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20/02/18

  10:32:00 am, by   , 411 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Beach

Ce collage est le fruit d’une longue lutte pour obtenir une image cohérente. Je suis parti de trois femmes assises dont on voit encore des fragments dans l’image finale. Ayant commencé la veille, j’ai bouleversé la composition le lendemain en insérant les poissons et les gens prenant le soleil sur les rochers.  Ces deux motifs me semblent indiquer, à la fois formellement et au niveau de l’impression, qu’il s’agit d’objets jetés là par les vagues, comme on peut le voir sur certaines plages polluées. Le plan supérieur gauche montre une nature plus intacte, mais dévorée par le monstre à tête de poisson qui est une réminiscence des créatures infernales de J. Bosch. Les gens au soleil sont comme des moutons, ils ont les yeux fermés ignorant ce qui se passe de l’autre côté. Et la figure centrale pousse un cri muet, elle est comme ces poissons morts qui ont la gueule ouverte.

Ce n’est évidemment pas un collage très léger, pourtant j’éprouve une grande satisfaction à le contempler. Peut-être parce que j’ai l’impression d’avoir réuni ici la tradition picturale classique et une vision moderne, désenchantée, du monde. Heureusement que les parties hautes apportent de la sérénité et un espoir de pérennité, sinon on se trouverait réellement en enfer.

 Beach, collage 047/2018

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This collage is the result of a long struggle to obtain a coherent image. It started with three seated women whose fragments are still visible in the final image. Having begun the day before, I upset the composition the next day by inserting the fish and the sunbathers on the rocks. These two motives seem to indicate, in my view, both formally and at the level of the impression, that they are objects thrown there by the waves, as one can see it on certain polluted beaches. The upper left plan shows a more intact nature but devoured by the fish-head monster that is reminiscent of H. Bosch's infernal creatures. The people on the rocks are like sheep, their eyes are closed, they do not know what's happening on the other side. And the central figure utters a mute cry, she's like those dead open-mouthed fishes.

It is obviously not a very light collage; however, I feel a great satisfaction to contemplate it. Perhaps because I have the impression of having gathered here the classic pictorial tradition and a modern, disenchanted vision of the world. Fortunately, the high parts bring serenity and hope for sustainability, otherwise we would really be in hell.

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26/01/18

  08:46:00 am, by   , 751 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

The problem with Berni

My parents wanted to call me Berni, but this name was not accepted by the authorities. I was then imposed that other name: Bernd which appeared on my papers. But nobody in my entourage called me otherwise than Berni, except the teachers who preferred the other name. It was more Germanic (the final d is pronounced t), harder. They thought and they wrote it once: a berni was just a child, it was just a diminutive and you had to grow, harden, isn’it? And also, write with the right hand, the left hand is not intended for such use. So, I hated and still hate the name Bernd and I got rid of it during my Swiss naturalization. Failing to finally call me Berni as I would have liked, I was offered Bernard as a consolation. Go with Bernard, but it's not me, of course. Later, my friend had the same reflex as my teachers saying that Berni was childish and that I needed another name, Stéphane. Why not, but it still could not be me. Besides, at the Beaux-Arts, I was called Stephanus instead of Berni. After the break with C., I quickly recovered my first name, but alas, the German practice in 1941 to put the names of the godfathers in front of the usual name played me a trick: during the computerization of data, the Swiss authorities decided that I was officially called Werner from now on. Here is the situation: all my friends know me under Berni, my Swiss driving license, my family book etc. under Bernard, because established long before the digital revolution, and all the recent documents under Werner. In fact, I do not care, I know who I am and I'm happy to call me Berni, period. Thinking back to this administrative mess, I remembered that in my maternal Schwarzmann family, my grandfather was originally called Mordko, but after his naturalization, he became Max; my uncle had to go from Lev to Leo, only the girls could keep their original name. I'm just perpetuating the maternal family tradition that shows a certain adaptability, unlike the paternal family who knew only two male first names: Herrmann and Richard. I was nearly on it !

Open Face, colle 19-2018

 

 

 

Mes parents voulaient m’appeler Berni, mais ce prénom n’a pas été accepté par les autorités. On m’a alors imposé cet autre prénom : Bernd qui figura sur mes papiers.  Or personne dans mon entourage ne m’appelait autrement que Berni, mais les professeurs préféraient l’autre prénom. Il faisait plus germanique (le d final se prononce t), plus dur. Ils pensaient et ils l’ont écrit une fois qu’un berni n’était qu’un enfant, ce n’était qu’un diminutif et il fallait grandir, se durcir, n’est-ce pas ? Et aussi, écrire de la main droite, la main gauche n’étant pas destinée à un tel usage. Du coup, j’ai détesté et déteste encore le prénom Bernd et je m’en suis débarrassé lors de ma naturalisation suisse. A défaut de pouvoir enfin m’appeler Berni comme je l’aurais souhaité, on m’a proposé Bernard en guise de consolation. Va pour Bernard, mais ce n’est pas moi, évidemment. Plus tard, mon amie a eu le même réflexe que mes profs en disant que Berni faisait enfantin et qu’il me fallait un autre prénom, Stéphane. Pourquoi pas, mais ça ne pouvait toujours pas être moi. D’ailleurs, aux Beaux-Arts, on m’appelait bien Stephanus au lieu de Berni. Après la rupture avec C., j’ai vite fait de récupérer enfin mon prénom à moi, mais hélas, la pratique allemande en 1941 de mettre les noms des parrains devant le prénom usuel m’a joué un tour pendable : au cours de l’informatisation des données, les autorités helvétiques ont décidé que je m’appelais dorénavant officiellement Werner.  Voici la situation : tous mes intimes me connaissent sous Berni, mon permis de conduire suisse, mon livret de famille etc. sous Bernard, car établi longtemps avant la révolution numérique, et tous les documents récents sous Werner. En fait, je m’en fiche, je sais qui je suis et je suis content de m’appeler Berni, point barre. En repensant à cet imbroglio administratif, je me suis souvenu que dans ma famille maternelle Schwarzmann, mon grand-père s’appelait initialement Mordko, mais après sa naturalisation, il est devenu Max ; mon oncle, lui, a dû passer de Lev à Léo, seules les filles ont pu garder leur prénom. Je ne fais que perpétuer la tradition familiale maternelle qui fait montre d’une faculté d’adaptation certaine, contrairement à la famille paternelle qui ne connaissait que deux prénoms mâles : Herrmann et Richard. Je l’ai échappé belle !

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28/12/17

  10:39:00 am, by   , 431 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Pause

Deux semaines sans collage – une éternité après des années de travail quotidien. Je m’aperçois que mes images se sont sophistiquées au fil du temps, qu’il me faut une pile de magazines pour créer et que de toute façon, la taille de ceux-ci – dorénavant A3  - en exclut le transport dans une valise. Alors quoi ? Aucun signe de manque ? Non. Le collage a migré dans mon appareil photo et compense momentanément le travail avec les ciseaux.

C’est un autre regard que je porte à travers le viseur de mon appareil : je m’essaie au portrait, à la photo de fleurs, au jeu des transparences. Point de tour Eiffel ou autres monuments parisiens : juste ce qui m’entoure sur le moment, ce qui se présente au hasard des rencontres et des déambulations.

Et contrairement au collage qui nécessite parfois une explication, y compris à moi-même, la photo parle d’elle-même, elle se borne à exister.

Ceci dit, je me réjouis de retrouver ma table de travail où deux collages provisoires m’attendent depuis deux semaines et de replonger dans mes constructions délirantes. Allons ! Encore 10 jours  et la machine se remettra en route ! En attendant, le soleil brille sur Paris, je prends le soleil sur la terrasse et songe aux photos que je vais pouvoir prendre avant que le ciel ne se couvre et verse ses larmes sur la disparation de M.

 

Two weeks without collage - an eternity after years of daily work. I realize that my images have become sophisticated over time, that I need a stack of magazines to create and that anyway, the size of these - now A3 - excludes the transport in a suitcase. So what? No sign of lack? No. The collage has migrated in my camera and momentarily compensates the work with the scissors.

It is another look that I take through the viewfinder of my camera: I try to portrait, take the picture of flowers, play with transparencies. No Eiffel tower or other Parisian monuments: just what surrounds me at the moment, which comes at random encounters and strolls.

And unlike collage that sometimes requires an explanation, including myself, a photo speaks for itself, it is limited to exist.

That said, I'm looking forward to my table where two provisional collages have been waiting for me for two weeks and to plunge into my delirious constructions. Come on! Another 10 days and the machine will start again! Meanwhile, the sun shines on Paris, I take the sun on the terrace and think of the photos that I will be able to take before the sky covers and pours tears on the disappearance of M.

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  10:39:00 am, by   , 431 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Pause

Deux semaines sans collage – une éternité après des années de travail quotidien. Je m’aperçois que mes images se sont sophistiquées au fil du temps, qu’il me faut une pile de magazines pour créer et que de toute façon, la taille de ceux-ci – dorénavant A3  - en exclut le transport dans une valise. Alors quoi ? Aucun signe de manque ? Non. Le collage a migré dans mon appareil photo et compense momentanément le travail avec les ciseaux.

C’est un autre regard que je porte à travers le viseur de mon appareil : je m’essaie au portrait, à la photo de fleurs, au jeu des transparences. Point de tour Eiffel ou autres monuments parisiens : juste ce qui m’entoure sur le moment, ce qui se présente au hasard des rencontres et des déambulations.

Et contrairement au collage qui nécessite parfois une explication, y compris à moi-même, la photo parle d’elle-même, elle se borne à exister.

Ceci dit, je me réjouis de retrouver ma table de travail où deux collages provisoires m’attendent depuis deux semaines et de replonger dans mes constructions délirantes. Allons ! Encore 10 jours  et la machine se remettra en route ! En attendant, le soleil brille sur Paris, je prends le soleil sur la terrasse et songe aux photos que je vais pouvoir prendre avant que le ciel ne se couvre et verse ses larmes sur la disparation de M.

 

Two weeks without collage - an eternity after years of daily work. I realize that my images have become sophisticated over time, that I need a stack of magazines to create and that anyway, the size of these - now A3 - excludes the transport in a suitcase. So what? No sign of lack? No. The collage has migrated in my camera and momentarily compensates the work with the scissors.

It is another look that I take through the viewfinder of my camera: I try to portrait, take the picture of flowers, play with transparencies. No Eiffel tower or other Parisian monuments: just what surrounds me at the moment, which comes at random encounters and strolls.

And unlike collage that sometimes requires an explanation, including myself, a photo speaks for itself, it is limited to exist.

That said, I'm looking forward to my table where two provisional collages have been waiting for me for two weeks and to plunge into my delirious constructions. Come on! Another 10 days and the machine will start again! Meanwhile, the sun shines on Paris, I take the sun on the terrace and think of the photos that I will be able to take before the sky covers and pours tears on the disappearance of M.

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06/11/17

  08:01:00 pm, by   , 709 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Broomstick

Du balai! collage 358-17

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Ce collage au titre intraduisible met en scène 2 personnages. L’un est âgé, il se tient devant des tas de billets, mais il semble accablé. A y regarder de plus près, on voit qu’il déjà sous terre. L’autre personnage était à l’origine une partisane russe tenant un fusil avec une baïonette. Au cours de mon élaboration, j’ai éprouvé de l’insatisfaction parce que le lien entre révolution et argent était trop peu parlant à mes yeux. C’est en cherchant  que j’ai trouvé ce balai qui par ailleurs ressemble à un  gros pinceau de peintre et qui m’a rappelé le tableau de Goya. Le balai, au sens premier, c’est pour faire le ménage dans le monde de la finance (cf. les Paradise papers), mais dans un sens plus métaphorique, c’est la faux de la mort qui balaie tout le monde, y compris les riches qui croient pouvoir survivre en s’accrochant aux biens – plus ou moins bien acquis – en oubliant la mort qui est notre destinée à tous. Il y a, bien sûr, un peu d’humour dans cette image, quand on pense à la Russsie d’aujourd’hui ; le grand coup de balai de la révolution d’octobre a abouti, 100 ans après, à des oligarques qui se sont enrichis avec les raclures de ce qui restait à l’effondrement du communisme.

Goya, Les vieilles

Voici, pour le Goya, une citation tirée de Wikipédia :

 « Dans un clair-obscur, deux vieilles femmes, cadavériques, l’une assise, l’autre lui murmurant à l’oreille, sont au premier plan tandis qu’au fond un homme ailé, torse nu, est muni d’un balai avec lequel il est sur le point de les balayer.

La femme assise est habillée de blanc, très soignée ; elle observe un dessin d’elle miniature, alors que la seconde lui tend un miroir au dos duquel est écrit « Que tal ? » « Comment ça va ? » et qui fonctionne comme une bande-dessinée, technique déjà employée par le peintre dans Los Caprichos. Il s’agit vraisemblablement d’une noble - la Reine, avance le palais des beaux-arts - et de sa servante, obsédées par leurs apparences respectives jusqu’au seuil de la mort, peaufinant un maquillage posé sur un corps croulant alors que Chronos, en fond, est sur le point de les frapper. » (Wikipedia)

 

This collage with an untranslatable title* features two characters. One is old, he stands in front of piles of banknotes, but he seems overwhelmed. If you look closer, you can see that he is already underground. The other character was originally a Russian partisan holding a rifle with a bayonet. During my work on this collage, I felt dissatisfied because the connection between revolution and money was not clear enough for me. It was while searching that I found this broom which also looks like a big painter's brush and which reminded me of Goya's painting. The broom, in the first sense, is to clean up the world of finance (see the Paradise papers), but in a more metaphorical sense, it is the scythe of death that sweeps everyone, including the rich who believe they can survive by clinging to goods - more or less well acquired - forgetting that death is our common destiny. There is, of course, a bit of humor in this picture, when one thinks of today's Russsia; the great sweep of the October revolution led, 100 years later, to oligarchs who enriched themselves with the scrapings of what remained from the collapse of communism.
Here is, for the Goya, a quote from Wikipedia:
 "In a chiaroscuro, two old women, cadaverous, one sitting, the other whispering in her ear, are in the foreground while at the bottom a winged man, shirtless, is equipped with a broom with which he is about to sweep them away.
The seated woman is dressed in white, very neat; she observes a drawing of her miniature, while the second gives her a mirror on the back of which is written "Que tal? " " How are you ? " and which works as a comic, technique already used by the painter in Los Caprichos. It is likely a noble - the Queen, according to the Palace of the Fine Arts - and her servant, obsessed by their respective appearances till the threshold of death, polishing a makeup on a crumbling body while Chronos, in the background, is about to hit them. »(Wikipedia)

*du balai means literally to brush away

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21/10/17

  06:32:00 am, by   , 401 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Hell

Ce collage est parti d’une photo de Nord-Coréens en liesse à la vue de leur bourreau dont les camps ressemblent à s’y méprendre à ceux des Khmers rouges. Mais le personnage à droite n’a gardé de ce dernier que le haut de la tête, le reste devenant une sorte de nain géant. J’ai pensé à la solitude d’un dictateur, la comparant à la mienne ces jours. Ici aussi, la vie se déroule derrière des fenêtres de notre appartement – si loin et si proche – sauf que personne ne prend notice de moi. Mon regard désabusé embrasse ce monde de folie et d’apocalypse annoncée (?), un peu comme un prophète biblique que je ne suis vraiment pas. Par un changement de regard, nourri d’images du passé, je vois une certaine analogie formelle avec le retable Portinari (la division en trois parties et les bergers) et avec l’enfer de Bosch. En effet, ces gens y sont déjà sans le savoir, car leur idolâtrie les rend aveugles à leur propre condition. Quant à l’idole, elle est statufiée, se transformant en pierre ou en bronze qu’il suffira de déboulonner au prochain changement de régime. En fait, le dictateur est déjà mort, mais il ne s’en doute pas encore.

 Adoration, collage 345/2017

the bigger picture

This collage is based on a photo of North Koreans jubilant at the sight of their executioner whose camps are like those of the Khmer Rouge. But the character on the right kept only the top of the head, the rest becoming a kind of giant dwarf. I thought of the loneliness of a dictator, comparing it to mine these days. Here too, life takes place behind the windows of our apartment - so far and so close - except that no one takes notice of me. My disillusioned look embraces this world of madness and announced apocalypse (?), a bit like a biblical prophet that I really am not. Through a change of look, fed with images of the past, I see a certain formal analogy with the Portinari altarpiece (the three-part division and the shepherds) and with Bosch's hell. Indeed, these people are already there without knowing it, because their idolatry makes them blind to their own condition. As for the idol, it is statufied, turning into stone or bronze that will be easy to tear down at the next change of regime. In fact, the dictator is already dead, but he does not suspect it yet.

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12/10/17

  05:10:00 pm, by   , 355 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Fata Morgana

L’un part, l’autre reste, deux personnages défaits. A droite le désert, à gauche un spectacle inquiétant. Est-ce que l’on emporte un bout de sa patrie avec soi quand on s’exile ? Cela peut être lourd à porter, même aveugler. Et pourtant, il avance.  

  • J’avance parce que derrière moi, il n’y a que du désert. Je pars vers autre chose.
  • Et moi, je reste à cause du désert où je suis enraciné. Je fais partie du paysage, je ne peux pas m’en extraire. Seul mon esprit voyage.

Plus je regarde cette image, plus elle me trouble. Elle me fait penser à la mort sans que je puisse savoir comment j’arrive à cette idée. Peut-être que l’aspect fragmentaire des personnages en est la cause ? Les petits personnages qui semblent partir au loin ? Le sol qui se dérobe ?

Et si c’était le même personnage dédoublé ? Ce qui reste en arrière serait donc le fantôme de la vie ancienne qui reste figé comme tout souvenir et qui reste muet.

Cette image est importante pour moi. Elle me rappelle mes propres départs.

Fata Morgana, collage 335/2017

the bigger picture

One leaves, the other remains, two defeated characters. On the right the desert, on the left a disturbing sight. Do we take a piece of our country with ourselves when we go into exile? This can be cumbersome to wear, even dazzling. And yet, he advances.

  • I go forward because behind me there is only desert. I'm going to something else.
  • And I remain because of the desert where I am rooted. I'm part of the landscape, I cannot get away from it. Only my mind travels.

The more I look at this image, the more it troubles me. It makes me think of death without knowing how I get to this idea. Perhaps the fragmentary aspect of the characters is the cause? The little characters who seem to go away? The soil that slips away?

What if it was the same dual character? What remains behind would be the phantom of the old life which remains frozen like all memory and remains mute.

This image is important to me. It reminds me of my own departures.

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19/09/17

  11:13:00 am, by   , 448 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

ON DEPARTURE

J’ai fait cette image après un scanner du rein supposé vérifier s’il n’y avait pas de récidive. La nuit d’avant, n’excluant pas une mauvaise nouvelle et mon épouse m’ayant dit ne pas vouloir que je la quitte, j’avais imaginé ce que cela pouvait signifier de devoir se séparer de ceux qu’on aime, devoir les laisser. Dans le collage, les rôles sont apparemment inversés : la famille s’en va et l’homme reste là à fermer la portière du bus pour qu’ils puissent partir. Et pourtant c’est lui qui est censé partir. Je pense que l’image montre que le mouvement continue pour les vivants, alors que pour le mourant tout va se figer. Il est impuissant dorénavant, il ne peut plus s’immiscer dans la vie de ses proches. C’est cela son désespoir qui se manifeste dans un cri. Au fond, tout s’écroule, comme dans le décor de mon collage où cet écroulement est traduit de manière littérale. Et devant, le voyage de la vie continue, sans lui.

Bon, je dirai ce soir que ce moment n’est pas encore arrivé, mais à 76 ans, on ne peut guère faire des plans sur la comète, il faut être plus modeste et goûter les infimes bonheurs du quotidien partagé avec ceux qui nous sont chers. Et s’ils ne sont pas là pendant un moment, ils ne tarderont pas à revenir, j’en suis sûr.

 

Departure, collage 316/2017

 bigger picture

English translation

 

I made this image after a kidney scan supposed to check if there was no recurrence. The night before, not excluding bad news, and my wife having told me not wanting me to leave her, I had imagined what it meant to be separated from those we love, to let them. In the collage, the roles are apparently reversed: the family leaves and the man stays there to close the door of the bus so that they can leave. And yet it is he who is supposed to leave. I think the image shows that the movement continues for the living, whereas for the dying everything will freeze. He is impotent from now on, he can no longer interfere in the lives of his relatives. This is his despair, which is manifested in a cry. In fact, everything collapses, as in the setting of my collage where this collapse is translated literally. And in the foreground, the journey of life goes on without him.

Well, I will say tonight that this moment has not yet arrived, but at 76 years, we can hardly make plans on the comet, we must be more modest and taste the tiny joys of everyday, shared with those we love. And if they're not there for a while, they'll be back soon, I'm sure.

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13/09/17

  12:03:00 pm, by   , 611 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

2 collages

Je me dis que ces deux images reflètent la complexité du monde, la coexistence du passé et du présent, la simultanéité des événements, le mélange de toutes les images sur les écrans.

Comment de telles images peuvent-elles faire sens ? Parfois elles éclatent de vouloir trop contenir, j'essaie pourtant de maintenir la composition en donnant des repères comme le ciel en haut, mais il a tendance à vouloir se retourner, à ne plus jouer son rôle. Et la terre se dérobe sous les pas.  Je peux indiquer que je m'inspire très vaguement des Riches Heures ou de la Nef des Fous, mais ce lien est quasi invisible.

 

Côte d'Azur, collage 304/2017  

bigger picture

 

Je suis assis là, à moitié nu dans mon drap blanc, parmi le brouhaha de cette foule qui va passer sous un pont parisien peint par Van Gogh. Je perçois des paroles proférées par un être sorti d'un cauchemar de Bosch, mais je ne les saisis pas, à cause du bruit ambiant. Je reste impassible. Où va ce voyage ? Je ne sais pas. Là où le courant nous emportera.

Flatboat, collage 305/2017

bigger picture

 

Dans l'autre image, je me trouve parmi les gens qui jubilent devant l'objectif d'un smartphone. Une main tente de tourner ma tête dans le bon sens, sans doute pour que fasse bonne figure sur la photo. Mais je regarde ailleurs, hors cadre, on ne sait où, mais en tout cas pas vers les princesses en robe blanche qui se mêlent à la foule joyeuse. J'envie aux poules leur saine indifférence, leur œil rivé sur l'herbe verte qui est bien plus rassurante que la forêt qui s'embrase au fond de l'image, bien qu’il s’agisse évidemment d’une attitude stupide qui risque de leur coûter cher. Mais c’est un moment d’illusion, de tranquillité, de repli sur soi devant l’agitation générale, une concentration sur l’essentiel.

English translation

I think that these two images reflect the complexity of the world, the coexistence of the past and the present, the simultaneity of events, the mixing of all images on the screens.

How can such images make sense? Sometimes they burst out of wanting to contain too much, but I try to maintain the composition by giving marks like the sky above, but it tends to want to turn over, to no longer play its part. And the earth hides under the feet. I can say that I am very vaguely inspired by the Rich Hours or the Nave of the Fools, but this link is almost invisible.

am sitting there, half naked in my white cloth, amid the hubbub of this crowd that will pass under a Parisian bridge painted by Van Gogh. I perceive words spoken by a person who came out of a nightmare of Bosch, but I do not grasp them because of the ambient noise. I remain impassive. Where is this trip going? I do not know. Where the current will carry us.

 

In the other image, I find myself among people who jubilate before the lens of a smartphone. A hand tries to turn my head in the right direction, probably to make a good figure in the picture. But I look elsewhere, out of the frame, nobody knows where, but in any case, not towards the princesses in white dress who mingle with the joyful crowd. I envy the chickens their healthy indifference, their eyes riveted on the green grass, which is much more reassuring than the forest which blazes at the background of the image, although it is evidently a stupid attitude which may cost them dearly. But it is a moment of illusion, of tranquility, of withdrawal into oneself in the face of general agitation, a concentration on the essential.

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25/08/17

  04:37:00 pm, by   , 470 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Inspiration

Ce dernier collage a été long et difficile à composer. De la composition initiale, il ne subsiste que la bande centrale bleue, tout le reste a été recouvert. Pourquoi ?

Collage: Tu n’avais pas d’idée claire au départ.

Moi : C’est toujours ainsi.

Collage: Mais non, car d’habitude tu as un éclair d’inspiration, le reste suit.

Moi : C’est vrai, mais je cherche encore plus à décomposer l’espace en ce moment.

Collage: Voilà pourquoi tu risques l’incohérence. C’est un équilibre difficile à trouver.

Moi : C’est surtout une idée qui tient l’ensemble de la composition qui doit émerger. Et c’est plus long à venir. Je me demande si je ne devrais pas faire le collage sur deux jours au lieu d’un seul. Pour cette image, je l’ai laissée durant quelques heures au repos. Ça allait mieux après cette pause.

Collage: C’est à essayer. Il faut dire aussi que le format A3 est plus exigeant, car plus grand. Mais le résultat en vaut la peine. J’aime bien l’idée des larmes qui se transforment en fleurs.

Moi : Oui, c’est venu tout à la fin, j’en suis très content. C’est un élément féérique dans toute cette misère. Du coup, on a l’impression que les ruines se muent en lumière.

Collage: Allez, courage l’artiste. Et que ta maxime d’un collage par jour ne t’oblige pas à finir ton collage trop vite – tu peux toujours  faire une photo à la place !

 Tears, collage 288/2017

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This last collage was long and difficult to compose. Of the initial composition, only the blue central band remains, all the rest has been covered. Why?

Collage: You had no clear idea at the start.

Me: That's always the way it is.

Collage: But no, because usually you have a flash of inspiration, the rest follows.

Me: That's true, but I'm looking for even more to decompose space at this time.

Collage: That's why you risk inconsistency. It is a difficult balance to find.

Me: It is above all an idea that holds the whole composition that must emerge. And it's longer to come. I wonder if I should not do the collage on two days instead of just one. For this image, I left it for a few hours at rest. It was better after this break.

Collage: Good idea. It should also be said that the A3 format is more demanding, because larger. But the result is worth it. I like the idea of tears that turn into flowers.

Me: Yes, it came all at the end, I'm very happy. It is a magical element in all this misery. As a result, one has the impression that the ruins are turning into light.

Collage: Go, courage the artist. And that your maxim of a collage a day does not oblige you to finish your collage too fast - you can always take a picture instead!

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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