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16.04.16

  04:53:00 pm, by   , 541 words  
Categories: Art, Collage, Painting

WATER

 

It's a strange picture. It puzzles me. The character seems to throw up a water stream in which we distinguish a body. But one can also think that the water comes from the mouthpiece of an old telephone. Flood of words? And this water feeds a pebble beach where big waves washing ashore. On the wall to the right, the image of a woman whose arm is beyond the frame and holding a bag. The face of the main character consists of a part of an old painting by Caravaggio.

I must say that during all these days, I am immersed in the biography of Kafka and what impresses me is the number of letters and diary entries that he wrote every day - an endless flow of words, interrupted by empty periods. In writing the preceding sentence, I suddenly realize that since my abandonment of golf, the image stream is flowing stronger than ever. This is relevant because when I was making it, I thought of a creator, or even the Creator. This could be me.

The woman in the frame is probably a condensation of many women, but I think it holds papers, solid matter compared to this waterfall. From its image status she becomes concrete. Is it not the contribution, among others, of D.? Another option would be the image of the hero of Kaka’s Metamorphosis room.

As for the surfer, he could be another avatar of the artist who remains on the water, at the risk of falling or even drown.

Despite these explanations, the meaning of the image escapes me. And I like that.

 

 

 

C’est une drôle d’image. Elle constitue une énigme pour moi-même. Le personnage semble vomir un flot d’eau dans lequel on distingue un corps. Mais on peut également penser que l’eau provient de l’écouteur d’un téléphone à l’ancienne. Flot de mots ? Et cette eau nourrit une plage à galet où semblent s’échouer de grosses vagues. Sur le mur, à droite, l’image d’une femme dont le bras dépasse le cadre et qui tient une pochette. Le visage du personnage principal est constitué d’une partie d’une peinture ancienne, ici du Caravage.

Je dois dire que pendant tous ces jours, je suis plongé dans la biographie de Kafka et ce qui m’impressionne c’est le nombre de lettres et de notes de journal qu’il a écrit jour après jour – un flot incessant de mots, interrompu par des périodes de vide. En écrivant la phrase qui précède, je réalise soudain que, depuis mon abandon du golf, le flot d’images coule plus fort que jamais. C’est pertinent, car au moment de le faire, j’ai pensé à un créateur, voire au créateur tout court. Cela pourrait donc être moi.

La femme dans le cadre est sans doute une condensation de plusieurs femmes, mais je pense qu’elle tient des papiers, du solide par rapport à cette chute d’eau. De son statut d’image elle devient concrète. N’est-ce pas l’apport, parmi tant d’autres, de D. ? Une autre piste serait l’image dans la chambre du héros de la Métamorphose.

Quant au surfer, c’est encore un avatar de l’artiste qui se maintient sur l’eau, au risque de tomber ou même de s’y noyer.

 

Malgré toutes ces explications, le sens de l’image m’échappe. Et cela me plaît.

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04.03.16

  07:22:00 pm, by   , 529 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Flesh & bones

What amuses me is to jump from one style to another. After a pop collage, here I am in surrealism, which does not happen often. No matter actually, as long as I can do my collisions. So what's happening? I think it’s about passage here. The body exhibits its bones, but it is not dead. Instead, it lives: it moves, it metamorphoses and even separates into several entities one of which flies away, the other remains there staring at me with its innocent look. I do not know if I managed to link the different elements as I saw them in my head, but there are also ruptures since the flesh seems to want to free itself of the bones to be able to float in space instead of forming a Siberian ossuary. That’s collage: the shock of disparate elements that make forget this fact by their interlinkage. The resulting confusion forces us to think the improbable assembly.

I would also say that behind the image there are others and others: here, the child covers a woman. It's like behind every work of art, there are others, the woman is painted by Goya, there are reminiscences of Dali without a specific citation, of course. And if I start to look, I also think of Max Ernst that I always liked.

And is it not a fusion between the child and its mother, a dream broken since a long time, but probably still operating? This mother that rests in the cemetery, while I still look for my fate in art.

 

Ce qui m’amuse, c’est de sauter d’un style à l’autre. Après avoir fait un collage pop, me voici dans le surréalisme, ce qui ne m’arrive pas souvent. Peu importe en fait, pourvu que je puisse faire mes télescopages. Alors que se passe-t-il ?  Je crois qu’il s’agit de passage ici. Le corps expose ses os, mais il n’est pas mort. Au contraire, il vit : il bouge, il se métamorphose et même se sépare en plusieurs entités dont l’une s’envole alors que l’autre reste là à me fixer de son regard candide. Je ne sais pas si j’ai réussi à lier les différents éléments comme je les voyais dans ma tête, mais ici, il s’agit aussi de ruptures  puisque la chair semble vouloir s’émanciper des os pour pouvoir flotter dans l’espace au lieu de former un ossuaire sibérien. C’est bien cela le collage : des chocs entre des éléments disparates qui font oublier ce fait par leur imbrication. Le trouble qui en résulte oblige à penser l’assemblage invraisemblable.

Je dirais également que derrière une image il y en a d’autres et d’autres encore : ici, l’enfant recouvre une femme. C’est comme derrière toute œuvre d’art, il y en a d’autres, la femme est peinte par Goya, il y a des réminiscences de Dali sans citation précise, bien sûr. Et si je me mets à chercher, je pense aussi à Max Ernst que j’ai toujours beaucoup aimé.

 

Et ne s’agit-il  pas aussi d’une fusion entre l’enfant et sa mère, un rêve cassé depuis longtemps, mais sans doute toujours opérant ? Cette mère qui repose au cimetière, alors que moi je cherche encore mon devenir dans l’art.

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11.02.16

  03:45:00 pm, by   , 528 words  
Categories: Art, Collage

The bubble

 

After 1 month of misery I am on the road to full recovery. But the fact remains that I soon lost my footing and plunged into a deep state of disarray, probably due to the rise of ancient memories. And I have experienced how the failure of the body can pollute the mind: when the go to the toilet became a source of anxiety, I could not even read or watch a bit of a movie, even if I noticed the same with the other patients who arrived dapper and became lethargic after a few hours: anxiety before surgery, vacuum effect interrupted only by taking temperature, food and some care, lack of real human interactions (some nurses or nursing assistants did not look at me when they entered the room - it was as if I did not exist). Even now, while I'm much better, it's hard for me to preview and fix things in a few weeks from now, I'm still riveted on the end of taking antibiotics, a more limpid urine, a more present and constant energy etc. I still have a hard time seeing myself gardening, biking, fixing things, travelling ... What really works is the collage machine that restarted and runs with my daily collage but whose significance tends to shirk my interpretation. But why torment myself looking for meanings, my job is to produce images, and that's all. And maybe that bubble just shows me that without a body that works well it is really difficult to focus on one’s inner world.

 

 

La bulle

 

Après 1 mois de misères me voici sur la voie de la guérison complète. Mais il demeure que j’ai vite perdu pied et plongé dans état de désarroi assez profond, dû sans doute à la remontée de souvenirs très anciens. Et j’ai pu expérimenter à quel point la défaillance du corps peut polluer l’esprit : quand le fait d’aller aux toilettes devenait  source d’angoisse, je n’arrivais même plus à lire ou regarder un bout de film, même si je constatais un peu la même chose chez les autres malades qui arrivaient pimpants et qui devenaient léthargiques au bout de quelques heures : angoisse avant l’opération, effet de vide interrompu uniquement par la prise de température, les repas et quelques soins, absence de vraies interactions humaines (certaines infirmières ou aides-soignantes ne me regardaient pas quand elles entraient dans la pièce – c’était comme je n’existais pas) . Encore maintenant, alors que je vais infiniment mieux, il m’est difficile de prévoir les choses d’ici à quelques semaines, je suis encore rivé sur la fin de la prise des antibiotiques, une urine plus limpide, une énergie plus présente et plus constante etc. J’ai encore de la peine à me voir faire du jardinage, faire du vélo, bricoler, voyager… Ce qui marche vraiment, c’est la collage machine qui s’est remise à tourner avec mon collage quotidien mais dont la signification tend à se dérober à mon interprétation. Mais à quoi bon me tourmenter à chercher des significations, mon travail consiste à produire des images, un point c’est tout.  Et peut-être cette bulle doit me montrer que sans un corps qui fonctionne bien il est difficile de concentrer sur son monde intérieur.

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24.01.16

  08:02:00 pm, by   , 585 words  
Categories: Art, Collage

A dream in hospital

This image is prescient in that it announces a forthcoming decline. After removal of my prostate, arrived in hospital room, I did not have an explanation on how things worked over there (I discovered the toilet a few days later), nor about the difficulties I was going to face.

So for the restarting of digestion and natural functions because nobody has helped me in those matters except Paul, a young trainee carer who took me under his wing and considered me.

This nightmare lasted 48 hours and although it is not the "accidents" that have bruised me, but the eyes of some who have projected me in a very distant past where as a  little 5 year old boy, I was mistreated by "religious" Protestant Dutch. I made such a regression that everyone cared about me. I felt emotionally raw, ready to crack. I was unable to read or create. Even my tablet did not attract me.

Fortunately, the morning of January 15, I had a dream in which I show my studio to one of my university professors who then leaves his classroom to follow me. But I find myself alone at the entrance to my studio where the floor is flooded with detergent product; I come in, walking on dry places, such as on stepping stones in a stream. And I see the town facades with black bars. I want to erect a large bar against the sky and the decor and I start spraying the facades with a big strong black jet. And here comes a big Kärcher which starts to clean everything up and one tells me that everything will be refurbished. End of dream.

I wake up with the feeling of being healed. And I start to make collages from that day on.

 

Cette image est prémonitoire en ce qu’elle annonce une régression à venir. Après l’ablation de ma prostate, arrivé en chambre d’hospitalisation, je n’ai pas eu d’explications quant au fonctionnent des lieux (j’ai découvert les WC quelques jours plus tard), ni quant aux difficultés que j’allais devoir affronter.

Ainsi pour la remise en route de la digestion et des fonctions naturelles, car personne ne m’a facilité les choses  excepté Paul, jeune stagiaire aide-soignant qui m’a pris sous son aile et m’a considéré comme un semblable.

Ce cauchemar a duré bien  48heures et ce n’est pas tant les « accidents » qui m’ont meurtri, mais le regard de certains qui m’ont projeté dans un passé très lointain où, petit garçon de 5 ans, j’ai été maltraité par des « religieuses » protestantes hollandaises. J’ai fait une telle régression que tout le monde s’est inquiété autour de moi. Je me sentais émotionnellement à vif, prêt à craquer. J’étais  incapable de lire, voire de créer. Même ma tablette ne m’attirait pas.

 

Heureusement, le matin du 15 janvier, j’ai fait un grand rêve dans lequel je fais visiter mon atelier à un de mes professeurs de l’université qui  alors quitte sa salle de cours pour me suivre. Mais je me retrouve seul à l’entrée de l’atelier dont le sol est inondé de produit détergeant ; j’en ressors en marchant sur les endroits secs, comme sur des pas japonais dans un ruisseau. Et je vois la ville, des façades avec des barres noires. J’ai envie de dresser une grande barre contre le ciel et ce décor et je me mets à sprayer les façades à la sulfateuse. Et là arrive un gros Kärcher qui se met à tout nettoyer et on me dit que tout va être remis à neuf. Fin du rêve.

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03.01.16

  09:30:00 pm, by   , 609 words  
Categories: Art, Collage, Painting, Photography

Brain and body

For some time now , it no longer obeys me immediately. Either it does not respond at all, or it will pause before reacting. Like the other day when I tried to jump over a concrete wall. I told it: "Lift your left leg, then the right" and ... nothing. It crashed against the concrete surface. But this act of insubordination shook it because it lost its blood in flows and the nasal bones were broken. Good! This will make it think twice.

At times it sends me signals that I cannot decipher:  a continuous low hissing sound, always at the same height. Could it only shut up! Or could it do what I ask it for. If it no longer obeyed me, if I was just in my head, I would lose mine, of course! Because imagine without it, what a disaster! I would stay entirely to its mercy. If it wanted to take me somewhere, I could not oppose or approve its choice. And if, horrible thought, it decided to go on strike - partial or total - I’d have to turn in circles in my mind. About a partial strike: my hands, faithful servants until recently, begin to tremble from time to time, and my eyes water  at every breeze, not to mention my hair which begins to draw white clover leaves on my head, a few millimeters from me! What an affront! Fortunately I am cut short by a hairdresser whose hands do not shake, phew!

It's not that I have not tried to watch it, the bugger, but it makes its own. And I am helpless, like a jealous without his beloved whose slightest absence he cannot bear.

What can I do? Nothing, I guess as it has the spirit of contradiction....... As I do!


Depuis quelque temps, il ne m’obéit plus au doigt et à l’œil. Soit il ne répond plus du tout, soit il marque une pause avant de réagir. Comme l’autre jour, quand j’ai voulu enjamber un muret en béton. Je lui ai dit: « Lève la jambe gauche, puis la droite » et … rien. Il s’est  écrasé le visage contre le béton. Mais cet acte d’insubordination l’a secoué, car il a perdu son sang à flots et ses  os propres du nez se sont  brisés. Tant mieux ! Cela le fera réfléchir.

Par moments, il m’envoie des signaux que je n’arrive pas à déchiffrer : un faible sifflement continu, toujours à la même hauteur. Qu’il se taise donc enfin ! Ou qu’il fasse ce que je lui demande. Car s’il ne s’exécutait plus, s’il n’en faisait plus qu’à sa tête, je perdrais la mienne, pardi ! Car m’imaginer sans lui, quel désastre ! Je resterais entièrement à sa merci. S’il voulait m’emmener quelque part, je ne pourrais pas m’y opposer, voire approuver son choix. Et si, pensée horrible, il se décidait à faire grève – partielle ou totale – il ne me resterait plus qu’à tourner en rond en esprit. A propos de grève partielle : voilà  que mes mains, servantes fidèles jusqu’il y a peu, se mettent à trembler de temps à autre, et mes yeux larmoient à chaque courant d’air, sans parler de mes cheveux qui se mettent à dessiner des feuilles de trèfle blanches sur ma tête, à quelques millimètres de moi ! Quel affront ! Heureusement  que je les fais couper court par une coiffeuse dont les mains ne tremblent pas, ouf !

Ce n’est pas que je n’ai pas tenté de le surveiller, le bougre, mais il fait des siennes. Et je suis désemparé, comme un jaloux sans son être aimé dont il ne supporte pas la moindre absence.

Que faire ? Rien sans doute puisqu’il a l’esprit de contradiction……. Comme moi d’ailleurs !

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14.12.15

  10:36:00 am, by   , 668 words  
Categories: Art, Collage

Memories of my brother

 

Memories of  my brother

 The old Fräulein who was our nanny used to call us - shouting out of the window -  by a name resulting from a merger between our first names, but where mine lost a vowel: Berndieter, my name becoming a kind of prefix to t my brother’s. It is true that he was five years and two months less a day older than me - an eternity when you're small! As then everything was passed from to up to down, I had to wait before finally having the scooter, bicycle, skis etc. - Large objects. For the little ones, I received them normally. The assimilation of two children was common at that time, I believe, and it is difficult to figure out such a negation of individuality today. But the world of the child was totally unknown to parents and vice versa, so that I could build myself my own world, unattainable by anyone, but purely imaginary. No memories from that remain, except of a great power in the escape by daydreaming at any time if you left me alone. And my brother pestered me, persecute me as he could, making me wish for his death more than once. Only by putting me away could  I exist (despite himself), physically and psychologically, even if I felt a strong solidarity with  him vis-à-vis our  parents.

Last Friday, he died, taking with him the childhood memories that I wished to discuss with him, the last few years, when the disease broke out.

This image is both tender - therefore fantasized - and choking: my open eyes call to ask how to live one’s life, be yourself in such a grip fusion.

 

That's what I did, at the cost of emotional closeness with this brother both loved and hated who at the end of his life, has again become a sort of small child, dependent on other’s  care and whose violence got lost for lack of physical and mental strength.


Souvenir de mon frère

La vieille demoiselle qui faisait office de nounou avait pour habitude de nous appeler - par la fenêtre - par un prénom  résultant d’une fusion entre nos deux prénoms, mais où le mien faisait les frais d’une voyelle: Berndieter, mon prénom devenant alors une sorte de préfixe à celui de mon frère. Il est vrai que celui-ci avait 5 ans et deux mois moins un jour  de plus que moi – une éternité quand on est petit ! Comme à l’époque tout se transmettait de haut en bas, j’ai dû patienter avant d’avoir enfin la trottinette, le vélo, les skis etc. – les gros objets, quoi. Car les petits,  je les recevais normalement. L’assimilation de deux enfants était monnaie courante  à cette époque, je crois, et il est difficile de concevoir une telle négation de l’individualité de nos jours. Mais le monde de l’enfant était totalement inconnu des parents et vice-versa,  de sorte que j’ai pu me construire mon monde à moi, inatteignable  par quiconque, mais purement imaginaire. Il ne m’en reste aucun souvenir, sauf celui d’un grand pouvoir d’évasion dans la rêverie éveillée, à tout moment si l’on me laissait tranquille. Et mon frère me harcelait, me persécutait tant qu’il pouvait, me faisant souhaiter sa mort plus d’une fois. Ce n’est qu’en me mettant à distance que j’ai pu exister (malgré lui), physiquement comme psychiquement, même si je me sentais solidaire de lui vis-à-vis des parents.

Vendredi dernier, il est mort, emportant avec lui les souvenirs d’enfance que j’aurais aimé évoquer avec lui, il y a quelques années déjà, quand  la maladie s’est déclarée.

Cette image est à la fois tendre – donc fantasmée – et étouffante : les yeux ouverts appellent à se demander comment on peut vivre sa vie, être soi sous une telle emprise fusionnelle.

 

C’est ce que j’ai fait, au prix d’une proximité émotionnelle avec ce frère à la fois aimé et haï qui, à la fin de sa vie, est redevenu une sorte de petit enfant,  à la merci des soins et dont la violence s’est perdue faute de force physique et mentale.

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08.11.15

  09:52:00 am, by   , 566 words  
Categories: Art, Collage

La vie d’artiste

 

 

This title is ironic, because it refers to the idea that my parents and my brother had of it.  My father was afraid that I would be unable to make a living of my art.  So he did everything to keep me from going to an art school. My brother was dying of jealousy by imagining a bohemian life on the theme: Wein, Weib und Gesang = Sex and Drugs and Rock and Roll. So he worked secretly to sabotage me financially.

And despite all these obstacles, my bohemian life had good sides (parties, love affairs ...) and I took advantage. But it did not last long. I had to make a living other than by painting and it is only during the holidays I felt really free, but not as much since my retirement. Since ten years, I bask as the artist of my collage, happy to have achieved my dream of adolescence: create and dream freely. Of course at almost 75 now and the aforementioned triad is softened, but somehow I am not fundamentally rock and roll, except in my head, so no regrets, except for being so misjudged by my family and having been unable to successfully cause a frank explanation and have had to work in secret, too, to go to the art school.

Am I really like the artist in my collage? It is true that I am often lounging on the couch, that I love listening to music and especially that I have a wife who supports me and who is dear to me - this collage  cannot lie, it is supposed to express what moves and touches me. A rare moment in an artist’s life.

 

 

Ce titre est ironique, car il se réfère  à l’idée que s’en faisaient mes parents et mon frère.  Mon père craignait que je sois incapable de gagner ma vie.  Il a donc tout fait pour m’empêcher d’aller dans une école d’art.  Mon frère, lui, crevait de jalousie en m’imaginant mener une vie de bohème  sur le thème : Wein, Weib und Gesang = Sex and Drugs and Rock and Roll. Il a donc œuvré en secret  pour me saboter financièrement.

Et malgré tous ces obstacles, ma vie de bohème avait de bons côtés (les fêtes, les amours…) et j’en ai bien profité. Mais elle n’a pas duré longtemps. J’ai dû gagner ma vie autrement qu’en peignant des tableaux et ce n’est que pendant les vacances que je me sentais vraiment libre, mais pas autant que depuis ma retraite. En effet, depuis dix ans,  je me prélasse comme l’artiste qui figure sur mon collage, heureux d’avoir réalisé son rêve d’adolescence : pouvoir créer et rêver sans entraves.  Bien sûr qu’à presque 75 ans, la triade susnommée s’est adoucie, mais de toute façon je ne suis pas foncièrement rock and roll, sauf dans ma tête, donc pas de regrets, sauf celui d’avoir été si mal jugé par ma famille et d’avoir été incapable  de réussir à provoquer une explication franche et d’avoir dû œuvrer en secret, moi aussi, pour aller aux Beaux-Arts.

 

Suis-je vraiment comme l’artiste de mon collage ? Il est vrai que je me prélasse bien souvent sur le canapé, que j’aime écouter de la musique et surtout que j’ai une épouse  qui me soutient et qui m’est chère – ce collage ne ment donc pas, puis qu’il est censé exprimer ce qui me meut et émeut. Un moment rare de la vie d’artiste.

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03.11.15

  01:56:00 pm, by   , 558 words  
Categories: Art, Collage

Under the surface

I was born in a country flat like a cake. My first contact with the mountain happened when I was 5 (1946), when I spent six months in a children's home in the Bavarian Alps. But this image does not refer to this. My memories are confined to the refectory, to handicrafts, to the room where I was sleeping and flowery meadows in the spring. Not very happy memories. Then Switzerland next summer, with the discovery of a land of plenty and beautiful landscapes.

It is with this episode from my childhood that I make the link. I see myself quite well in this little boy laughing and confident country, even though that was hardly the case at the time, to me it seems. This idyllic and nostalgic world is yet still there but you have to climb high enough in the mountains to be able to find it. And I am told it is threatened!

The memories, I can revel them as the dog, but I need to go beneath the surface of appearances, discover the forces that are at work. Another harmony arises from it. Certainly, it is neither necessarily conventional nor pleasing to the eye, but the little boy in me cannot help dreaming, sinking beneath the appearance of things he smells like a dog. I have the impression of finding a thousand invisible treasures underneath that I bring to light, like the reflection of another world. Should I remain on the surface and revel in this water although there is a real ocean below? I prefer my snorkeling in the dark like the first explorers of the Deep Blue whose pictures I have discovered when I was a child.

 

 

 

 

 

Je suis né dans un pays plat comme une galette. Mon premier contact avec la montagne date de mes 5 ans (1946) quand j’ai passé 6 mois dans un home pour enfants dans les Alpes bavaroises. Mais cette image ne s’y réfère pas. Mes souvenirs se bornent au réfectoire, aux travaux manuels, à la  chambre où je dormais et aux prés fleuris au printemps. Pas de souvenirs très joyeux.  Puis la Suisse l’été d’après, avec la découverte d’un pays de cocagne et des paysages magnifiques.

C’est donc avec cet épisode de mon enfance que je fais le lien. Je me verrais assez bien dans ce petit garçon rieur et sûr de lui, même si ce n’était guère le cas à l’époque, me semble-t-il. Ce monde idyllique et nostalgique, il existe pourtant encore, mais il faut monter assez haut dans la montagne pour pouvoir le retrouver. Et on me dit qu’il est menacé !

Les souvenirs, je peux m’en délecter comme ce chien, mais il me faut aller sous la surface des apparences, découvrir les forces qui sont à l’œuvre. C’est une autre harmonie qui en surgit. Certes, elle n’est pas conventionnelle ni forcément agréable à l’œil, mais le petit garçon en moi ne peut s’empêcher de rêver, de s’enfoncer sous l’apparence des choses qu’il flaire comme le chien. J’ai l’impression d’y trouver mille trésors invisibles que je ramène à la lumière, comme le reflet d’un autre monde. Faudrait-il rester à la surface et me délecter de cette eau-là alors qu’il y a un véritable océan en dessous ? Je préfère mes plongées en apnée dans l’inconnu à l’instar des premiers explorateurs de la Grande Bleue dont j’ai découvert les images quand j’étais enfant.

 

 

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07.10.15

  02:52:00 pm, by   , 421 words  
Categories: Art, Collage, Painting, GIF

A GIF animation

 

 

These days I'm interested in fleeting images: animated GIFs.

I must say that at first it did not interest me; it is in doing that I saw the potential of this technique. Basically, I want to keep it simple, drawing inspiration from old books for children in which scenes change when pulling strips or old cartoons seen during my childhood. It is to the face that I naturally turned: what is more animated or easy to animate than a facial muscle?

And when we focus on the face, one inevitably falls on the largest experimenter- puppeteer of art: Picasso. I must say that I have, in the past, already made a series of collages from his paintings, but this was to question a work to recompose it, in short to make it my own. Here, Picasso is just a starting point, with some happy "rhymes", like the clock needle with the tears of weeping woman and a transformation of fingers into knife blades. What differentiates my collage - animated or not – here collage is the interpellation of the spectator. That is why I am more expressionistic. This need of interpellation is fundamental to me and probably the animated picture even better scotches the viewer.

 

 

Une animation GIF

Ces jours je m’intéresse aux images fugitives : des GIFs animés.

Je dois dire qu’au début cela n’intéressait guère, c’est en faisant que j’ai vu le potentiel de cette technique. Par principe, je veux rester simple, en m’inspirant de vieux livres pour enfant où les scènes se changent quand on tire des languettes  ou des premiers films d’animation vus pendant mon enfance. C’est donc vers le visage que je me suis naturellement tourné : quoi de plus animé ou facile à animer qu’un muscle facial?

 

Et quand on s’intéresse au visage, on tombe forcément sur le plus grand expérimenteur- marionnettiste de l’art : Picasso. Il faut dire que j’ai, dans le passé, déjà fait une série de collages à partir de ses peintures, mais il s’agissait là de questionner une œuvre, de la recomposer, bref de me l’approprier. Ici, le Picasso ne me sert que de point de départ, avec quelques « rimes » heureuses, comme l’aiguille du cadran avec les larmes de la femme en pleurs et une transformation de doigt en lames de couteau. Ce qui  différencie  mon collage – animé ou fixe de ce tableau, c’est l’interpellation du spectateur. C’est en cela que je suis plus expressionniste. Ce besoin d’interpellation est fondamental chez moi et sans doute l’image animée permet de fixer encore mieux le regard du spectateur.  

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05.09.15

  03:52:00 pm, by   , 396 words  
Categories: Art, Collage

No indulgence

Although my collages are constructed from found images, the composition or the assembly makes the unity of what I do. For proof photos of Nazis found in an old German book (Kriegsfibel) given to me recently. I have always been reluctant to address this issue explicitly, but what makes me do it today is the events in Hungary. This way of reducing the refugee to nothing is intolerable in my eyes.

A picture of a German general celebrating an ephemeral victory is echoed in the modern character with the Nazi armband, here united by ideology and nostalgia of a “pure” population. And cruelty. Have I well managed this image? Among the associations that I have had,  there is Ph.K. Dick's novel The Man in the High Castle, hence the presence of a disjointed robot, Star Wars of course as well as the adventures of refugees who are invisible in this collage. But these negative characters are still there, among us, although usually hidden. But with the immigration they are back again.

 In today's reading of a comment on an interview of Aï Weiwei (http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/buecher/themen/ai-weiwei-diskutiert-mit-liao-yiwu-in-berlin-13784044.html), I told myself that indeed everyone must choose his camp, no indulgence is permitted me.

 

Même si mes collages se construisent à partir d’images trouvées, c’est la composition ou l’assemblage qui fait l’unité de ce que je fais. Pour preuve les photos de nazis trouvés dans un vieux livre allemand (Kriegsfibel)  qui m’a été donné récemment. J’ai toujours été réticent à aborder ce thème de manière explicite, mais ce qui m’incite à le faire aujourd’hui, c’est les événements en Hongrie., cette manière de réduire l’autre à rien. 

La photo d’un général allemand fêtant une victoire éphémère trouve son écho dans le personnage plus actuel au brassard nazi,  les voilà réunis par l’idéologie et les nostalgies. Et par la cruauté. Ai-je bien réussi cette image ? Parmi les associations que j’ai eues, il y a le roman de Ph.K. Dick Le Maître du Haut Château, d’où la présence d’un robot désarticulé,  Star Wars of course et les péripéties des réfugiés qui sont invisibles dans ce collage. Mais ces personnages néfastes sont toujours là, eux, bien que cachés habituellement. Mais face à l’immigration les voilà de retour.

 

En lisant aujourd’hui un commentaire sur une interview d’Aï WeiWei (http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/buecher/themen/ai-weiwei-diskutiert-mit-liao-yiwu-in-berlin-13784044.html), je me suis dit qu’en effet chacun doit bien choisir son camp, qu’aucune complaisance ne m’est permise. 

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Blog on art, centered on collage. It is meant as a sort of logbook of my creative work.

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