pouvoir exposer et vendre, je DEVAIS PEINDRE. C’est en comprenant l’ineptie de cette voie (cela ne m’a pas fait vendre du tout !) que j’ai finalement posé les pinceaux. Le seul aspect « négatif » qu’entraîne ce choix est la dimension forcément réduite de mes œuvres. J’ai essayé de contourner la difficulté en intervenant sur des affiches dans la rue, mais les possibilités créatives en étaient trop restreintes à mon goût.  Et puis, une gravure des Caprices de Goya ne vaut-elle pas des km carrés de toiles barbouillées ? C’est la densité de l’œuvre qui compte, pas son étendue. Et depuis que j’ai trouvé ce moyen de création, mon imagination n’a plus jamais été en panne et ma joie de créer reste constante.

 

 

Brushes vs. Scissors

16 years ago, at the turn of the millennium, I asked myself the question of the meaning and value of my creation. It occurred to me then that in the house I felt the most comfortable was collage. I must say that I make collages ever since 1967, following a crisis of inspiration that had lasted for over a year. It is not the formal question that paralyzed me, but the sense of what I was creating. I watched the world evolve quickly and my painting stagnate. It seemed insignificant. I must say that the years spent at the School of Fine Arts had fallen asleep the true creator in me. I've always been a dreamer, and since my self-taught beginnings, I tried to create images that came spontaneously. The school has put an end to this process in favor of a purely formal learning. I think I can say that I disconnected from my inner world. Unable to create as such. Unable to create like for ex. An outsider art artist, I was "saved" by the manipulation of printed images, whose link with the world or the news was obvious. This satisfied both the need to be connected to the "real" world and to be able to dream by manipulating images as in a waking dream. By making collages - or better photomontages - I reconnected with my inner world and they became therefore my only source of inspiration. All paintings made in 1967 were made by from collage. But I was told that to display and sell, I HAD TO PAINT. By understanding the ineptitude of this path (it did not make me sell at all!) I finally laid the brushes. The only "negative" aspect entails that the choice is necessarily the small size of my works. I tried to get around the difficulty by intervening on posters in the street, but the creative possibilities 


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19.10.16

  05:08:00 pm, by   , 358 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Tête-bêche - Head over tail

 

Dans cette image, le départ a été la juxtaposition de 2 paysages, tête-bêche, avec toute la difficulté qui découle du fait d’avoir un ciel en bas. Du coup, tout ce qui est solide devient léger et commence à flotter en l’air, à la manière d’un ballon. Effet exploité par Magritte qui fait léviter un rocher par ex. Ici, j’ai essayé d’alourdir la partie supérieure de sorte qu’elle donne l’impression de redescendre. Le personnage central semble vouloir tenir en place cette masse rocheuse en suspension, mais il est lui-même dépourvu d’une base solide. Les deux mains qui pourraient faire figure de jambes tiennent en fait un écrit dont le personnage semble être l’émanation. Je pense à Énée et à Atlas. Le temple en haut à gauche est khmer, mais les restes d’un château et la montagne brouillent les pistes. Nous sommes dans un monde fictif avec des indices variés, un peu comme si une peinture de Mantegna s’était déréglée.  Finalement, je dirai qu’il s’agit d’un monde instable, maintenu à bout de bras par un humain hybride à qui il faut peut-être rappeler les grands principes universels.

 

 

In this image, the start was the juxtaposition of two landscapes, head to tail, with the difficulty that arises from having the sky at the bottom. So, all that is solid becomes light and begins to float in the air, like a balloon. Effect exploited by Magritte who makes levitate a rock for example. Here I have tried to become top-heavy so it gives the impression to come down. The central character seems to hold up this rocky mass suspension, but is itself devoid of a solid foundation. Both hands that could figure legs hold in fact a writing of which the character seems to be the emanation. I think about Aeneas and Atlas. The top left is a Khmer temple, but the remains of a castle and mountains cover the tracks. We are in a fictional world with various clues, a bit like a Mantegna painting gone mad. Finally, I will say that this is an unstable world, held perhaps at arm's length by a hybrid human to whom we must remember the great universal principles.

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14.10.16

  09:36:00 pm, by   , 549 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

La montée - The rise

 

Tout le monde dort dans un espace rempli de corps. Seules échappatoires : à gauche où semble s’offrir une porte et en haut où on voit une ouverture vers le ciel. Une femme semble d’ailleurs en écarter les bords comme un rideau de théâtre. Mais elle est la seule à regarder dehors. 5 grandes dents coupent l’image, sans doute une allusion à l’enfer, car il est souvent représenté ainsi au Moyen-Âge. Le Jugement dernier vient également à l’esprit, sauf qu’ici la chute des corps a déjà eu lieu, nous en voyons le résultat. C’est une prison-monde, un enfermement total. C’est un cauchemar dont il suffirait peut-être de s’éveiller pour revenir dans la réalité. Mais il est difficile de s’arracher à l’emprise d’un songe et peut-être est-il plus sûr de ne pas s’y risquer.

J’ai pas mal expérimenté dans cette image et c’est l’ouverture en haut qui m’a apporté une solution satisfaisante, car elle contribue à alléger l’ambiance en suggérant une issue possible alors que la porte semble condamnée, car coincée parmi les corps. Cependant, comme elle est vitrée, elle pourrait être forcée, mais il s’agit d’une issue trompeuse, car tout converge vers le haut, c’est donc là la vraie ouverture. Ce qui m’intéresse ici aussi, c’est de basculer une surface horizontale vue d’en haut à la verticale : les corps de la moitié supérieure devraient logiquement être plus petits que ceux du bas ce qui n’est pas le cas ici, mais la perspective est indiquée par les diagonales qui se rejoignent logiquement dans la figure féminine. Cela crée une tension et une déformation des droites vers des courbes, suggérant un espace circulaire, creux. Est-ce ma relecture d’Arnheim qui me stimule ?

 

Everyone sleeps in a space filled with bodies. Only loopholes: left where seems a door is tempting and upstairs where we see an opening to the sky. A woman also seems to pull the edges like a theater curtain. But she is the only one looking out. 5 large teeth cut image, probably a reference to hell, because it is often represented in this way in the Middle Ages. The Judgment also comes to mind, except that the falling of bodies has already taken place, we see the result. It is a world-prison, a total confinement. It's a nightmare where it might be sufficient to awaken to return to reality. But it is difficult to tear the grip of a dream and perhaps is it safer not to risk anything.

I have quite experienced in this and it is the upper opening which brought me a satisfactory solution, as it helps to lighten the mood by suggesting a way out as the door seems doomed because stuck among the bodies. However, as it is glazed, it may be forced, but this is a misleading result because everything converges upwards, so that's where the real opening is. What interests me here too, is to switch of a horizontal surface up to the vertical: the body of the upper half should logically be smaller than those of the bottom which is not the case here, but the prospective is indicated by the diagonals which logically meet in the female figure. This creates a tension and a distortion from straight lines to curved ones, suggesting a circular, hollow space. Does my rereading of Arnheim stimulate me?

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13.10.16

  02:45:00 pm, by   , 432 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Emotions

Le visage est défait ou plutôt rafistolé, ce qui revient au même. Il est déformé par la peur, en contradiction avec les pavots rouges qui ornent sa tête. Il éclate. Mais que vient y faire cette fille au doigt levé qui crie – elle se fond dans le visage tout en gardant sa propre existence.  Exprime-t-elle ce que le grand visage n’arrive pas à exprimer ? Sa pose est du domaine de la provocation et ses attitudes ne signifient en fait rien du tout, il s’agit de gestes sans rapport avec un réel vécu, ils servent à l’affirmation de soi face à un public ou à une caméra. En revanche, la femme derrière elle est bouleversée mais sans exhibitionnisme. Le vrai chagrin, la vraie rage se cache, ne veut point être observée ni filmée. Si l’on se réfère aux femmes qui pleurent chez Picasso, on constate qu’elles suscitent de la gêne chez le spectateur, car elles sont en train de se défaire, devenant laides, sans défense. Ou alors elles agressent le spectateur par la violence de leur expression. L’interprétation habituelle est qu’elles constituent une réaction aux horreurs de la guerre civile. C’est sans doute vrai. Mais il n’y a pas que cela : il y a aussi le jeu des déformations qui peut s’y exprimer bien plus librement que dans le portrait d’une belle jeune femme heureuse. Ici, tout est permis !

 Poppy, collage 521-16

 

The face is defeated or rather patched, which is the same. It is distorted by fear, in contradiction with the red poppies that adorn her head. It bursts. But what does here this girl with her raised finger shouting - it melts in the face while keeping its own existence. Does she express what the great face does not express? Her pose is provocation and her attitudes actually do not mean anything, her gestures are unrelated to real life, they serve for assertiveness in front of an audience or a camera. However, the woman behind her is shattered but without exhibitionism. The real grief, the real rage hides, it does not want to be seen or filmed. If one refers to Picasso’s weeping women, we find they cause discomfort in the viewer because they are beginning to unravel, becoming ugly, defenseless. Or they assault the viewer by the violence of their expression. The usual interpretation is that they are a reaction to the horrors of the civil war. This is undoubtedly true. But there is not just that: it is also the game of deformations that can express themselves more freely than in the portrait of a happy and beautiful young woman. Here, anything goes!

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12.10.16

  04:03:00 pm, by   , 360 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Le goût de l'aventure - The thirst for adventure

C’est censé être l’aventure au guidon d’un vélo, en sortant de la ville qu’on transporte avec soi. Mais   le véhicule est embourbé, la femme a les deux pieds par terre. La progression est arrêtée, c’est bloqué. Il y a cependant le désir de s’arracher, de s’élever le plus haut possible, même si cela reste au niveau de la pensée. La femme semble humer un peu de l’air d’aventure.  L’autre personnage à la casquette d’ouvrier est passif, il se fait véhiculer, ses jambes ont raccourci et il occupe la place d’un chien ou d’un chat dans ce panier. D’ailleurs la femme le tient de son bras protecteur. Il reste un passager passif. Un 3e personnage se tient au fond et semble enjamber une colline. Il marque un moment d’hésitation : J’y vais ou pas ? Il est seul et regarde vers un possible avenir, alors que les 2 autres demeurent accrochés à leur passé gris et pluvieux. L’avenir n’est pas forcément radieux – il y a d’ailleurs des nuages de pluie dans ce ciel, mais ils peuvent passer et dégager le ciel. Qui sait ?

 

 

It's supposed to be the adventure riding a bike, going out of town that one carries with oneself. But the vehicle is stuck, the woman has both feet on the ground. The progression is stopped, it is blocked. There is however a desire to snatch, to rise as high as possible, even if it remains at the level of thought. The woman seems to breathe a little air of adventure. The other character with the worker cap is passive, is conveyed, his legs shortened and occupies the place of a dog or cat in the basket. Besides the woman holds him by her protective arm. He remains a passive passenger. A third character stands in the background and seems to step over a hill. He marks a moment of hesitation: Shall I go or not? He is alone and looks toward a possible future, while the other 2 are still clinging to their gray and wet past. The future may not be bright - there are rain clouds in the sky for sure, but they pass by and clear the sky. Who knows?

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  10:37:00 am, by   , 324 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Immigration

Ce collage a été long à venir.  Partant du fond, j’avais tout d’abord laissé l’image de la statue de la liberté à droite. Cette place est occupée par un visage à l’œil illuminé et la main fait un geste ambigu. Est- ce qu’elle bénit ou est-ce qu’il repousse les gens qui débarquent ? Une piste pourrait être la « tonsure » blanche, mais la « barbe » pourrait faire allusion à des islamistes. Le débarquement des va-nu-pieds contraste avec l’orgueilleuse skyline. Mais tant les gratte-ciel que les arrivants cherchent à atteindre la partie supérieure, qui, selon R. Arnheim, signifie la liberté.  Le geste de la main constitue-t-il alors une tentative d’arrêter cette venue ? Pourtant cette ville est née de l’immigration. Avant, il n’y avait rien. L’Amérique actuelle n’existe que grâce à l’arrivée des immigrants. Il faut donc porter son regard vers le passé (le profil tourné vers la gauche) pour voir toutes ces vagues d’arrivants qui sont au centre de tout cela – au propre comme au figuré.

 

 

This collage was long in coming. Starting from the bottom, I had first maintained the image of the Statue of Liberty to the right. This place is occupied now by the figure with the enlightened eye and whose hand makes an ambiguous gesture. Does it bless or repel the people who land? One option could be the white "tonsure", but the "beard" could hint to the Islamists. The landing of the bare-feet contrasts with the proud skyline. But both the sky-scrapers and the immigrants seek to reach the top, which, according to R. Arnheim, means freedom. Is the hand gesture then an attempt to stop this coming? And yet this city was born of immigration. Before, there was nothing. The current America exists only thanks to the arrival of immigrants. We must therefore focus our gaze to the past (the profile facing left) to see all these arrival waves that are at the center of it all - literally as well as figuratively.

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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