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06/11/17

  09:01:00 pm, by   , 709 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Broomstick

Du balai! collage 358-17

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Ce collage au titre intraduisible met en scène 2 personnages. L’un est âgé, il se tient devant des tas de billets, mais il semble accablé. A y regarder de plus près, on voit qu’il déjà sous terre. L’autre personnage était à l’origine une partisane russe tenant un fusil avec une baïonette. Au cours de mon élaboration, j’ai éprouvé de l’insatisfaction parce que le lien entre révolution et argent était trop peu parlant à mes yeux. C’est en cherchant  que j’ai trouvé ce balai qui par ailleurs ressemble à un  gros pinceau de peintre et qui m’a rappelé le tableau de Goya. Le balai, au sens premier, c’est pour faire le ménage dans le monde de la finance (cf. les Paradise papers), mais dans un sens plus métaphorique, c’est la faux de la mort qui balaie tout le monde, y compris les riches qui croient pouvoir survivre en s’accrochant aux biens – plus ou moins bien acquis – en oubliant la mort qui est notre destinée à tous. Il y a, bien sûr, un peu d’humour dans cette image, quand on pense à la Russsie d’aujourd’hui ; le grand coup de balai de la révolution d’octobre a abouti, 100 ans après, à des oligarques qui se sont enrichis avec les raclures de ce qui restait à l’effondrement du communisme.

Goya, Les vieilles

Voici, pour le Goya, une citation tirée de Wikipédia :

 « Dans un clair-obscur, deux vieilles femmes, cadavériques, l’une assise, l’autre lui murmurant à l’oreille, sont au premier plan tandis qu’au fond un homme ailé, torse nu, est muni d’un balai avec lequel il est sur le point de les balayer.

La femme assise est habillée de blanc, très soignée ; elle observe un dessin d’elle miniature, alors que la seconde lui tend un miroir au dos duquel est écrit « Que tal ? » « Comment ça va ? » et qui fonctionne comme une bande-dessinée, technique déjà employée par le peintre dans Los Caprichos. Il s’agit vraisemblablement d’une noble - la Reine, avance le palais des beaux-arts - et de sa servante, obsédées par leurs apparences respectives jusqu’au seuil de la mort, peaufinant un maquillage posé sur un corps croulant alors que Chronos, en fond, est sur le point de les frapper. » (Wikipedia)

 

This collage with an untranslatable title* features two characters. One is old, he stands in front of piles of banknotes, but he seems overwhelmed. If you look closer, you can see that he is already underground. The other character was originally a Russian partisan holding a rifle with a bayonet. During my work on this collage, I felt dissatisfied because the connection between revolution and money was not clear enough for me. It was while searching that I found this broom which also looks like a big painter's brush and which reminded me of Goya's painting. The broom, in the first sense, is to clean up the world of finance (see the Paradise papers), but in a more metaphorical sense, it is the scythe of death that sweeps everyone, including the rich who believe they can survive by clinging to goods - more or less well acquired - forgetting that death is our common destiny. There is, of course, a bit of humor in this picture, when one thinks of today's Russsia; the great sweep of the October revolution led, 100 years later, to oligarchs who enriched themselves with the scrapings of what remained from the collapse of communism.
Here is, for the Goya, a quote from Wikipedia:
 "In a chiaroscuro, two old women, cadaverous, one sitting, the other whispering in her ear, are in the foreground while at the bottom a winged man, shirtless, is equipped with a broom with which he is about to sweep them away.
The seated woman is dressed in white, very neat; she observes a drawing of her miniature, while the second gives her a mirror on the back of which is written "Que tal? " " How are you ? " and which works as a comic, technique already used by the painter in Los Caprichos. It is likely a noble - the Queen, according to the Palace of the Fine Arts - and her servant, obsessed by their respective appearances till the threshold of death, polishing a makeup on a crumbling body while Chronos, in the background, is about to hit them. »(Wikipedia)

*du balai means literally to brush away

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21/10/17

  07:32:00 am, by   , 401 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Hell

Ce collage est parti d’une photo de Nord-Coréens en liesse à la vue de leur bourreau dont les camps ressemblent à s’y méprendre à ceux des Khmers rouges. Mais le personnage à droite n’a gardé de ce dernier que le haut de la tête, le reste devenant une sorte de nain géant. J’ai pensé à la solitude d’un dictateur, la comparant à la mienne ces jours. Ici aussi, la vie se déroule derrière des fenêtres de notre appartement – si loin et si proche – sauf que personne ne prend notice de moi. Mon regard désabusé embrasse ce monde de folie et d’apocalypse annoncée (?), un peu comme un prophète biblique que je ne suis vraiment pas. Par un changement de regard, nourri d’images du passé, je vois une certaine analogie formelle avec le retable Portinari (la division en trois parties et les bergers) et avec l’enfer de Bosch. En effet, ces gens y sont déjà sans le savoir, car leur idolâtrie les rend aveugles à leur propre condition. Quant à l’idole, elle est statufiée, se transformant en pierre ou en bronze qu’il suffira de déboulonner au prochain changement de régime. En fait, le dictateur est déjà mort, mais il ne s’en doute pas encore.

 Adoration, collage 345/2017

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This collage is based on a photo of North Koreans jubilant at the sight of their executioner whose camps are like those of the Khmer Rouge. But the character on the right kept only the top of the head, the rest becoming a kind of giant dwarf. I thought of the loneliness of a dictator, comparing it to mine these days. Here too, life takes place behind the windows of our apartment - so far and so close - except that no one takes notice of me. My disillusioned look embraces this world of madness and announced apocalypse (?), a bit like a biblical prophet that I really am not. Through a change of look, fed with images of the past, I see a certain formal analogy with the Portinari altarpiece (the three-part division and the shepherds) and with Bosch's hell. Indeed, these people are already there without knowing it, because their idolatry makes them blind to their own condition. As for the idol, it is statufied, turning into stone or bronze that will be easy to tear down at the next change of regime. In fact, the dictator is already dead, but he does not suspect it yet.

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12/10/17

  06:10:00 pm, by   , 355 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Fata Morgana

L’un part, l’autre reste, deux personnages défaits. A droite le désert, à gauche un spectacle inquiétant. Est-ce que l’on emporte un bout de sa patrie avec soi quand on s’exile ? Cela peut être lourd à porter, même aveugler. Et pourtant, il avance.  

  • J’avance parce que derrière moi, il n’y a que du désert. Je pars vers autre chose.
  • Et moi, je reste à cause du désert où je suis enraciné. Je fais partie du paysage, je ne peux pas m’en extraire. Seul mon esprit voyage.

Plus je regarde cette image, plus elle me trouble. Elle me fait penser à la mort sans que je puisse savoir comment j’arrive à cette idée. Peut-être que l’aspect fragmentaire des personnages en est la cause ? Les petits personnages qui semblent partir au loin ? Le sol qui se dérobe ?

Et si c’était le même personnage dédoublé ? Ce qui reste en arrière serait donc le fantôme de la vie ancienne qui reste figé comme tout souvenir et qui reste muet.

Cette image est importante pour moi. Elle me rappelle mes propres départs.

Fata Morgana, collage 335/2017

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One leaves, the other remains, two defeated characters. On the right the desert, on the left a disturbing sight. Do we take a piece of our country with ourselves when we go into exile? This can be cumbersome to wear, even dazzling. And yet, he advances.

  • I go forward because behind me there is only desert. I'm going to something else.
  • And I remain because of the desert where I am rooted. I'm part of the landscape, I cannot get away from it. Only my mind travels.

The more I look at this image, the more it troubles me. It makes me think of death without knowing how I get to this idea. Perhaps the fragmentary aspect of the characters is the cause? The little characters who seem to go away? The soil that slips away?

What if it was the same dual character? What remains behind would be the phantom of the old life which remains frozen like all memory and remains mute.

This image is important to me. It reminds me of my own departures.

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19/09/17

  12:13:00 pm, by   , 448 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

ON DEPARTURE

J’ai fait cette image après un scanner du rein supposé vérifier s’il n’y avait pas de récidive. La nuit d’avant, n’excluant pas une mauvaise nouvelle et mon épouse m’ayant dit ne pas vouloir que je la quitte, j’avais imaginé ce que cela pouvait signifier de devoir se séparer de ceux qu’on aime, devoir les laisser. Dans le collage, les rôles sont apparemment inversés : la famille s’en va et l’homme reste là à fermer la portière du bus pour qu’ils puissent partir. Et pourtant c’est lui qui est censé partir. Je pense que l’image montre que le mouvement continue pour les vivants, alors que pour le mourant tout va se figer. Il est impuissant dorénavant, il ne peut plus s’immiscer dans la vie de ses proches. C’est cela son désespoir qui se manifeste dans un cri. Au fond, tout s’écroule, comme dans le décor de mon collage où cet écroulement est traduit de manière littérale. Et devant, le voyage de la vie continue, sans lui.

Bon, je dirai ce soir que ce moment n’est pas encore arrivé, mais à 76 ans, on ne peut guère faire des plans sur la comète, il faut être plus modeste et goûter les infimes bonheurs du quotidien partagé avec ceux qui nous sont chers. Et s’ils ne sont pas là pendant un moment, ils ne tarderont pas à revenir, j’en suis sûr.

 

Departure, collage 316/2017

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English translation

 

I made this image after a kidney scan supposed to check if there was no recurrence. The night before, not excluding bad news, and my wife having told me not wanting me to leave her, I had imagined what it meant to be separated from those we love, to let them. In the collage, the roles are apparently reversed: the family leaves and the man stays there to close the door of the bus so that they can leave. And yet it is he who is supposed to leave. I think the image shows that the movement continues for the living, whereas for the dying everything will freeze. He is impotent from now on, he can no longer interfere in the lives of his relatives. This is his despair, which is manifested in a cry. In fact, everything collapses, as in the setting of my collage where this collapse is translated literally. And in the foreground, the journey of life goes on without him.

Well, I will say tonight that this moment has not yet arrived, but at 76 years, we can hardly make plans on the comet, we must be more modest and taste the tiny joys of everyday, shared with those we love. And if they're not there for a while, they'll be back soon, I'm sure.

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13/09/17

  01:03:00 pm, by   , 611 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

2 collages

Je me dis que ces deux images reflètent la complexité du monde, la coexistence du passé et du présent, la simultanéité des événements, le mélange de toutes les images sur les écrans.

Comment de telles images peuvent-elles faire sens ? Parfois elles éclatent de vouloir trop contenir, j'essaie pourtant de maintenir la composition en donnant des repères comme le ciel en haut, mais il a tendance à vouloir se retourner, à ne plus jouer son rôle. Et la terre se dérobe sous les pas.  Je peux indiquer que je m'inspire très vaguement des Riches Heures ou de la Nef des Fous, mais ce lien est quasi invisible.

 

Côte d'Azur, collage 304/2017  

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Je suis assis là, à moitié nu dans mon drap blanc, parmi le brouhaha de cette foule qui va passer sous un pont parisien peint par Van Gogh. Je perçois des paroles proférées par un être sorti d'un cauchemar de Bosch, mais je ne les saisis pas, à cause du bruit ambiant. Je reste impassible. Où va ce voyage ? Je ne sais pas. Là où le courant nous emportera.

Flatboat, collage 305/2017

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Dans l'autre image, je me trouve parmi les gens qui jubilent devant l'objectif d'un smartphone. Une main tente de tourner ma tête dans le bon sens, sans doute pour que fasse bonne figure sur la photo. Mais je regarde ailleurs, hors cadre, on ne sait où, mais en tout cas pas vers les princesses en robe blanche qui se mêlent à la foule joyeuse. J'envie aux poules leur saine indifférence, leur œil rivé sur l'herbe verte qui est bien plus rassurante que la forêt qui s'embrase au fond de l'image, bien qu’il s’agisse évidemment d’une attitude stupide qui risque de leur coûter cher. Mais c’est un moment d’illusion, de tranquillité, de repli sur soi devant l’agitation générale, une concentration sur l’essentiel.

English translation

I think that these two images reflect the complexity of the world, the coexistence of the past and the present, the simultaneity of events, the mixing of all images on the screens.

How can such images make sense? Sometimes they burst out of wanting to contain too much, but I try to maintain the composition by giving marks like the sky above, but it tends to want to turn over, to no longer play its part. And the earth hides under the feet. I can say that I am very vaguely inspired by the Rich Hours or the Nave of the Fools, but this link is almost invisible.

am sitting there, half naked in my white cloth, amid the hubbub of this crowd that will pass under a Parisian bridge painted by Van Gogh. I perceive words spoken by a person who came out of a nightmare of Bosch, but I do not grasp them because of the ambient noise. I remain impassive. Where is this trip going? I do not know. Where the current will carry us.

 

In the other image, I find myself among people who jubilate before the lens of a smartphone. A hand tries to turn my head in the right direction, probably to make a good figure in the picture. But I look elsewhere, out of the frame, nobody knows where, but in any case, not towards the princesses in white dress who mingle with the joyful crowd. I envy the chickens their healthy indifference, their eyes riveted on the green grass, which is much more reassuring than the forest which blazes at the background of the image, although it is evidently a stupid attitude which may cost them dearly. But it is a moment of illusion, of tranquility, of withdrawal into oneself in the face of general agitation, a concentration on the essential.

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25/08/17

  05:37:00 pm, by   , 470 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Inspiration

Ce dernier collage a été long et difficile à composer. De la composition initiale, il ne subsiste que la bande centrale bleue, tout le reste a été recouvert. Pourquoi ?

Collage: Tu n’avais pas d’idée claire au départ.

Moi : C’est toujours ainsi.

Collage: Mais non, car d’habitude tu as un éclair d’inspiration, le reste suit.

Moi : C’est vrai, mais je cherche encore plus à décomposer l’espace en ce moment.

Collage: Voilà pourquoi tu risques l’incohérence. C’est un équilibre difficile à trouver.

Moi : C’est surtout une idée qui tient l’ensemble de la composition qui doit émerger. Et c’est plus long à venir. Je me demande si je ne devrais pas faire le collage sur deux jours au lieu d’un seul. Pour cette image, je l’ai laissée durant quelques heures au repos. Ça allait mieux après cette pause.

Collage: C’est à essayer. Il faut dire aussi que le format A3 est plus exigeant, car plus grand. Mais le résultat en vaut la peine. J’aime bien l’idée des larmes qui se transforment en fleurs.

Moi : Oui, c’est venu tout à la fin, j’en suis très content. C’est un élément féérique dans toute cette misère. Du coup, on a l’impression que les ruines se muent en lumière.

Collage: Allez, courage l’artiste. Et que ta maxime d’un collage par jour ne t’oblige pas à finir ton collage trop vite – tu peux toujours  faire une photo à la place !

 Tears, collage 288/2017

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This last collage was long and difficult to compose. Of the initial composition, only the blue central band remains, all the rest has been covered. Why?

Collage: You had no clear idea at the start.

Me: That's always the way it is.

Collage: But no, because usually you have a flash of inspiration, the rest follows.

Me: That's true, but I'm looking for even more to decompose space at this time.

Collage: That's why you risk inconsistency. It is a difficult balance to find.

Me: It is above all an idea that holds the whole composition that must emerge. And it's longer to come. I wonder if I should not do the collage on two days instead of just one. For this image, I left it for a few hours at rest. It was better after this break.

Collage: Good idea. It should also be said that the A3 format is more demanding, because larger. But the result is worth it. I like the idea of tears that turn into flowers.

Me: Yes, it came all at the end, I'm very happy. It is a magical element in all this misery. As a result, one has the impression that the ruins are turning into light.

Collage: Go, courage the artist. And that your maxim of a collage a day does not oblige you to finish your collage too fast - you can always take a picture instead!

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09/08/17

  09:35:00 am, by   , 574 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Suffering

Je n’ai connu la souffrance de la maladie qu’à partir de mes 70 ans. Mon enfance a été protégée de la maladie à l’exception de quelques fièvres, surtout de celles que je provoquais par une sorte d’autosuggestion pour ne pas aller à l’école. La vue du tuberculeux qui crachait du sang dans la rue, les estropiés de la guerre ne me touchaient pas. Je vivais dans un monde imaginaire et protégé avant tout. Mes parents n’étaient jamais malades et ne se plaignaient que très rarement. Mes grands-parents étaient tous morts depuis longtemps, je n’avais donc pas vu leur déchéance. Cela ne m’a pas épargné certaines souffrances d’ordre psychique, mais je n’ai vu de cancéreux que très tard dans ma vie. C’est à l’hôpital où j’ai été opéré pour une tumeur au rein que j’ai véritablement vu de grands malades. Et lorsque, 5 années plus tard, je suis revenu dans le même service pour une nouvelle opération, j’ai compris ce qu’était la souffrance physique ET morale. De surcroît, je viens de passer une dizaine de jours auprès d’une personne atteinte d’un cancer assez avancé, qui subit une chimiothérapie aux effets douloureux, ravageurs à tous les niveaux, et passe de l’espoir au découragement, puis reprend espoir et ainsi de suite. J’ai exprimé cet état d’esprit en une série de collages assez sombres qui m’ont servi sans doute de soupape. Et c’est avec ce collage fait à mon retour que je résume en quelque sorte la situation : une barque à même le sol dans une grotte obscure avec une lueur au fond. Cette dernière pourrait signifier l’espoir ou l’issue fatale vers un ailleurs. Comment comprendre ce qui se passe dans les ténèbres de l’esprit du malade alors que je me trouve du côté de la lumière du jour ?

 

The Boat, collage 267/2017

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I only experienced the suffering of a disease when I was 70 years old. My childhood was protected from the disease apart from a few fevers, especially those I caused by a kind of autosuggestion not to go to school. The sight of the tuberculous man who spat blood in the street, the cripples of war did not touch me. I lived in an imaginary world and protected above all. My parents were never sick and complained very rarely. My grandparents had all died long ago, so I had not seen their fall. That did not spare me some psychological suffering, but I did not see cancer until very late in my life. It was at the hospital where I was operated on for a tumor in the kidney that I really saw very sick people. And when, five years later, I returned to the same department for a new operation, I understood what physical AND moral suffering was. In addition, I have just spent about ten days with a person with advanced cancer, who undergoes painful chemotherapy, destructive at all levels, and passes from hope to discouragement, then regains hope and so on. I expressed this state of mind in a series of dark collages which doubtless served me as a valve. And it is with this collage done on my return that I summarize in a way the situation: a boat on the ground in a dark cave with a glimmer in the background. The latter could mean hope or a fatal outcome to another level. How can we understand what is happening in the darkness of the patient's mind when I am on the side of daylight?

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15/07/17

  07:44:00 am, by   , 793 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Illusions

 

L’autre jour, dans mon atelier, j’ai ressorti deux rouleaux de dessins et de peintures datant de plus de 30 ans. Je ne les avais pas déroulés depuis cette époque. Je me souviens d’avoir été fort satisfait de ces œuvres, au point de vouloir les conserver. Or quelle ne fut pas ma déception en les revoyant ! Aucune de ces grandes feuilles n’a trouvé grâce à mes yeux. « Médiocre » a été le mot qui m’est venu à l’esprit. Ni une ni deux, je les ai emportées au tonneau, une allumette et les voilà parties en flammes. Ouf !

Il me reste dorénavant la pénible tâche de continuer cette investigation. Durant cette opération, j’ai déroulé un 3e rouleau constitué de la série « Massacres » (http://archives.stephanus.com/images.php?vars=id_5_start_1_type_mini_max_2) que j’ai conservé, sans doute parce qu’il mêle peinture et collage et qu’il est beaucoup plus récent (2001).

Sans vouloir entrer ici dans une réflexion sur les vertus du collage, j’aimerais (ré)aborder le thème de l’aveuglement – le fait de s’illusionner sur la qualité de son art.  Il y a trente ans environ, j’étais persuadé d’avoir créé des œuvres de grande qualité. Le doute ne m’effleurait pas. Pourtant, avec le décalage, je vois bien tous les défauts de ce que je prenais pour des « œuvres » : manque d’inspiration, de maîtrise, de vision… J’aurais dû voir, mais je n’ai pas vu, quel aveuglement !  Evidemment, la question qui surgit est de savoir si ma situation actuelle correspond à celle d’il y a 30 ans, si je suis aujourd’hui frappé de cécité en ce qui me concerne. La réponse qui surgit est que non, bien sûr : j’ai évolué, j’ai davantage de maîtrise, on me complimente (parfois), je vois mieux ce qui cloche, car je suis plus conscient, etc. Mais comment savoir ? Sans doute que l’écriture m’a apporté des éclaircissements que mes yeux ne pouvaient pas me fournir. Les mots m’ont permis de mieux comprendre ce qui est à l’œuvre dans ce que je fais, de me distancier davantage de ma création. Et l’abandon du dessin et de la peinture au profit du seul collage m’a permis de créer des images d’une plus grande cohérence et qui sont davantage en accord avec ce que je ressens. Donc tout cela me satisfait et tant pis si ces collages ne sont pas au format de mes œuvres d’antan. Un intérieur d’église de Van Eyck est-il inférieur en qualité à un Rubens gigantesque ? Mais voilà que je me raconte peut-être encore une nouvelle histoire…

illusions

The other day, in my studio, I came out with two rolls of drawings and paintings dating back over 30 years. I had not unrolled them since that time. I remember being very satisfied with these works, to the point of wanting to preserve them. But what was my disappointment when I saw them again! None of these large works have found grace in my eyes. "Mediocre" was the word that came to my mind. Neither one nor two, I carried them to the barrel, a match and they went out in flames. Phew!

From now on, I have the painful task of continuing this investigation. During this operation, I unrolled a third roll made up of the series "Massacres" (http://archives.stephanus.com/images.php?vars=id_5_start_1_type_mini_max_2) that I preserved, probably because it mixes painting and collage and that it is much more recent (2001).

Without wishing to enter here into a reflection on the virtues of collage, I would like to (re) approach the theme of blindness - the delusion about the quality of one’s art. About thirty years ago, I was convinced that I had created high quality works. The doubt did not touch me. However, with the gap, I see all the defects of what I took for "works": lack of inspiration, mastery, vision ... I should have seen, but I did not see, what blindness ! Obviously, the question that arises is whether my current situation corresponds to that of 30 years ago, if I am now blinded as far as I am concerned. The answer that arises is that no, of course: I have evolved, I have more mastery, I am complimented (sometimes), I see better what is wrong, because I am more conscious, etc. But how to know? Undoubtedly, writing provided me with clarification that my eyes could not provide. Words have allowed me to better understand what is at work in what I do, to distance myself more from my creation. And the abandonment of drawing and painting to the benefit of collage only allowed me to create images of greater coherence and that are more in agreement with what I feel. So all this satisfies me and too bad if these collages are not in the format of my works of yesteryear. Is a Van Eyck church interior inferior in quality to a gigantic Rubens? But here I am perhaps telling myself another story ...

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01/07/17

  10:35:00 am, by   , 485 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

Love me tender

A première vue, c’est un collage un peu nostalgique : une silhouette se découpe sur le fond comme le fantôme d’un amour – à moins qu’elle évoque une présence... Et ce lapin bleu qui porte ostensiblement cette déclaration imprimée sur son sac : love me tender – sans doute une citation de la chanson d’Elvis qui est une demande d’amour. Il a la tête dans les nuages et ses yeux sont tournés vers l’intérieur. De toute façon, l’amour est aveugle et les souvenirs vagues. Heureusement, il y a ce personnage ricanant qui moque ces chansonnettes !  Reste la promesse d’une éclosion future, d’une nouvelle histoire figurée par les œufs. Ce qui est drôle ici, c’est que mes condisciples m’appelaient Bunny après avoir lu un texte anglais ayant pour héro un lapin – j’avis 8-9 ans – sans doute à cause de la ressemblance entre Berni et Bunny. Ce serait donc moi ce lapin grotesque en habit de Monsieur Loyal avec son panier d’œufs sur lit de foin. Mes grands yeux voient le monde, mais sont essentiellement tournés vers l’intérieur, vers la création. Mais je ne suis pas seul, je suis accompagné d’un être aimé qui favorise l’éclosion de l’art, mais reste discrète. Ce serait donc ça le sens de cette image, une déclaration d’amour. Mais il se peut encore que le véritable sens de ce collage ne soit un appel au public , l’artiste voulant être aimé pour ce qu’il lui apporte, tout en sachant combien cette demande est vaine. 

 Bunny, collage 216-2017http://stephanus.com/_data/i/galleries/2017/216-xx.jpg

At first glance, it is a nostalgic collage: a silhouette is cut out on the background like the ghost of a loved person - unless it evokes a presence ... And this blue rabbit that ostensibly wears this statement printed on his bag: love me tender - undoubtedly a quote from the Elvis song that is a request for love. He has his head in the clouds and his eyes are turned inward. In any case, love is blind and memories are vague. Fortunately, there is this sneering character who mocks these songs! Remains the promise of a future blossoming, of a new story represented by the eggs. What is funny here is that my classmates called me Bunny after reading an English text with a rabbit as a hero - I was 8-9 years old - probably because of the resemblance between Berni and Bunny. So it would be me this grotesque rabbit in Monsieur Loyal's coat with his basket of eggs on hay bed. My big eyes see the world, but are essentially turned towards the interior, towards creation. But I am not alone, I am accompanied by a loved one who favors the emergence of art, but remains discreet. So that would be the meaning of this picture, a love declaration.  But it may be that the true meaning of this collage is an appeal to the public, the artist wanting to be loved for what he brings to him, knowing how vain is the call.

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06/06/17

  01:58:00 pm, by   , 423 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography, psychology

The prophet

 

These days, my collages are transformed from top to bottom during their elaboration. The general idea is not there at the beginning, it comes only much later, in the process of my work. But, it's the result that counts and nothing else.

What is obvious in the present collage is the relationship between the two standing figures and their position in relation to the other figures. I wanted to highlight here a compassionate element, charity, compared to a cynic who laughs at these efforts to relieve misery. But I also had in mind the ancient prophets whose speech was not always heard. What is the use of exhortations to more humanity – I think for example of the book published by my friend editor Markus Haller: The White Man' Burden - if they are not heard or applied wrongly? I am thinking of some politicians - here or on the other side of the Atlantic - whose clown dress would fit them very well, but that would bring me too close to caricature, and I do not want to become an entertainer on every day and event. The bridge, which rests on a weak pillar, tries precisely to represent a passage between the harsh reality and the generous utopia.

 

 The Prophet, collage 180/2017enlarge

Le prophète

Ces temps, mes collages se métamorphosent de fond en comble pendant leur élaboration.  L’idée générale n’est pas là au départ, elle ne vient que bien plus tard, au fil de mon travail. Mais, c’est le résultat qui compte et rien d’autre.

Ce qui saute aux yeux dans le présent collage, c’est la relation entre les deux personnages debout et leur position par rapport aux autres figures. J’ai voulu ici mettre en lumière un élément compassionnel, de charité, par rapport à un cynique qui se rit de ces efforts pour soulager la misère.  Mais j’ai également eu en tête les prophètes anciens dont la parole n’a pas été toujours entendue. A quoi servent les exhortations à plus d’humanité - je pense par exemple au livre paru chez mon ami éditeur Markus Haller : Le fardeau de l’homme blanc -  si elles ne sont pas entendues ou appliquées à tort et à travers ? Je pense aussi à certains hommes politiques – ici ou de l’autre côté de l’Atlantique - à qui l’habit de clown irait à merveille, mais cela me rapprocherait trop de la caricature, et je ne tiens pas à devenir un amuseur au fil des jours et des événements. Le pont, qui repose sur un pilier peu solide, tente justement de figurer un passage entre la dure réalité et l’utopie généreuse.

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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