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09/08/17

  09:35:00 am, by   , 574 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Suffering

Je n’ai connu la souffrance de la maladie qu’à partir de mes 70 ans. Mon enfance a été protégée de la maladie à l’exception de quelques fièvres, surtout de celles que je provoquais par une sorte d’autosuggestion pour ne pas aller à l’école. La vue du tuberculeux qui crachait du sang dans la rue, les estropiés de la guerre ne me touchaient pas. Je vivais dans un monde imaginaire et protégé avant tout. Mes parents n’étaient jamais malades et ne se plaignaient que très rarement. Mes grands-parents étaient tous morts depuis longtemps, je n’avais donc pas vu leur déchéance. Cela ne m’a pas épargné certaines souffrances d’ordre psychique, mais je n’ai vu de cancéreux que très tard dans ma vie. C’est à l’hôpital où j’ai été opéré pour une tumeur au rein que j’ai véritablement vu de grands malades. Et lorsque, 5 années plus tard, je suis revenu dans le même service pour une nouvelle opération, j’ai compris ce qu’était la souffrance physique ET morale. De surcroît, je viens de passer une dizaine de jours auprès d’une personne atteinte d’un cancer assez avancé, qui subit une chimiothérapie aux effets douloureux, ravageurs à tous les niveaux, et passe de l’espoir au découragement, puis reprend espoir et ainsi de suite. J’ai exprimé cet état d’esprit en une série de collages assez sombres qui m’ont servi sans doute de soupape. Et c’est avec ce collage fait à mon retour que je résume en quelque sorte la situation : une barque à même le sol dans une grotte obscure avec une lueur au fond. Cette dernière pourrait signifier l’espoir ou l’issue fatale vers un ailleurs. Comment comprendre ce qui se passe dans les ténèbres de l’esprit du malade alors que je me trouve du côté de la lumière du jour ?

 

The Boat, collage 267/2017

bigger picture

 

I only experienced the suffering of a disease when I was 70 years old. My childhood was protected from the disease apart from a few fevers, especially those I caused by a kind of autosuggestion not to go to school. The sight of the tuberculous man who spat blood in the street, the cripples of war did not touch me. I lived in an imaginary world and protected above all. My parents were never sick and complained very rarely. My grandparents had all died long ago, so I had not seen their fall. That did not spare me some psychological suffering, but I did not see cancer until very late in my life. It was at the hospital where I was operated on for a tumor in the kidney that I really saw very sick people. And when, five years later, I returned to the same department for a new operation, I understood what physical AND moral suffering was. In addition, I have just spent about ten days with a person with advanced cancer, who undergoes painful chemotherapy, destructive at all levels, and passes from hope to discouragement, then regains hope and so on. I expressed this state of mind in a series of dark collages which doubtless served me as a valve. And it is with this collage done on my return that I summarize in a way the situation: a boat on the ground in a dark cave with a glimmer in the background. The latter could mean hope or a fatal outcome to another level. How can we understand what is happening in the darkness of the patient's mind when I am on the side of daylight?

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15/07/17

  07:44:00 am, by   , 793 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Illusions

 

L’autre jour, dans mon atelier, j’ai ressorti deux rouleaux de dessins et de peintures datant de plus de 30 ans. Je ne les avais pas déroulés depuis cette époque. Je me souviens d’avoir été fort satisfait de ces œuvres, au point de vouloir les conserver. Or quelle ne fut pas ma déception en les revoyant ! Aucune de ces grandes feuilles n’a trouvé grâce à mes yeux. « Médiocre » a été le mot qui m’est venu à l’esprit. Ni une ni deux, je les ai emportées au tonneau, une allumette et les voilà parties en flammes. Ouf !

Il me reste dorénavant la pénible tâche de continuer cette investigation. Durant cette opération, j’ai déroulé un 3e rouleau constitué de la série « Massacres » (http://archives.stephanus.com/images.php?vars=id_5_start_1_type_mini_max_2) que j’ai conservé, sans doute parce qu’il mêle peinture et collage et qu’il est beaucoup plus récent (2001).

Sans vouloir entrer ici dans une réflexion sur les vertus du collage, j’aimerais (ré)aborder le thème de l’aveuglement – le fait de s’illusionner sur la qualité de son art.  Il y a trente ans environ, j’étais persuadé d’avoir créé des œuvres de grande qualité. Le doute ne m’effleurait pas. Pourtant, avec le décalage, je vois bien tous les défauts de ce que je prenais pour des « œuvres » : manque d’inspiration, de maîtrise, de vision… J’aurais dû voir, mais je n’ai pas vu, quel aveuglement !  Evidemment, la question qui surgit est de savoir si ma situation actuelle correspond à celle d’il y a 30 ans, si je suis aujourd’hui frappé de cécité en ce qui me concerne. La réponse qui surgit est que non, bien sûr : j’ai évolué, j’ai davantage de maîtrise, on me complimente (parfois), je vois mieux ce qui cloche, car je suis plus conscient, etc. Mais comment savoir ? Sans doute que l’écriture m’a apporté des éclaircissements que mes yeux ne pouvaient pas me fournir. Les mots m’ont permis de mieux comprendre ce qui est à l’œuvre dans ce que je fais, de me distancier davantage de ma création. Et l’abandon du dessin et de la peinture au profit du seul collage m’a permis de créer des images d’une plus grande cohérence et qui sont davantage en accord avec ce que je ressens. Donc tout cela me satisfait et tant pis si ces collages ne sont pas au format de mes œuvres d’antan. Un intérieur d’église de Van Eyck est-il inférieur en qualité à un Rubens gigantesque ? Mais voilà que je me raconte peut-être encore une nouvelle histoire…

illusions

The other day, in my studio, I came out with two rolls of drawings and paintings dating back over 30 years. I had not unrolled them since that time. I remember being very satisfied with these works, to the point of wanting to preserve them. But what was my disappointment when I saw them again! None of these large works have found grace in my eyes. "Mediocre" was the word that came to my mind. Neither one nor two, I carried them to the barrel, a match and they went out in flames. Phew!

From now on, I have the painful task of continuing this investigation. During this operation, I unrolled a third roll made up of the series "Massacres" (http://archives.stephanus.com/images.php?vars=id_5_start_1_type_mini_max_2) that I preserved, probably because it mixes painting and collage and that it is much more recent (2001).

Without wishing to enter here into a reflection on the virtues of collage, I would like to (re) approach the theme of blindness - the delusion about the quality of one’s art. About thirty years ago, I was convinced that I had created high quality works. The doubt did not touch me. However, with the gap, I see all the defects of what I took for "works": lack of inspiration, mastery, vision ... I should have seen, but I did not see, what blindness ! Obviously, the question that arises is whether my current situation corresponds to that of 30 years ago, if I am now blinded as far as I am concerned. The answer that arises is that no, of course: I have evolved, I have more mastery, I am complimented (sometimes), I see better what is wrong, because I am more conscious, etc. But how to know? Undoubtedly, writing provided me with clarification that my eyes could not provide. Words have allowed me to better understand what is at work in what I do, to distance myself more from my creation. And the abandonment of drawing and painting to the benefit of collage only allowed me to create images of greater coherence and that are more in agreement with what I feel. So all this satisfies me and too bad if these collages are not in the format of my works of yesteryear. Is a Van Eyck church interior inferior in quality to a gigantic Rubens? But here I am perhaps telling myself another story ...

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01/07/17

  10:35:00 am, by   , 485 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Love me tender

A première vue, c’est un collage un peu nostalgique : une silhouette se découpe sur le fond comme le fantôme d’un amour – à moins qu’elle évoque une présence... Et ce lapin bleu qui porte ostensiblement cette déclaration imprimée sur son sac : love me tender – sans doute une citation de la chanson d’Elvis qui est une demande d’amour. Il a la tête dans les nuages et ses yeux sont tournés vers l’intérieur. De toute façon, l’amour est aveugle et les souvenirs vagues. Heureusement, il y a ce personnage ricanant qui moque ces chansonnettes !  Reste la promesse d’une éclosion future, d’une nouvelle histoire figurée par les œufs. Ce qui est drôle ici, c’est que mes condisciples m’appelaient Bunny après avoir lu un texte anglais ayant pour héro un lapin – j’avis 8-9 ans – sans doute à cause de la ressemblance entre Berni et Bunny. Ce serait donc moi ce lapin grotesque en habit de Monsieur Loyal avec son panier d’œufs sur lit de foin. Mes grands yeux voient le monde, mais sont essentiellement tournés vers l’intérieur, vers la création. Mais je ne suis pas seul, je suis accompagné d’un être aimé qui favorise l’éclosion de l’art, mais reste discrète. Ce serait donc ça le sens de cette image, une déclaration d’amour. Mais il se peut encore que le véritable sens de ce collage ne soit un appel au public , l’artiste voulant être aimé pour ce qu’il lui apporte, tout en sachant combien cette demande est vaine. 

 Bunny, collage 216-2017http://stephanus.com/_data/i/galleries/2017/216-xx.jpg

At first glance, it is a nostalgic collage: a silhouette is cut out on the background like the ghost of a loved person - unless it evokes a presence ... And this blue rabbit that ostensibly wears this statement printed on his bag: love me tender - undoubtedly a quote from the Elvis song that is a request for love. He has his head in the clouds and his eyes are turned inward. In any case, love is blind and memories are vague. Fortunately, there is this sneering character who mocks these songs! Remains the promise of a future blossoming, of a new story represented by the eggs. What is funny here is that my classmates called me Bunny after reading an English text with a rabbit as a hero - I was 8-9 years old - probably because of the resemblance between Berni and Bunny. So it would be me this grotesque rabbit in Monsieur Loyal's coat with his basket of eggs on hay bed. My big eyes see the world, but are essentially turned towards the interior, towards creation. But I am not alone, I am accompanied by a loved one who favors the emergence of art, but remains discreet. So that would be the meaning of this picture, a love declaration.  But it may be that the true meaning of this collage is an appeal to the public, the artist wanting to be loved for what he brings to him, knowing how vain is the call.

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06/06/17

  01:58:00 pm, by   , 423 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

The prophet

 

These days, my collages are transformed from top to bottom during their elaboration. The general idea is not there at the beginning, it comes only much later, in the process of my work. But, it's the result that counts and nothing else.

What is obvious in the present collage is the relationship between the two standing figures and their position in relation to the other figures. I wanted to highlight here a compassionate element, charity, compared to a cynic who laughs at these efforts to relieve misery. But I also had in mind the ancient prophets whose speech was not always heard. What is the use of exhortations to more humanity – I think for example of the book published by my friend editor Markus Haller: The White Man' Burden - if they are not heard or applied wrongly? I am thinking of some politicians - here or on the other side of the Atlantic - whose clown dress would fit them very well, but that would bring me too close to caricature, and I do not want to become an entertainer on every day and event. The bridge, which rests on a weak pillar, tries precisely to represent a passage between the harsh reality and the generous utopia.

 

 The Prophet, collage 180/2017enlarge

Le prophète

Ces temps, mes collages se métamorphosent de fond en comble pendant leur élaboration.  L’idée générale n’est pas là au départ, elle ne vient que bien plus tard, au fil de mon travail. Mais, c’est le résultat qui compte et rien d’autre.

Ce qui saute aux yeux dans le présent collage, c’est la relation entre les deux personnages debout et leur position par rapport aux autres figures. J’ai voulu ici mettre en lumière un élément compassionnel, de charité, par rapport à un cynique qui se rit de ces efforts pour soulager la misère.  Mais j’ai également eu en tête les prophètes anciens dont la parole n’a pas été toujours entendue. A quoi servent les exhortations à plus d’humanité - je pense par exemple au livre paru chez mon ami éditeur Markus Haller : Le fardeau de l’homme blanc -  si elles ne sont pas entendues ou appliquées à tort et à travers ? Je pense aussi à certains hommes politiques – ici ou de l’autre côté de l’Atlantique - à qui l’habit de clown irait à merveille, mais cela me rapprocherait trop de la caricature, et je ne tiens pas à devenir un amuseur au fil des jours et des événements. Le pont, qui repose sur un pilier peu solide, tente justement de figurer un passage entre la dure réalité et l’utopie généreuse.

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20/05/17

  07:10:00 am, by   , 539 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

ICON - ICÔNE

Encore une image venue par hasard. C’est en travaillant sur une figure debout que j’ai voulu changer complètement de direction en retournant le collage. C’est alors que la publicité pour une montre que j’avais sous la main m’a fait immédiatement penser à Masaccio et aux représentations du Christ en majesté dans la peinture florentine. Mais en même temps, j’ai pensé à l’Ecce homo. L’or renvoie aux icônes, d’où le titre Icon. Mais il est évident que cette image religieuse qui rappelle les Christ en majesté, montre des atteintes au plan physique, dues au temps qui passe et qui anéantit tout, mais figurées aussi par cette main qui agresse et qui veut atteindre le cœur du personnage qui a peur. Je ne peux m’empêcher de penser au sort des Chrétiens d’Orient et à leurs églises détruites ou tout simplement aux personnes qui sont victimes de persécutions. L’ordre harmonieux et parfait figuré par les cercles se fracture, car il n’est qu’idéal et ne saurait durer dans la réalité. D’ailleurs, on pourrait imaginer que le bas représente une paroi de catafalque et que le corps n’est qu’une apparition, un peu comme les corps des saints que l’on expose dans les églises catholiques. Et quand je vois l’image dans la pénombre à quelques mètres de distance, elle change du tout au tout, devenant une sorte de relief abstrait !

Je suis très surpris par cette image venue de nulle part et par sa présence obsédante, tragique – j’ai l’impression de n’avoir été que l’exécutant d’un projet qui s’est révélé en collant !

 Icon, collage 162/2017 enlarged

Another image came by chance. It was while working on a standing figure that I wanted to change direction by turning over the collage. It was then that the advertisement for a watch I had at hand made me immediately think of Masaccio and the depictions of Christ in majesty in Florentine painting. But at the same time, I thought about the Ecce homo. Gold refers to the icons, hence the title Icon. But it is evident that this religious image, reminiscent of Christ in majesty, shows physical impairments, due to the passing of time which annihilates everything, but also represented by this hand that attacks and wants to reach the heart of the character who shows fear. I cannot help but think of the fate of the Christians of the Middle East and their destroyed churches or just the people who are the victims of persecution. The harmonious and perfect order represented by the circles breaks, for it is only ideal and cannot last in reality. Besides, one could imagine that the bottom represents a wall of a catafalque and that the body is only an apparition, much like the bodies of the saints exposed in the catholic churches. When I see the image in the darkness, a few meters away it completely changes, becoming a kind of abstract relief!

What is even more troubling is that the image when I see it in dim light, a few meters away changes completely, becoming a kind of abstract relief!

I am very surprised by this image coming from nowhere and by its haunting, tragic presence - I feel like I was only the performer of a project that turned out while I was gluing

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18/05/17

  08:24:00 am, by   , 462 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Gender study

C’est une image d’apparence simple au premier regard, puisqu’elle part d’une photo de mode figurant un homme et une femme. A y regarder de plus près, je constate que, sans sa tête explicitement féminine, le corps lui-même est sexuellement neutre, ce que je n’avais pas vu consciemment en commençant le collage. Mais en y mettant une tête nettement masculine, l’ambiguïté sexuelle devient apparente. Cette tête elle-même est une composition hybride à partir de fruits, de champignons etc. C’est pourquoi elle s’allie si bien à ce corps androgyne. L’autre personnage n’est là que pour renforcer l’énigme : que fait-il là ? Quelle est sa relation à ce personnage hétéroclite souriant malgré sa condition éphémère (les fruits vont se détériorer) ? Mais, malgré tout, point de gravité ici, au propre comme au figuré, l’image reste sereine. Sans doute aussi parce que je fais des transitions moins abruptes dans mes compostions, ce que j’évitais dans le passé par peur d’aboutir à une image surréaliste, je voulais rester disruptif, à l’instar du cubisme, ne pas faire une image « léchée » à la Dali dont l’esthétique traditionnelle ne me convient pas pour mes collages. Ici, malgré des cassures, mais  grâce à des transitions moins heurtées, l’image séduit le regard pour l’éconduire et l’inviter à explorer différents aspects de la composition, comme l’espace, les rapports de grandeur, la psychologie des personnages, le jeu des transitions etc.

Gender study, collage 159/2017http://stephanus.com/_data/i/galleries/2017/159-xx.jpg

 

It is an image, at first look, of simple appearance, since it starts from a fashion photograph depicting a man and a woman. Looking closer, I find that without its explicitly feminine head, the body itself is sexually neutral, which I had not consciously seen when starting the collage. But by putting a clearly masculine head on it, sexual ambiguity becomes apparent. This head itself is a hybrid composition from fruits, mushrooms and so on. That is why it is a good match to this androgynous body. The other character is there only to reinforce the riddle: what is he doing there? What is his relation to this heterogeneous character who is smiling despite his ephemeral condition (the fruits will deteriorate)? But, despite everything, there is no seriousness here, in the proper as in the figurative, the image remains serene. Without doubt also because I make less abrupt transitions in my compositions, which I avoided in the past for fear of arriving at a surrealist image, I wanted to remain disruptive, like Cubism, not to make a glossy picture à la Dali whose traditional aesthetics does not suit me for my collages. Here, despite breaks, but thanks to less brutal transitions, the image seduces the eye in order to discourage it and invite it to explore different aspects of composition, such as space, relationships of size, psychology of the characters, the play of transitions, etc.

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17/05/17

  07:35:00 am, by   , 495 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Walls - Murs

Walls

Ce collage à l’aspect décousu mérite quelque investigation. La division horizontale de l’image se fait par la chute d’eau et les murs. D’un côté l’enfant qui essaie de voir et de l’autre les adultes dans la fosse. Leur taille surdimensionnée est soulignée par les autres personnages, beaucoup plus petits. On pourrait imaginer que l’enfant veut jeter un regard sur le monde des adultes qui lui est caché. Ou encore qu’il s’agit de personnes du passé, enterrées, qui le hantent. Mais alors, les grimpeurs, à gauche, seraient en train de ressusciter. Et l’eau qui descend figurerait le mouvement inverse. Je ne sais pas. Je m’y perds.  Car il y a encore un mouvement d’avant en arrière, figuré par le chemin (?) qui va vers l’horizon et son point de fuite, et d’arrière en avant, quand on regarde les marcheurs qui vont buter sur la muraille du premier plan. La paroi de gauche fait écho à un autre collage « The Ark » qui figurait une paroi semblable mais en tant que bateau. Cela suggère une scène de fin du monde, avec tout ce que cela comporte de drames. J’aime bien cette interprétation, car elle explique l’eau qui descend du ciel et qui remplit la fosse. A droite, le monde est encore intact, bien que les gens semblent avoir compris la menace, alors qu’à gauche, ils luttent déjà pour leur survie. Et l’arche elle-même me semble peu apte à naviguer sur les flots. Illusion d’échapper au désastre ?

The Wall, collage 158/2017http://stephanus.com/_data/i/galleries/2017/158-xx.jpg

This collage which seems to be chaotic deserves some investigation. The horizontal division of the image is made by the waterfall and the walls. On one side the child who tries to see and on the other the adults in the pit. Their oversized size is underlined by the other characters, who are much smaller. One could imagine that the child wants to take a look at the adult world that is hidden from him. Or that they are people of the past, buried, who haunt him. But then, the climbers, on the left, would be resurrecting. And the water that descends would be the reverse movement. I do not know. I am confused. For there is still a movement back and forth, represented by the path (?) which goes towards the horizon and its vanishing point, and from back to front, when one looks at the walkers who are going to be stopped be the wall in the foreground.

The left wall echoes another collage "The Ark" that featured a similar wall but as a boat. This suggests a scene from the end of the world, with all that entails dramas. I like this interpretation because it explains the water that comes down from the sky and fills the pit. On the right, the world is still intact, although people seem to have understood the threat, while on the left, they are already fighting for their survival. And the ark itself seems unlikely to navigate the waves. Illusion of escaping disaster?

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15/05/17

  09:03:00 am, by   , 626 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

A motionless travel - Un voyage immobile

Sylvain Tesson a dit ce vendredi matin à la radio que l’écriture permettait de résoudre le conflit entre l’immobilité et l’évasion. Il est vrai que je passe beaucoup de mon temps devant ma table de travail, dans 14m2 à Genève, à faire mon collage quotidien. C’est un choix de rester collé à ma table au lieu de parcourir la planète. Mais quelle ouverture, quel mouvement dans les espaces imaginaires qui s’ouvrent dans mes images ! Le collage me donne tout ici et mieux que la réalité. C’est mon cinéma intérieur. Mais le projecteur ne s’allume que quand j’ai une page de magazine sous mes yeux, quand je commence à manipuler l’image (c’est d’ailleurs la même chose avec la photo : grâce à sa modification, elle m’invite à l’évasion). La fabrication du collage demande à peu près la même durée que le visionnage d’un film – c’est probablement la durée idéale pour une plongée dans le rêve éveillé. Mais contrairement au film que je me borne à consommer, je suis à la fois spectateur et concepteur de mon collage. Je comprends mieux la variété de mes sujets qui dépendent, bien entendu, de ce que je trouve comme photos, mais qui pourraient être classés sous des genres cinématographiques comme le reportage, la comédie sentimentale, le thriller, le drame etc. Je pourrais me comparer à un metteur en scène de clips, muets et immobiles, qui traitent de toutes sortes de sujets. Je comprends alors la place incertaine de mes collages dans l’art de mon temps qui se veut plus savant, plus intellectuel. Je ne cherche pas le concept, je veux m’évader ! Je ne fais pas d’analyse savante sur ma place dans l’histoire de l’art, je m’en moque. Je fais mes images essentiellement pour ma propre jouissance, voilà tout. Et tant mieux si quelqu’un éprouve du plaisir en les découvrant, ou même, éventuellement, y décèle les fils qui composent le canevas et se retisse sa propre toile.

 

The Ark, collage 154/17

Sylvain Tesson said Friday morning on the radio that writing solves the conflict between immobility and escape. It is true that I spend a lot of my time in front of my desk, in 14m2 in Geneva, to do my daily collage. It's a choice to stay glued to my table instead of traveling the planet. But what an opening, what movement in the imaginary spaces that open up in my images! Collage gives me everything here and better than reality. It's my inner cinema. But the projector only turns on when I have a magazine page under my eyes, when I start manipulating the image (it is the same with photography: thanks to its modification, it invites to escape). Gluing requires about the same amount of time as a movie - this is probably the ideal time for a dive into the awakened dream. But unlike the film that I merely consummate, I am at the same time spectator and designer of my collage. I can understand the variety of my subjects that depend, of course, on what photos I can hold of, but they could be classified under cinematographic genres like reporting, sentimental comedy, thriller, drama etc. I could compare myself to a director of silent and immobile clips that deal with all sorts of subjects. I then understand the uncertain place of my collages in the art of my time which is more academic, more intellectual. I do not seek the concept, I want to escape! I do not make a scholarly analysis of my place in the history of art, I do not care. I make my pictures essentially for my own enjoyment, that's all. And so much the better if someone has fun discovering them, or even, eventually, there uncovers the threads that make up the canvas and weaves his own canvas.

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29/04/17

  08:37:00 am, by   , 676 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

A clearer view

It is a collage which, in my opinion, goes a little further in my research. That's why it deserves a few lines.

The right-hand part shows a famous war picture which I extracted from the famous Kriegsfibel (B.Brecht, 1955), which I found in the few books collected from my brother, and which I combined with a panorama of the Himalayas. Wanting to glue the left side (a mountain), I turned it over and immediately saw that this one was much more interesting by its tormented, stony character. The result was relatively easy: the ascent of the left part echoes the bodies fallen to the right. The gigantism of the character who scrutinizes me with the characters melting into chaos and so on. Why this character who raises his sunglasses? Initially, the figure was seen from behind. It is a contradictory movement that I often use. Is it to express the lack of coherence of our actions, the head pretending to govern the body that does as it pleases? The result seems to me to be the inability to really advance. As for the "chaos" that reigns in the mountains, it sends me back, now, after the creation of this image, to the earthquakes that have raged in this region. Preparing my participation in a collective exhibition at Listrik, Montreux, on the theme of the world today, I once again ask myself the question of the subject in art, knowing how little influence a work of art can exert on people. As I explained earlier, the choice to devote myself to collage was determined by the desire to "stick" to reality while pursuing the quest for art. But I'm not an activist-propagandist, because it would mean a simplification of the message. They are rather dream images with a few keys for those who want to spend more than the few seconds usually devoted to images on the internet. It is therefore an invitation to open your eyes, to look better (back?) And to think - to stop to try to see better.

Sherpa, collage 139/2007

 

C’est un collage qui, à mon avis, va un peu plus loin dans mes recherches. C’est pourquoi il mérite quelques lignes.

La partie de droite montre une célèbre photo de guerre que j’ai extraite du fameux Kriegsfibel (B.Brecht, 1955),  que j’ai trouvé dans les quelques livres récupérés chez mon frère, et que j’ai combiné avec un panorama de l’Himalaya. En voulant coller la partie gauche (une montagne), je l’ai retournée et j’ai immédiatement vu que celle-ci était bien plus intéressante par son caractère tourmenté, pierreux. La suite a été relativement facile : l’ascension de la partie gauche fait écho aux corps tombés à droite. Le gigantisme du personnage qui me scrute avec les personnages se fondant dans le chaos etc.  Pourquoi ce personnage qui soulève ses lunettes de soleil ?  Initialement, le personnage était vu de dos. C’est un mouvement contradictoire que j’utilise souvent. Est-ce pour exprimer le manque de cohérence de nos actes, la tête prétendant gouverner le corps qui n’en fait qu’à sa guise ? Le résultat me semble être l’incapacité de vraiment avancer. Quant au « chaos » qui règne dans la montagne, il me renvoie, maintenant, après la création de cette image, aux tremblements de terre qui ont sévi dans cette région. Préparant ma participation à une exposition collective à Listrik, Montreux, sur le thème du monde actuel, je me pose encore une fois la question du sujet dans l’art, sachant le peu d’influence qu’une œuvre d’art peut exercer sur les gens. Comme je l’ai déjà expliqué plus tôt, le choix de me consacrer au collage a été déterminé par le désir de « coller » à la réalité » tout en poursuivant la quête de l’art. Mais je ne suis pas un activiste-propagandiste, car cela signifierait une simplification du message. Il s’agit plutôt d’images oniriques comportant quelques clés pour celui qui veut bien y passer davantage que les quelques secondes habituellement consacrées aux images sur internet. Il s’agit donc d’une invitation à ouvrir les yeux, à mieux regarder (en arrière ?) et à réfléchir – à faire halte pour essayer de mieux voir.

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20/04/17

  12:30:00 pm, by   , 411 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Autodafé

 

Should we burn what we created and loved in the past? For me, the answer is not obvious. It is certain that only a few paintings still find full grace in my eyes. I do not deny the others who witness my artistic search. But I no longer love them to the point of wanting to keep them. In a composition in progress, the element that I like best is often an obstacle to the continuation of work. It is in fact a fixing point that focuses the gaze on it and prevents me from going elsewhere in the image. Perhaps some of the paintings have played the same role in my research. So: yes, it is better to burn what keeps us from moving forward, which makes us turn in circles or satisfy ourselves with what is. Make a collage a day and photos prevents the routine, allows unprecedented explorations.

In this picture taken in front of our chimney and then in front of a painting suspended in our veranda which dates from at least 10 years, I both liked the symbolic and formal links between the gesture of the painting and the flames that burn without destroying . That's maybe the best compromise I can reach.

 

Autodafé

Faut-il brûler ce qu'on a créé et aimé dans le passé? Pour moi, la réponse n'est pas évidente. Il est certain que seules quelques peintures trouvent encore pleinement grâce à mes yeux. Je ne récuse pas pourtant les autres qui sont les témoins de mes errements artistiques. Mais je ne aime plus au point dee vouloir les conserver. Dans une composition en train de se faire, l'élément que j'aime le mieux constitue souvent un obstacle à la poursuite du travail. Il constitue en effet un point de fixation qui focalise le regard sur lui et empêche d'aller ailleurs dans l'image. Peut-être que certains tableaux ont joué le même rôle dans mes recherches. Donc: oui, il vaut mieux brûler ce qui nous empêche d'avancer, ce qui nous incite à tourner en rond, à nous satisfaire de ce qui est. Faire un collage par jour, des photos empêche la routine, permet des explorations inédites.

Dans cette photo prise devant notre cheminée et ensuite devant un tableau suspendu dans notre véranda qui date d'au moins 10 ans, j'ai à la fois aimé la symbolique et les liens formels entre la gestuelle du tableau et les flammes qui brûlent sans détruire, sans doute le meilleur compromis auquel je puis parvenir.

 

 

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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