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06/06/17

  01:58:00 pm, by   , 423 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

The prophet

 

These days, my collages are transformed from top to bottom during their elaboration. The general idea is not there at the beginning, it comes only much later, in the process of my work. But, it's the result that counts and nothing else.

What is obvious in the present collage is the relationship between the two standing figures and their position in relation to the other figures. I wanted to highlight here a compassionate element, charity, compared to a cynic who laughs at these efforts to relieve misery. But I also had in mind the ancient prophets whose speech was not always heard. What is the use of exhortations to more humanity – I think for example of the book published by my friend editor Markus Haller: The White Man' Burden - if they are not heard or applied wrongly? I am thinking of some politicians - here or on the other side of the Atlantic - whose clown dress would fit them very well, but that would bring me too close to caricature, and I do not want to become an entertainer on every day and event. The bridge, which rests on a weak pillar, tries precisely to represent a passage between the harsh reality and the generous utopia.

 

 The Prophet, collage 180/2017enlarge

Le prophète

Ces temps, mes collages se métamorphosent de fond en comble pendant leur élaboration.  L’idée générale n’est pas là au départ, elle ne vient que bien plus tard, au fil de mon travail. Mais, c’est le résultat qui compte et rien d’autre.

Ce qui saute aux yeux dans le présent collage, c’est la relation entre les deux personnages debout et leur position par rapport aux autres figures. J’ai voulu ici mettre en lumière un élément compassionnel, de charité, par rapport à un cynique qui se rit de ces efforts pour soulager la misère.  Mais j’ai également eu en tête les prophètes anciens dont la parole n’a pas été toujours entendue. A quoi servent les exhortations à plus d’humanité - je pense par exemple au livre paru chez mon ami éditeur Markus Haller : Le fardeau de l’homme blanc -  si elles ne sont pas entendues ou appliquées à tort et à travers ? Je pense aussi à certains hommes politiques – ici ou de l’autre côté de l’Atlantique - à qui l’habit de clown irait à merveille, mais cela me rapprocherait trop de la caricature, et je ne tiens pas à devenir un amuseur au fil des jours et des événements. Le pont, qui repose sur un pilier peu solide, tente justement de figurer un passage entre la dure réalité et l’utopie généreuse.

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20/05/17

  07:10:00 am, by   , 539 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

ICON - ICÔNE

Encore une image venue par hasard. C’est en travaillant sur une figure debout que j’ai voulu changer complètement de direction en retournant le collage. C’est alors que la publicité pour une montre que j’avais sous la main m’a fait immédiatement penser à Masaccio et aux représentations du Christ en majesté dans la peinture florentine. Mais en même temps, j’ai pensé à l’Ecce homo. L’or renvoie aux icônes, d’où le titre Icon. Mais il est évident que cette image religieuse qui rappelle les Christ en majesté, montre des atteintes au plan physique, dues au temps qui passe et qui anéantit tout, mais figurées aussi par cette main qui agresse et qui veut atteindre le cœur du personnage qui a peur. Je ne peux m’empêcher de penser au sort des Chrétiens d’Orient et à leurs églises détruites ou tout simplement aux personnes qui sont victimes de persécutions. L’ordre harmonieux et parfait figuré par les cercles se fracture, car il n’est qu’idéal et ne saurait durer dans la réalité. D’ailleurs, on pourrait imaginer que le bas représente une paroi de catafalque et que le corps n’est qu’une apparition, un peu comme les corps des saints que l’on expose dans les églises catholiques. Et quand je vois l’image dans la pénombre à quelques mètres de distance, elle change du tout au tout, devenant une sorte de relief abstrait !

Je suis très surpris par cette image venue de nulle part et par sa présence obsédante, tragique – j’ai l’impression de n’avoir été que l’exécutant d’un projet qui s’est révélé en collant !

 Icon, collage 162/2017 enlarged

Another image came by chance. It was while working on a standing figure that I wanted to change direction by turning over the collage. It was then that the advertisement for a watch I had at hand made me immediately think of Masaccio and the depictions of Christ in majesty in Florentine painting. But at the same time, I thought about the Ecce homo. Gold refers to the icons, hence the title Icon. But it is evident that this religious image, reminiscent of Christ in majesty, shows physical impairments, due to the passing of time which annihilates everything, but also represented by this hand that attacks and wants to reach the heart of the character who shows fear. I cannot help but think of the fate of the Christians of the Middle East and their destroyed churches or just the people who are the victims of persecution. The harmonious and perfect order represented by the circles breaks, for it is only ideal and cannot last in reality. Besides, one could imagine that the bottom represents a wall of a catafalque and that the body is only an apparition, much like the bodies of the saints exposed in the catholic churches. When I see the image in the darkness, a few meters away it completely changes, becoming a kind of abstract relief!

What is even more troubling is that the image when I see it in dim light, a few meters away changes completely, becoming a kind of abstract relief!

I am very surprised by this image coming from nowhere and by its haunting, tragic presence - I feel like I was only the performer of a project that turned out while I was gluing

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18/05/17

  08:24:00 am, by   , 462 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Gender study

C’est une image d’apparence simple au premier regard, puisqu’elle part d’une photo de mode figurant un homme et une femme. A y regarder de plus près, je constate que, sans sa tête explicitement féminine, le corps lui-même est sexuellement neutre, ce que je n’avais pas vu consciemment en commençant le collage. Mais en y mettant une tête nettement masculine, l’ambiguïté sexuelle devient apparente. Cette tête elle-même est une composition hybride à partir de fruits, de champignons etc. C’est pourquoi elle s’allie si bien à ce corps androgyne. L’autre personnage n’est là que pour renforcer l’énigme : que fait-il là ? Quelle est sa relation à ce personnage hétéroclite souriant malgré sa condition éphémère (les fruits vont se détériorer) ? Mais, malgré tout, point de gravité ici, au propre comme au figuré, l’image reste sereine. Sans doute aussi parce que je fais des transitions moins abruptes dans mes compostions, ce que j’évitais dans le passé par peur d’aboutir à une image surréaliste, je voulais rester disruptif, à l’instar du cubisme, ne pas faire une image « léchée » à la Dali dont l’esthétique traditionnelle ne me convient pas pour mes collages. Ici, malgré des cassures, mais  grâce à des transitions moins heurtées, l’image séduit le regard pour l’éconduire et l’inviter à explorer différents aspects de la composition, comme l’espace, les rapports de grandeur, la psychologie des personnages, le jeu des transitions etc.

Gender study, collage 159/2017http://stephanus.com/_data/i/galleries/2017/159-xx.jpg

 

It is an image, at first look, of simple appearance, since it starts from a fashion photograph depicting a man and a woman. Looking closer, I find that without its explicitly feminine head, the body itself is sexually neutral, which I had not consciously seen when starting the collage. But by putting a clearly masculine head on it, sexual ambiguity becomes apparent. This head itself is a hybrid composition from fruits, mushrooms and so on. That is why it is a good match to this androgynous body. The other character is there only to reinforce the riddle: what is he doing there? What is his relation to this heterogeneous character who is smiling despite his ephemeral condition (the fruits will deteriorate)? But, despite everything, there is no seriousness here, in the proper as in the figurative, the image remains serene. Without doubt also because I make less abrupt transitions in my compositions, which I avoided in the past for fear of arriving at a surrealist image, I wanted to remain disruptive, like Cubism, not to make a glossy picture à la Dali whose traditional aesthetics does not suit me for my collages. Here, despite breaks, but thanks to less brutal transitions, the image seduces the eye in order to discourage it and invite it to explore different aspects of composition, such as space, relationships of size, psychology of the characters, the play of transitions, etc.

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17/05/17

  07:35:00 am, by   , 495 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Walls - Murs

Walls

Ce collage à l’aspect décousu mérite quelque investigation. La division horizontale de l’image se fait par la chute d’eau et les murs. D’un côté l’enfant qui essaie de voir et de l’autre les adultes dans la fosse. Leur taille surdimensionnée est soulignée par les autres personnages, beaucoup plus petits. On pourrait imaginer que l’enfant veut jeter un regard sur le monde des adultes qui lui est caché. Ou encore qu’il s’agit de personnes du passé, enterrées, qui le hantent. Mais alors, les grimpeurs, à gauche, seraient en train de ressusciter. Et l’eau qui descend figurerait le mouvement inverse. Je ne sais pas. Je m’y perds.  Car il y a encore un mouvement d’avant en arrière, figuré par le chemin (?) qui va vers l’horizon et son point de fuite, et d’arrière en avant, quand on regarde les marcheurs qui vont buter sur la muraille du premier plan. La paroi de gauche fait écho à un autre collage « The Ark » qui figurait une paroi semblable mais en tant que bateau. Cela suggère une scène de fin du monde, avec tout ce que cela comporte de drames. J’aime bien cette interprétation, car elle explique l’eau qui descend du ciel et qui remplit la fosse. A droite, le monde est encore intact, bien que les gens semblent avoir compris la menace, alors qu’à gauche, ils luttent déjà pour leur survie. Et l’arche elle-même me semble peu apte à naviguer sur les flots. Illusion d’échapper au désastre ?

The Wall, collage 158/2017http://stephanus.com/_data/i/galleries/2017/158-xx.jpg

This collage which seems to be chaotic deserves some investigation. The horizontal division of the image is made by the waterfall and the walls. On one side the child who tries to see and on the other the adults in the pit. Their oversized size is underlined by the other characters, who are much smaller. One could imagine that the child wants to take a look at the adult world that is hidden from him. Or that they are people of the past, buried, who haunt him. But then, the climbers, on the left, would be resurrecting. And the water that descends would be the reverse movement. I do not know. I am confused. For there is still a movement back and forth, represented by the path (?) which goes towards the horizon and its vanishing point, and from back to front, when one looks at the walkers who are going to be stopped be the wall in the foreground.

The left wall echoes another collage "The Ark" that featured a similar wall but as a boat. This suggests a scene from the end of the world, with all that entails dramas. I like this interpretation because it explains the water that comes down from the sky and fills the pit. On the right, the world is still intact, although people seem to have understood the threat, while on the left, they are already fighting for their survival. And the ark itself seems unlikely to navigate the waves. Illusion of escaping disaster?

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15/05/17

  09:03:00 am, by   , 626 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

A motionless travel - Un voyage immobile

Sylvain Tesson a dit ce vendredi matin à la radio que l’écriture permettait de résoudre le conflit entre l’immobilité et l’évasion. Il est vrai que je passe beaucoup de mon temps devant ma table de travail, dans 14m2 à Genève, à faire mon collage quotidien. C’est un choix de rester collé à ma table au lieu de parcourir la planète. Mais quelle ouverture, quel mouvement dans les espaces imaginaires qui s’ouvrent dans mes images ! Le collage me donne tout ici et mieux que la réalité. C’est mon cinéma intérieur. Mais le projecteur ne s’allume que quand j’ai une page de magazine sous mes yeux, quand je commence à manipuler l’image (c’est d’ailleurs la même chose avec la photo : grâce à sa modification, elle m’invite à l’évasion). La fabrication du collage demande à peu près la même durée que le visionnage d’un film – c’est probablement la durée idéale pour une plongée dans le rêve éveillé. Mais contrairement au film que je me borne à consommer, je suis à la fois spectateur et concepteur de mon collage. Je comprends mieux la variété de mes sujets qui dépendent, bien entendu, de ce que je trouve comme photos, mais qui pourraient être classés sous des genres cinématographiques comme le reportage, la comédie sentimentale, le thriller, le drame etc. Je pourrais me comparer à un metteur en scène de clips, muets et immobiles, qui traitent de toutes sortes de sujets. Je comprends alors la place incertaine de mes collages dans l’art de mon temps qui se veut plus savant, plus intellectuel. Je ne cherche pas le concept, je veux m’évader ! Je ne fais pas d’analyse savante sur ma place dans l’histoire de l’art, je m’en moque. Je fais mes images essentiellement pour ma propre jouissance, voilà tout. Et tant mieux si quelqu’un éprouve du plaisir en les découvrant, ou même, éventuellement, y décèle les fils qui composent le canevas et se retisse sa propre toile.

 

The Ark, collage 154/17

Sylvain Tesson said Friday morning on the radio that writing solves the conflict between immobility and escape. It is true that I spend a lot of my time in front of my desk, in 14m2 in Geneva, to do my daily collage. It's a choice to stay glued to my table instead of traveling the planet. But what an opening, what movement in the imaginary spaces that open up in my images! Collage gives me everything here and better than reality. It's my inner cinema. But the projector only turns on when I have a magazine page under my eyes, when I start manipulating the image (it is the same with photography: thanks to its modification, it invites to escape). Gluing requires about the same amount of time as a movie - this is probably the ideal time for a dive into the awakened dream. But unlike the film that I merely consummate, I am at the same time spectator and designer of my collage. I can understand the variety of my subjects that depend, of course, on what photos I can hold of, but they could be classified under cinematographic genres like reporting, sentimental comedy, thriller, drama etc. I could compare myself to a director of silent and immobile clips that deal with all sorts of subjects. I then understand the uncertain place of my collages in the art of my time which is more academic, more intellectual. I do not seek the concept, I want to escape! I do not make a scholarly analysis of my place in the history of art, I do not care. I make my pictures essentially for my own enjoyment, that's all. And so much the better if someone has fun discovering them, or even, eventually, there uncovers the threads that make up the canvas and weaves his own canvas.

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29/04/17

  08:37:00 am, by   , 676 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

A clearer view

It is a collage which, in my opinion, goes a little further in my research. That's why it deserves a few lines.

The right-hand part shows a famous war picture which I extracted from the famous Kriegsfibel (B.Brecht, 1955), which I found in the few books collected from my brother, and which I combined with a panorama of the Himalayas. Wanting to glue the left side (a mountain), I turned it over and immediately saw that this one was much more interesting by its tormented, stony character. The result was relatively easy: the ascent of the left part echoes the bodies fallen to the right. The gigantism of the character who scrutinizes me with the characters melting into chaos and so on. Why this character who raises his sunglasses? Initially, the figure was seen from behind. It is a contradictory movement that I often use. Is it to express the lack of coherence of our actions, the head pretending to govern the body that does as it pleases? The result seems to me to be the inability to really advance. As for the "chaos" that reigns in the mountains, it sends me back, now, after the creation of this image, to the earthquakes that have raged in this region. Preparing my participation in a collective exhibition at Listrik, Montreux, on the theme of the world today, I once again ask myself the question of the subject in art, knowing how little influence a work of art can exert on people. As I explained earlier, the choice to devote myself to collage was determined by the desire to "stick" to reality while pursuing the quest for art. But I'm not an activist-propagandist, because it would mean a simplification of the message. They are rather dream images with a few keys for those who want to spend more than the few seconds usually devoted to images on the internet. It is therefore an invitation to open your eyes, to look better (back?) And to think - to stop to try to see better.

Sherpa, collage 139/2007

 

C’est un collage qui, à mon avis, va un peu plus loin dans mes recherches. C’est pourquoi il mérite quelques lignes.

La partie de droite montre une célèbre photo de guerre que j’ai extraite du fameux Kriegsfibel (B.Brecht, 1955),  que j’ai trouvé dans les quelques livres récupérés chez mon frère, et que j’ai combiné avec un panorama de l’Himalaya. En voulant coller la partie gauche (une montagne), je l’ai retournée et j’ai immédiatement vu que celle-ci était bien plus intéressante par son caractère tourmenté, pierreux. La suite a été relativement facile : l’ascension de la partie gauche fait écho aux corps tombés à droite. Le gigantisme du personnage qui me scrute avec les personnages se fondant dans le chaos etc.  Pourquoi ce personnage qui soulève ses lunettes de soleil ?  Initialement, le personnage était vu de dos. C’est un mouvement contradictoire que j’utilise souvent. Est-ce pour exprimer le manque de cohérence de nos actes, la tête prétendant gouverner le corps qui n’en fait qu’à sa guise ? Le résultat me semble être l’incapacité de vraiment avancer. Quant au « chaos » qui règne dans la montagne, il me renvoie, maintenant, après la création de cette image, aux tremblements de terre qui ont sévi dans cette région. Préparant ma participation à une exposition collective à Listrik, Montreux, sur le thème du monde actuel, je me pose encore une fois la question du sujet dans l’art, sachant le peu d’influence qu’une œuvre d’art peut exercer sur les gens. Comme je l’ai déjà expliqué plus tôt, le choix de me consacrer au collage a été déterminé par le désir de « coller » à la réalité » tout en poursuivant la quête de l’art. Mais je ne suis pas un activiste-propagandiste, car cela signifierait une simplification du message. Il s’agit plutôt d’images oniriques comportant quelques clés pour celui qui veut bien y passer davantage que les quelques secondes habituellement consacrées aux images sur internet. Il s’agit donc d’une invitation à ouvrir les yeux, à mieux regarder (en arrière ?) et à réfléchir – à faire halte pour essayer de mieux voir.

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20/04/17

  12:30:00 pm, by   , 411 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Autodafé

 

Should we burn what we created and loved in the past? For me, the answer is not obvious. It is certain that only a few paintings still find full grace in my eyes. I do not deny the others who witness my artistic search. But I no longer love them to the point of wanting to keep them. In a composition in progress, the element that I like best is often an obstacle to the continuation of work. It is in fact a fixing point that focuses the gaze on it and prevents me from going elsewhere in the image. Perhaps some of the paintings have played the same role in my research. So: yes, it is better to burn what keeps us from moving forward, which makes us turn in circles or satisfy ourselves with what is. Make a collage a day and photos prevents the routine, allows unprecedented explorations.

In this picture taken in front of our chimney and then in front of a painting suspended in our veranda which dates from at least 10 years, I both liked the symbolic and formal links between the gesture of the painting and the flames that burn without destroying . That's maybe the best compromise I can reach.

 

Autodafé

Faut-il brûler ce qu'on a créé et aimé dans le passé? Pour moi, la réponse n'est pas évidente. Il est certain que seules quelques peintures trouvent encore pleinement grâce à mes yeux. Je ne récuse pas pourtant les autres qui sont les témoins de mes errements artistiques. Mais je ne aime plus au point dee vouloir les conserver. Dans une composition en train de se faire, l'élément que j'aime le mieux constitue souvent un obstacle à la poursuite du travail. Il constitue en effet un point de fixation qui focalise le regard sur lui et empêche d'aller ailleurs dans l'image. Peut-être que certains tableaux ont joué le même rôle dans mes recherches. Donc: oui, il vaut mieux brûler ce qui nous empêche d'avancer, ce qui nous incite à tourner en rond, à nous satisfaire de ce qui est. Faire un collage par jour, des photos empêche la routine, permet des explorations inédites.

Dans cette photo prise devant notre cheminée et ensuite devant un tableau suspendu dans notre véranda qui date d'au moins 10 ans, j'ai à la fois aimé la symbolique et les liens formels entre la gestuelle du tableau et les flammes qui brûlent sans détruire, sans doute le meilleur compromis auquel je puis parvenir.

 

 

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28/03/17

  09:15:00 am, by   , 559 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Perspective

I like to watch my compositions from afar to judge their effect. In the past, when I was still painting, I used a mirror that I held in my hand. What difference does it make? In this image, the details fade and the image becomes vaguer, like a landscape of the 19th century. It is by approaching me that I discover the details, often incongruous, which do not stick. See the change before your eyes! A zoom effect to the point that I imagined the central character, who is seen from the back, setting out to join the crowd or the horizon. For it is necessary to get out of there to reach more serene countries than this devastation that reminds me of my hometown in 1945. Things are done and dismantled before our eyes and I tell myself that I constitute a stable point in all this.

Before your Eyes

An amusing aspect in this scene is the fragment of the Foot Painting painted by Tintoretto which fits so well into my composition. But far from myself any religious connotation, I took this piece only to pose a counterpoint to the devastation and to show the agitation of men. The comparison stops there, because it would be very pretentious to compare a work of more than 5m wide to a 42cm collage. I find, however, some analogies in the composition of space and in the setting. Except that with me, the beautiful order of Tintoretto has cracked and man has to fend for himself in a more chaotic world. The Renaissance ideal of a vanishing point towards an arc of triumph leads in my collage to an uncertain and dangerous destiny.

The Washing of the Feet

Je me plais à regarder mes compositions de loin pour juger de leur effet. Dans le passé, quand je peignais encore, j’utilisais un miroir que je tenais à la main. Quelle différence cela fait-il ? Dans cette image, les détails s’estompent et l’image devient plus vague, comme un paysage du XIXe s. C’est en me rapprochant que je découvre les détails, souvent incongrus, qui ne collent pas. See the change before your eyes! Un effet de zoom au point que je me suis imaginé le personnage central, qui est vu de dos, se mettre en marche pour rejoindre la foule ou l’horizon.  Car il faut bien sortir de là pour atteindre des contrées plus sereines que cette dévastation qui me rappelle ma ville natale en 1945. Les choses se font et se défont sous nos yeux et je me dis que je constitue un point stable dans tout cela. Un aspect amusant dans cette scène est le fragment du Lavement des pieds peint par le  Tintoret qui s’intègre si bien dans ma composition. Mais loin de moi toute connotation religieuse, je n’ai pris ce morceau que pour poser un contrepoint à la dévastation et pour montrer l’agitation des hommes. La comparaison s’arrête là, car il serait bien prétentieux de comparer une œuvre de plus de 5m de large à un collage de 42cm. Je trouve cependant quelques analogies au niveau de la composition de l’espace et de la mise en scène. Sauf que chez moi, la belle ordonnance du Tintoret s’est lézardée et l’homme doit se débrouiller dans un monde plus chaotique. L’idéal renaissant d’un point de fuite vers un arc de triomphe dans mon collage mène vers une destinée incertaine et dangereuse.

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08/03/17

  03:41:00 pm, by   , 435 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

A step into the unknown

I have few memories of my stay in the countryside between 1941-45, a few photos help me to go back in time. This collage alludes to it, but in a disguised way. I find myself in the little boy embarked for I don’t know where, building his ship that while going forward, seems to take water at the rear. Who is the old person who seems to sink into oblivion? Is it myself? The little boy advances, the old man steps back. And what about the chainsaw? Is it not the image of a sabotage of the boat or an attempt to escape to an uncertain future? It was necessary to leave the house and embark on adulthood, even if this navigation is on land and the movement seems impossible here. This image questions me more than it teaches me about myself. In making it, I did not want to give it a precise meaning. I let myself be guided by my intuition alone and the feeling of satisfaction obtained by seeing the pieces come together. In a more general way, this book on childhood and adolescence that I cut out for a few days made me make a return on myself, it constitutes a parenthesis in my creation, a sort of small notebook of intimacy: 6 pages that I will soon close.

The step, collage 079/2017

 

J’ai peu de souvenirs de mon séjour à la campagne entre 1941-45, quelques rares photos m’aident à remonter dans le temps. Ce collage y fait allusion, mais de manière déguisée. Je me retrouve dans le petit garçon embarqué pour je ne sais où, construisant son navire qui tout en allant de l’avant, semble prendre l’eau à l’arrière. Quelle est la vieille personne embarquée qui semble sombrer dans l’oubli ? Est-ce moi-même ? Le petit garçon avance, le vieillard recule. Et que vient y faire la tronçonneuse ? N’est-ce pas l’image d’un sabotage de l’embarcation ou d’une tentative de s’échapper vers un futur incertain ? Il a bien fallu quitter la maison et se lancer dans la vie adulte, même si cette navigation se fait sur la terre ferme et que le mouvement semble impossible ici. Cette image m’interroge davantage qu’elle ne m’éclaire sur moi-même. En la faisant, je n’ai pas voulu lui donner un sens précis. Je me suis laissé guider par mon intuition seule et le sentiment de satisfaction obtenu en voyant les pièces s’assembler. D’une manière plus générale, ce livre sur l’enfance et l’adolescence que je découpe depuis quelques jours m’a fait faire un retour sur moi-même, il constitue une parenthèse dans ma création, une sorte de petit cahier intime de 6 pages que je vais bientôt refermer.

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28/02/17

  04:09:00 pm, by   , 354 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, GIF, psychology

The magic of collage

Last night, animating an evening on the theme of vulnerability, I began this collage thinking of an assault I suffered one night, many years ago, on a bridge in Geneva. I had been stabbed in the corner of my eye - fortunately without gravity, and pushed over the safety slide on the deserted roadway My collage showed a face, young, in tears and blood, with white hair. I said that I wanted to show that the aggressions suffered are impregnated in the memory and that the age did nothing there.

In resuming the image today, I tried to link this episode to other "aggressions" suffered during the last 6 years, namely operations. Knife and scalpel merge in front of a suffering and anxious body.

Of course, I do not find myself in this picture: it feeds on childish tears, the adult having learned throughout the years to conceal his fears, to banish them in a corner of his consciousness where the magic of collage has come to seek them for the need of expression.

 

Cut, collage 67/2017

 

Hier soir, animant une soirée sur le thème de la vulnérabilité, j’ai commencé ce collage en pensant à une agression que j’ai subie une nuit, il y a bien des années, sur un pont de Genève. J’avais reçu un coup de couteau dans le coin de l’œil -sans gravité heureusement et basculé par-dessus la glissière de sécurité sur la chaussée déserte. Mon collage montrait un visage, jeune, en pleurs et en sang, avec des cheveux blancs. J’ai dit que je voulais montrer que les agressions subies s’imprègnent dans la mémoire et que l’âge n’y faisait rien.

En reprenant l’image aujourd’hui, j’ai cherché à relier cet épisode à d’autres « agressions » subies au cours des 6 dernières années, à savoir des opérations. Couteau et scalpel fusionnent face à un corps souffrant et angoissé.

Bien entendu, je ne me retrouve pas tel quel dans cette image : elle se nourrit des pleurs enfantines, l’adulte ayant appris au long des années à dissimuler ses craintes, à les bannir dans un coin de sa conscience où la magie du collage est venue les rechercher pour le besoin de l’expression.

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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