Category: "GIF"

22/05/19

  10:49:00 am, by   , 293 words  
Categories: GIF

Lake of Silence

Cela fait plus d’une année que je fais des recherches sur la déportation de ma grand-mère Dunia à Riga, le 15.12.1941 de Hanovre. J’ai lu des récits de survivants, consulté les sources disponibles, mais je me heurte à l’absence d’informations à partir de son arrivée le 18.12.1941 à Riga. On sait qu’elle est morte là-bas, sans doute à son arrivée ou un peu plus tard. Les personnes inaptes au travail étaient exécutées tout de suite dans l’une des forêts près de Riga d’où l’inspiration de mon collage. On m’avait dit, il y a longtemps, qu’elle avait été battue à mort par un mob de Lettons, mais ce n’est pas sûr. Peut-être il reste-t-il des traces là-bas. Longtemps je me suis juré de ne jamais mettre le pied en Lettonie, mais j’ai changé d’avis et commandé les billets d’avion pour septembre. Je me propose de visiter le Ghetto et la forêt de Bikernecki où se trouve un mémorial.

Pourquoi cette quête ?  Parce que mes parents étaient très discrets par rapport à cette période et que je n’ai pas tenté d’en savoir davantage. La peinture occupait mon esprit et je ne pensais qu’à partir de chez moi pour aller dans une école d’art. C’est maintenant que l’absence d’une histoire précise de mes parents et grands-parents me dérange. J’ai pu éclaircir certains faits, mais les témoins directs n’existent malheureusement plus.

Lake of Silence collage 169-19

big picture

Dans mon collage, il y a d’un côté les bourreaux, le Führer dans son Nid d’Aigle entouré de ses aides et de l’autre côté une eau mémorielle muette dans la forêt où se trouve l’un des camions ayant servi au transport des victimes. L’endroit est hanté par les spectres du passé, et l’eau limpide ne fait que refléter un ciel impassible qui a vu commettre l’impensable.

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10/03/19

  10:00:00, par   , 420 mots  
Catégories: GIF

Visite d'une expo

Vernissage à l’usine K. Quelques personnes – bien plus jeunes que moi – connues, M. comme d’habitude, fébrile avant son introduction à l’expo. Après un rapide tour, je discute, pose des questions, émets quelques avis. Je discute de la superposition avec un jeune artiste. Il comprend et regarde mes photos. Puis, c’est le discours, je fais une blague, quelques rires, mais j’ai l’impression d’être un clown devant un public. Evocation du dégel, thème de l’expo, je fais des photos. M. évoque le stalinisme, moi je pense à l’Algérie, suis tenté de faire une remarque, me retiens et essaie de changer de place derrière le demi-cercle des gens. Heureux d’avoir contourné la foule, j’entends à ma gauche un horrible bruit retentissant : la grosse bouteille de Coca ratatinée en carton (ouf !) a été balayée de son socle par mon mouvement !  Je me baisse, je la ramasse, l’inspecte – rien !

Je la remets sur son socle, l’ajuste, car elle est hautement instable et décide qu’il est temps pour moi de quitter ce lieu, je risque de commettre d’autres forfaits. Et les œuvres me paraissent faibles, sans vie et sans idée et, surtout, sans esprit. Tel tableau figurant le dégel se borne à ne montrer que de pauvres restes de neige sur fond blanc, alors qu’une bassine posée en dessous aurait peut-être apporté un peu d’humour ; quelqu’un d’autre s’est borné(e) à peindre une grande fleur – éclosion de renouvellement après le règne de la glace dixit M. – mais je n’y vois que la fleur, pas le processus hélas. Et ainsi de suite. Lors d’un mouvement de foule vers la droite qui suivait M., je me suis éclipsé, après m’avoir platement excusé auprès de l’initiatrice et exposante qui m’a rassuré en me disant qu’heureusement l’artiste auteur de la maudite bouteille n’était pas présent.  Je me suis retrouvé dehors dans la nuit et, en marchant, je me suis émerveillé de ce que je voyais, prenant une photo par ci, par là. Gravissant rapidement la côte de St. Jean sans m’essouffler, j’arrive bientôt chez moi.

La nuit, je repense à tout cela et me dis que l’art est bien exsangue ces jours et que ma propre place est dans la vie, comme dans cette rencontre avec un Marocain sur les bords du Rhône qui me hèle et me demande, avec des gestes désordonnés dus à l’alcool, de le photographier. Je m’exécute, lui montre le résultat, il me demande un deuxième portrait, se met en position et je peux faire une photo simple, mais expressive. La vraie vie en quelque sorte.

https://www.instagram.com/p/BuzQAoPF1EB/

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28/02/17

  03:09:00 pm, by   , 354 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, GIF, psychology

The magic of collage

Last night, animating an evening on the theme of vulnerability, I began this collage thinking of an assault I suffered one night, many years ago, on a bridge in Geneva. I had been stabbed in the corner of my eye - fortunately without gravity, and pushed over the safety slide on the deserted roadway My collage showed a face, young, in tears and blood, with white hair. I said that I wanted to show that the aggressions suffered are impregnated in the memory and that the age did nothing there.

In resuming the image today, I tried to link this episode to other "aggressions" suffered during the last 6 years, namely operations. Knife and scalpel merge in front of a suffering and anxious body.

Of course, I do not find myself in this picture: it feeds on childish tears, the adult having learned throughout the years to conceal his fears, to banish them in a corner of his consciousness where the magic of collage has come to seek them for the need of expression.

 

Cut, collage 67/2017

 

Hier soir, animant une soirée sur le thème de la vulnérabilité, j’ai commencé ce collage en pensant à une agression que j’ai subie une nuit, il y a bien des années, sur un pont de Genève. J’avais reçu un coup de couteau dans le coin de l’œil -sans gravité heureusement et basculé par-dessus la glissière de sécurité sur la chaussée déserte. Mon collage montrait un visage, jeune, en pleurs et en sang, avec des cheveux blancs. J’ai dit que je voulais montrer que les agressions subies s’imprègnent dans la mémoire et que l’âge n’y faisait rien.

En reprenant l’image aujourd’hui, j’ai cherché à relier cet épisode à d’autres « agressions » subies au cours des 6 dernières années, à savoir des opérations. Couteau et scalpel fusionnent face à un corps souffrant et angoissé.

Bien entendu, je ne me retrouve pas tel quel dans cette image : elle se nourrit des pleurs enfantines, l’adulte ayant appris au long des années à dissimuler ses craintes, à les bannir dans un coin de sa conscience où la magie du collage est venue les rechercher pour le besoin de l’expression.

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07/10/15

  02:52:00 pm, by   , 421 words  
Categories: Art, Collage, Painting, GIF

A GIF animation

 

 

These days I'm interested in fleeting images: animated GIFs.

I must say that at first it did not interest me; it is in doing that I saw the potential of this technique. Basically, I want to keep it simple, drawing inspiration from old books for children in which scenes change when pulling strips or old cartoons seen during my childhood. It is to the face that I naturally turned: what is more animated or easy to animate than a facial muscle?

And when we focus on the face, one inevitably falls on the largest experimenter- puppeteer of art: Picasso. I must say that I have, in the past, already made a series of collages from his paintings, but this was to question a work to recompose it, in short to make it my own. Here, Picasso is just a starting point, with some happy "rhymes", like the clock needle with the tears of weeping woman and a transformation of fingers into knife blades. What differentiates my collage - animated or not – here collage is the interpellation of the spectator. That is why I am more expressionistic. This need of interpellation is fundamental to me and probably the animated picture even better scotches the viewer.

 

 

Une animation GIF

Ces jours je m’intéresse aux images fugitives : des GIFs animés.

Je dois dire qu’au début cela n’intéressait guère, c’est en faisant que j’ai vu le potentiel de cette technique. Par principe, je veux rester simple, en m’inspirant de vieux livres pour enfant où les scènes se changent quand on tire des languettes  ou des premiers films d’animation vus pendant mon enfance. C’est donc vers le visage que je me suis naturellement tourné : quoi de plus animé ou facile à animer qu’un muscle facial?

 

Et quand on s’intéresse au visage, on tombe forcément sur le plus grand expérimenteur- marionnettiste de l’art : Picasso. Il faut dire que j’ai, dans le passé, déjà fait une série de collages à partir de ses peintures, mais il s’agissait là de questionner une œuvre, de la recomposer, bref de me l’approprier. Ici, le Picasso ne me sert que de point de départ, avec quelques « rimes » heureuses, comme l’aiguille du cadran avec les larmes de la femme en pleurs et une transformation de doigt en lames de couteau. Ce qui  différencie  mon collage – animé ou fixe de ce tableau, c’est l’interpellation du spectateur. C’est en cela que je suis plus expressionniste. Ce besoin d’interpellation est fondamental chez moi et sans doute l’image animée permet de fixer encore mieux le regard du spectateur.  

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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